Macron : propos d’étape

par Gérard Leclerc

jeudi 4 juillet 2019

CC by © Пресс-служба Президента Российской Федерации

Alors que les vacances constituent forcément une période de trêve, qui permet aux responsables politiques de souffler quelque peu, il est possible d’esquisser ce qu’on pourrait appeler un propos d’étape. Comme on parle au soir d’une étape du Tour de France, où il s’est produit des choses intéressantes sans que l’on soit vraiment fixé sur le classement final, qui n’interviendra que sur les Champs Élysées. Sans trop d’arbitraire, on pourrait parler de seconde étape pour le quinquennat d’Emmanuel Macron, une étape éprouvante après la première qui avait été celle des commencements que l’on identifiait autrefois à une sorte d’état de grâce. Laissons de côté l’affaire Benalla qui avait pourtant passablement gâté le climat. C’est le mouvement des Gilets jaunes qui aura marqué le plus un pouvoir vraiment dans la tourmente.

Est-il sorti de cette tourmente, pour amorcer une troisième étape plus pacifiée et plus conquérante, avec la perspective de réformes qui rendent à l’action gouvernementale sa dynamique ? C’est la meilleure hypothèse pour le président et son gouvernement. Hypothèse confortée par l’essoufflement de la contestation et par des résultats électoraux qui, sans être flamboyants, confortent une position de leadership par rapport à une gauche et à une droite défaites. Emmanuel Macron avait conquis l’Élysée par un coup d’éclat qui changeait la donne de l’échiquier politique. Il semble maintenant assuré d’avoir conquis l’espace du centre droit, avec le ralliement massif de l’électorat qui votait hier Sarkozy ou Fillon. Ce qui lui donne l’assurance d’un certain enracinement.

Est-ce pour autant que sa légitimité de président de tous les français est vraiment acquise ? On peut en douter, ne serait-ce qu’au travers de l’analyse des derniers sondages qui lui sont pourtant plus favorables. On constate qu’il ne bénéficie du soutien que d’un tiers des Français et que les deux autres tiers continuent à manifester leur mécontentement ou leur hostilité, principalement sous le motif que sa politique serait systématiquement favorable aux plus riches. La défiance demeure massive en ce qui concerne la lutte contre le chômage et l’augmentation du pouvoir d’achat. Les nuages de la deuxième étape ne sont donc pas dispersés et la troisième se profile sous le signe de l’incertitude et de la menace. Les révoltes sociales peuvent ressurgir, et si une autre révolte s’ajoute dans l’ordre dit sociétal, on peut s’attendre à un avis de tempête !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 4 juillet 2019.

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Messages

  • La où vous parlez d’étape d’un tour de France qui s’annonce sur les routes du pays, d’aucuns parlent d’ascension pour un jeune montagnard pyrénéen qu’il fut dans sa prime jeunesse.

    Les élections européennes passées où selon le chiffre la moitié des citoyens se sont prononcés, qu’en dirent des silencieux qui n’ont eu mot à dévoiler.

    Le tiers du panel national des votants soutiendraient ce Chef de l’Etat aujourd’hui, les autres se prononceront davantage lors des municipales selon quelque probabilité.

    Un scrutin redoutable car si beaucoup de locaux les enjeux sont d’abord régionaux, les autres continueront encore à honorer l’usage du vote civique lors des scrutins nationaux.

    Les municipales sont diverses, si variées où les revendications sont nombreuses, et la diversité des opinions redoutable pour tout élu au terme de sa campagne.

    Une épreuve de vérité et quasi la seule pour la majorité des votants qui ne rechignent à ce vote et libère sa parole dans une urne quasi explosive.

    On attend du maire et des édiles des résultats probants las des promesses de campagne.
    L’exercice est rude car on n’oublie jamais les projets de campagne par delà les enjeux de compromis obtenus par le jeu des alliances et des accords passés.

    La France aime ces défis démocratiques.
    Les gilets jaunes adopteront-ils les règles du jeu ?

    Sont-ils disposés à se liguer et se présenter pour porter devant les électeurs leurs revendications ?
    Changer les règles ne modifie en rien le résultat de l’élection.

    Un horizon de sommet d’altitude se profile dans le pays.
    Aller au bout de l’effort ou renoncer mais pour quel objectif de substitution ?

    Le maire dans sa commune est un élu qui compte mais sa fonction l’expose aux revers possibles et aux humeurs de ses administrés.

    L’équilibre démocratique est dans cette harmonie recherchée des rapports si distincts des sensibilités en présence.

    Courage aux candidats potentiels à ces charges, elles mesurent la distance entre les projets et leurs ambitions,
    Courage, Courage encore à chacun quel que soit son profil du moment !

  • « Je ne changerais strictement rien à ce que j’ai fait si c’était à refaire, je ne changerais pas tout ce qu’il m’est arrivé » , c’est ce que déclarait il y a peu sur NBC un multiple vainqueur du Tour de France. L’ennui, c’est que ce personnage a été déchu de tous ses titres après avoir été convaincu de dopage !...

    Sans prétendre opérer de strict parallèle, on ne peut s’empêcher de constater de fortes similitudes avec celui qui pédale dans le palais élyséen. Même rigidité obstinée et avouée qui l’empêche d’un quelconque retour sur ses comportements et erreurs passés ; même dopage massif (médiatique, celui-ci) pour arriver sur le podium et pour s’y maintenir.
    Les "commissions anti-dopage" sont d’ailleurs restées étrangement bienveillantes et laxistes (*) à l’égard de ce coureur de fond (et de fonds...), réservant toute leur sévérité pointilleuse à ses concurrents nécessairement malheureux.

    Après avoir péniblement franchi quelques cols difficiles, Emmanuel Macron pourrait croire que le plus dur est derrière lui.

    Pourtant, rien n’est acquis. La dernière étape du quinquennat est chargée de sourdes menaces que la marche précipitée des réformes macroniennes ne fait qu’amplifier. Si les gilets jaunes ont quasi disparu du paysage urbain, chassés par les LBD et par les avalanches d’arrestations, la colère populaire est intacte et décuplée par l’arrogance et le mépris d’un pouvoir qui enchaîne les mesures entravant la liberté d’opinion (**) et attaquant de toutes parts l’économie des ménages.

    Suivant scrupuleusement la feuille de route de l’U.E., E. M. a mis le grand braquet, engageant une course de vitesse entre un peuple assez majoritairement démocrate et souverainiste (de gauche ou de droite) et une minorité d’oligarques hyper-friqués, entourés de leur clientèle de privilégiés, pour qui le libre-marché mondialisé est le gage de la fortune et de l’accumulation des profits.

    Malgré les handicaps imposés par les tricheurs, l’issue du sprint final pourrait réserver de mauvaises surprises à ces derniers...

    *) on attendra encore longtemps que la lumière soit faite sur l’origine et sur l’usage des dépenses "de campagne" du maillot jaune d’En-Marche...
    **) https://www.les-crises.fr/destruction-des-libertes-publiques-un-projet-politique-determine-par-regis-de-castelnau/

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