Ascèse, mortification, pénitence : ces mots sont trop souvent devenus absents de la formation des fidèles. On propose bien un bol de riz au cours du Carême, mais c’est principalement dans une perspective humanitaire. Qui ose encore enseigner que la mortification est indispensable à la purification de l’âme, à l’expiation des péchés et au renforcement de la volonté face aux tentations ?
Pourquoi la mortification ? Le Catéchisme (n° 2015) n’hésite pas à rappeler ces fondamentaux : « Il n’y a pas de sainteté sans renoncement et sans combat spirituel. Le progrès spirituel implique l’ascèse et la mortification qui conduisent graduellement à vivre dans la paix et la joie des béatitudes. » La finale de la citation est intéressante : on ne se mortifie pas pour le plaisir de se faire mal mais en vue d’un plus grand amour, d’une plus grande liberté et joie intérieures.
Demander à Jésus
Comment vivre la mortification ? Pendant des années, j’ai essayé de faire pénitence, mais j’avais de la peine à durer. S’ensuivait un vif sentiment de découragement. Jésus me fit comprendre que le mieux était de Lui demander l’ascèse qu’Il voulait que je fasse pour Lui. Depuis, obéissant à son appel, je pratique, entre autres, l’adoration de nuit et cela ne me coûte pas vraiment, non pas parce que j’aurais une grande force, mais parce que Jésus Lui-même donne le désir et la constance pour l’accomplir. Quand Dieu ordonne, il donne ! Vous qui lisez ces quelques lignes, ne copiez pas ce que fait un autre, mais à votre tour demandez simplement à Jésus : « En ce Carême 2026, quel sacrifice, quelle mortification veux-Tu que je fasse pour Toi ? » Pour l’un, ce sera l’appel à limiter les écrans ou l’alcool ; pour un autre, ce sera se coucher à des heures plus régulières, ne pas traîner dans le lit au réveil ; rentrer chez soi à pied en pratiquant la marche méditative, etc.
Existe-t-il une ascèse pour les êtres plus fragiles ? Même si on est de constitution fragile, on peut travailler à mettre de l’amour dans les riens du quotidien, à soigner l’égalité d’humeur. Voici les mortifications que pratiquait la petite Thérèse, elle qui n’avait pas une grosse santé : « Mes mortifications consistaient à briser ma volonté, toujours prête à s’imposer, à retenir une parole de réplique, à rendre de petits services sans les faire valoir, à ne point m’appuyer le dos quand j’étais assise, etc. Ce fut par la pratique de ces riens que je me préparai à devenir la fiancée de Jésus. »
