Chronique n° 432 parue dans France Catholique – N° 2094 – 20 février 1987

LES SAVANTS NE PEUVENT PLUS AFFIRMER L’ABSURDITÉ DU MONDE

Bertrand Russell et le déni d’ignorance

lundi 30 avril 2018

La science au début du siècle encore était affirmation de néant. Elle ne l’est plus et a appris la modestie.

En 1903, Bertrand Russell, philosophe et mathématicien déjà assez célèbre pour controverser avec Henri Poincaré, publia un livre intitulé Pourquoi je ne suis pas chrétien. Son principal argument était l’absurdité du monde tel que la science selon lui nous le découvre.

« Le monde que la science offre à notre croyance est encore plus dénué de sens, plus vide de signification que celui qu’aurait créé un Dieu malveillant, écrivait-il. C’est au sein d’un tel monde que nos idées doivent désormais trouver place, que l’homme est sorti de causes aveugles ; que son origine, son évolution, ses espoirs, ses craintes, ses amours et ses croyances ne sont rien que le produit d’atomes s’assemblant au hasard ; qu’aucune ardeur, aucun héroïsme, aucune ferveur de pensée et d’émotion ne peut préparer de survie individuelle au-delà de la tombe ; que tous les labeurs de tous les âges, toute la dévotion, toute l’inspiration, tout l’éclat du génie humain en son midi, sont destinés à disparaître dans la vaste mort du système solaire ; que le temple de tout achèvement humain doit finalement sombrer sous les débris d’un univers ruiné – tout cela, même si l’on peut encore le disputer, est cependant désormais si certain qu’aucune philosophie contraire ne saurait espérer se soutenir. C’est sur l’affirmation de cette seule vérité, sur les fermes fondements de cet inébranlable désespoir que l’âme peut désormais dresser sa tente. » [1]

On ne saurait exprimer avec plus d’éloquence et même un peu de grandiloquence, ce qui est effectivement devenu depuis 1903 le sombre consensus de tant d’intellectuels, d’artistes, y compris ceux qui alors n’existaient pas encore et qui maintenant sont sans cesse présents dans nos maisons par la télévision : que ce monde est absurde, que l’homme n’a pas de sens, que notre vie n’est qu’une glaciale fantasmagorie. « Si personne n’est là quand je meurs pour entendre mon mot de la fin, me dit un jour Cocteau, le voici : J’ai rien compris, remboursez » (mais Cocteau se réservait plusieurs mots de la fin et il détestait la science matérialiste. Je suis sûr qu’il a vu venir sa mort avec l’intense curiosité de contempler enfin l’Infinie Poésie) [2].

En 1903, donc, une seule certitude métaphysique démontrée par la science, celle, dit Russel, d’un inébranlable désespoir. Il est hasardeux de trop appuyer la métaphysique sur la science.

Deux ans plus tard, le jeune Einstein publiait un petit article sur un petit phénomène : l’effet photoélectrique (peu importe ici de quoi il s’agit) [3]. Il montrait que cet effet s’expliquait de la même façon qu’un autre petit phénomène éclairci par Planck cinq ans plus tôt. Lui-même ne prévoyait pas, et d’ailleurs jusqu’à sa mort refusa d’accepter, les suites lointaines de son petit papier : en fait l’effondrement complet, puis la reconstruction et le formidable prolongement, par des voies aussi imprévisibles que stupéfiantes, de la science où Bertrand Russel avait construit sa métaphysique [4].

Je me demande ce qu’aurait pensé l’« inébranlable désespéré » si une machine à explorer le futur lui avait permis d’étudier le graphique que j’ai sous les yeux, publié fin 1986 par deux physiciens, John Barrow, de l’Université du Sussex, et Frank Tipler, de l’Université de Tulane à la Nouvelle-Orléans [5]. Ce graphique résume certaines choses connues concernant le passé de l’univers et propose une suite possible de ce passé. En 1986 on n’a plus en science, surtout s’il y entre un peu de philosophie, les certitudes inébranlables de 1903. Les deux auteurs donnent donc à leur graphique la prudente légende que voici : « Futur hypothétique de la vie dans un univers clos ».

Le bas du graphique représente le passé. Ce passé commence à ce que les physiciens appellent la singularité initiale, litote savante permettant d’éviter un autre mot, plus clair, de même sens, mais qui choquerait les bienséances : le mot création. Car depuis Russel on a découvert que le monde commence il y a environ 16 milliards d’années. « Avant », il n’y a pas de temps. Pas d’« avant » : rien ? Le rien n’étant pas mesurable, ce n’est pas de la science, laissons cela aux philosophes, tel ce Grec qui avait écrit un livre dont il ne reste, hélas, que le titre : « Du non–être, ou de la nature » [6]. Mais venons-en au graphique.

Remontons à partir de la « singularité ».

Premier événement noté : « apparition de la vie sur la terre » ; deuxième (on va vraiment très vite) : « début de la colonisation spatiale », c’est-à-dire maintenant ; troisième événement : « les ressources énergétiques disponibles dans l’environnement terrestre sont épuisées » ; mais le graphique montre qu’entre ces deux événements se développe l’exploitation d’énergies de plus en plus lointaines : alors au diable l’épuisement sur lequel Bertrand Russel fondait son inébranlable désespoir, on s’en moque, la vie continue.

Jusqu’à l’événement suivant (sur le graphique), à savoir que l’« univers » supposé clos « commence » – après une longue expansion que les astronomes observent en ce moment – « à se rétrécir », produisant une nouvelle énergie ; événement suivant, toujours en grimpant le graphique : cette énergie est mise en exploitation, ce qui permet de recoloniser les régions de l’espace précédemment évacuées pour cause de crise énergétique ! Grimpant toujours dans le futur, nous arrivons à un moment très lointain, dans des milliards d’années, où l’énergie de contraction « devient la principale source d’énergie » ; comme l’univers se contracte en tous lieux, la vie envahit l’univers jusqu’au moment où « cette invasion est achevée ». L’univers devient intégralement vivant, et le temps à partir de là cesse de nous importuner. Pas trop tôt. Et après ?

Eh bien, après, il n’y a pas d’après : seulement du « toujours », qui comme « rien » est abandonné aux philosophes.

Bien entendu, je ne crois pas un mot de ce scénario auquel d’ailleurs ses deux auteurs ne me demandent pas de croire.

D’abord, l’univers est-il « clos » ? Personne n’en sait rien et d’autres hypothèses sont soutenues par d’autres savants, ou les mêmes. Ou encore : quel est l’avenir lointain de l’homme ? Même ignorance, j’entends dans le cadre de la science. On pourrait multiplier les questions. Les deux savants n’y manquent pas.

Alors à quoi sert leur scénario ?

Quand je dis que je n’y crois pas, cela ne veut pas dire que je crois qu’il est faux. Simplement, je pense, et tout savant pense que si cela peut se passer de la façon décrite, cela peut plus probablement se passer aussi de mille autres dont la plupart sont actuellement inimaginables [7].

En 1903, les savants étaient plein de certitudes illusoires. Ils ont formidablement appris depuis. Notamment à toujours envisager l’inconnu et l’imprévisible.

Sans doute peut-on toujours entendre une fois ou l’autre à la TV ou ailleurs que « pour l’essentiel la science a conquis son cadre inextensible ». Quand vous entendez cette sornette, remarquez l’âge de son auteur. Tout savant, sauf géniale exception, atteint à un certain moment de sa vie le cadre inextensible de son imagination et de son savoir [8]. La plupart, Dieu merci, s’en rendent compte.

La science apprend à philosopher. Surtout à philosopher prudemment. Mais depuis qu’elle a appris la prudence on ne l’écoute plus guère, et en 1987 la version de Bertrand Russel se survit chez les non-savants parce que le pessimisme radical permet la plus commode des morales. Si rien n’a de sens, si l’homme n’est rien que son corps éphémère, si l’histoire ne mène nulle part, pourquoi et au nom de quoi se gênerait-on ?

Le mot « conscience » dans son sens philosophique (conscience d’être, d’exister) apparaît pour la première fois dans le vocabulaire antique sous la plume de saint Paul, comme je l’ai plusieurs fois souligné ici [9]. L’univers intérieur veut un Dieu intérieur. C’est ce Dieu-là qui par là même nous a faits semblables à lui, « lui en moi et moi en lui » [10].

Puissé-je avancer sans crainte parmi les énigmes de l’espace et du temps, que mon âme s’épuise à sonder.

Aimé MICHEL

Chronique n° 432 parue dans France Catholique – N° 2094 – 20 février 1987


Notes de Jean-Pierre ROSPARS du 30 avril 2018


[1Cette impressionnante citation de l’éminent mathématicien et philosophe gallois Bertrand Russell (1872-1970) rejoint les déclarations similaires plus récentes d’un Jacques Monod (voir note 8 de la chronique n° 256) ou d’un Steven Weinberg (voir la chronique n° 419) sur l’absence de sens de l’univers. Mais tout en admirant la forme, je suis peu impressionné par l’argument de la mort de la Terre. L’affirmation « (...), tout l’éclat du génie humain en son midi, sont destinés à disparaître dans la vaste mort du système solaire » me parait moins la preuve d’une absence de sens que celle d’un confondant manque d’imagination de l’auteur. Ce manque d’imagination, qui ne peut qu’affaiblir à mes yeux ses autres raisonnements, est détaillé dans la suite de la chronique.

La citation d’Aimé Michel est extraite d’un article de Russell publié en 1903 intitulé « La profession de foi d’un homme libre » (The Free Man’s Worship, https://users.drew.edu/jlenz/br-free-mans-worship.html). On en trouve une traduction française par Denis Vernant dans le recueil Mysticisme et logique (Vrin, Paris, 2007). Il est reproduit dans un recueil rassemblé par le philosophe Paul Edwards, Why I am not a Christian and other essays (Simon and Schuster, New York, 1957), mais pas dans sa traduction française par Guy Le Clech, Pourquoi je ne suis pas chrétien et autres textes, qui ne retient que trois des quinze textes originaux. Cette traduction publiée par Jean-Jacques Pauvert, avec une préface de Louis Rougier, en 1960, a été rééditée en 2011 par Lux Québec avec une préface de Normand Baillargeon, puis à nouveau en 2014 par les Belles Lettres (jointe à Le Mariage et la morale), ce qui atteste son succès durable.

Ces textes sont peut-être le plaidoyer le plus clair, le plus concis et le mieux adapté à l’esprit du temps, en faveur de l’athéisme et pour l’abandon de toute religion. Il a inspiré, directement ou indirectement, de multiples ouvrages de moindre valeur. Outre ses mérites propres, le succès de Pourquoi je ne suis pas chrétien et autres textes doit beaucoup au prestige intellectuel de son auteur (mathématicien, logicien, philosophe, historien des idées, sociologue, moraliste, réformateur social…), à la diversité et au rayonnement de ses multiples ouvrages, à sa réception en 1950 du prix Nobel de Littérature « en reconnaissance pour ses écrits divers et significatifs où il s’est fait le champion des idées humanitaires et de la liberté de pensée ». Russell reste une référence, d’autant que ses successeurs, comme Michel Onfray, Richard Dawkins et autres (voir note 2 de la chronique n° 337), n’ont guère fait que le répéter avec moins de talent et d’autorité et souvent plus de vulgarité. Les idées qu’il défend forment le fond du « sombre consensus de tant d’intellectuels et d’artistes » contemporains qui a aujourd’hui diffusé dans l’ensemble de la population en imprégnant les mentalités et en régissant les mœurs.

Pour toutes ces raisons, il vaut la peine de lire ces textes, ou à défaut le seul Pourquoi je ne suis pas chrétien, conférence célèbre donnée par Russell à l’Hôtel de Ville de Battersea en mars 1927, qui en résume les arguments (une traduction de celle-ci par Victor Bonjean se trouve sur son blog http://victor.bonjean.over-blog.com/article-pourquoi-je-ne-suis-pas-chretien-par-bertrand-russel-117270079.html). En voici une présentation succincte : après avoir défini, de façon assez large, ce qu’il entend par « chrétien » (d’une part croyance en Dieu et en l’immortalité, d’autre part croyance en l’existence du Christ, « sinon d’essence divine, du moins le meilleur et le plus sage des hommes »), Russell s’emploie à critiquer ces croyances selon trois angles d’attaque. Le premier, fondé sur la métaphysique et la physique, vise à saper les arguments rationnels en l’existence de Dieu. Le second s’attache à montrer que le Christ ne fut pas le meilleur et le plus sage des hommes, même si Russell admet se trouver sur plusieurs points « d’accord avec le Christ bien plus que ne le sont les chrétiens pratiquants » (les maximes qu’il approuve sont : Ne résistez pas à ceux qui vous traitent mal…, Ne jugez point…, Donne à qui te demande…, Donne tes biens aux pauvres…). Après les réserves d’usage chez les rationalistes sur l’existence historique du Christ, il passe en revue les « défauts dans l’enseignement du Christ », tels que le fait que ses prophéties sur son retour rapide ne se sont pas réalisées et surtout sur la croyance du Christ au châtiment éternel de l’Enfer, preuve à ses yeux qu’il manquait de sagesse. Dans la troisième partie, fondée sur l’histoire et la morale, Russell soutient que les Églises chrétiennes furent et demeurent « le principal ennemi du progrès moral dans le monde » (il cite : « humanisation de la guerre, adoucissement de l’esclavage, comportement à l’égard des gens de couleur ») et que l’Église catholique impose trop de souffrances inutiles par l’indissolubilité du mariage et autres règles « gratuites » (ses idées sur l’union libre se sont de facto imposées). Enfin, il affirme que « la religion est fondée d’abord et surtout sur la crainte » et que « toute la conception de Dieu est une conception tirée du vieux despotisme oriental (…) absolument indigne d’hommes libres. »

Il s’agit, on le voit, du texte d’un militant, ce qui veut dire qu’on peut être athée sans en partager les excès et à l’inverse, être chrétien sans nier la pertinence de certaines de ses critiques. Une discussion de détail de ce texte (qui a certainement déjà été faite par d’autres) ne serait guère appropriée car ce que je récuse chez Russell ce n’est pas tel ou tel point (de détail ou pas) mais une attitude d’esprit face au monde (à ce que l’on en sait et surtout ce qu’on en ignore) et à Dieu (selon qu’on s’en tient au Dieu concept des philosophes ou au Dieu vivant de la foi, voir chronique précédente n° 430). Je vais donc me contenter de quelques indications illustrant ces différences d’attitude et de méthode qui rendent le dialogue si difficile entre leurs tenants respectifs.

Concernant les « preuves » de l’(in)existence de Dieu, j’insiste d’autant moins qu’elles sont (en partie) le sujet de la prochaine chronique à paraitre (n° 434, Ce que dit le fer à repasser). Les livres ne manquent d’ailleurs pas où le lecteur trouvera une présentation plus équilibrée de ce vaste sujet que celle proposée par Russell en une dizaine de pages qu’il estime lui-même « quelque peu sommaires ». Citons par exemple ceux de Paul Clavier qui enseigne la philosophie à l’École normale supérieure de la rue d’Ulm à Paris, Dieu sans barbe. Vingt et une conversations instructives et amusantes sur la question très disputée de l’existence de Dieu (La Table Ronde, Paris, 2002) qui mettent aux prises deux personnages, Athé et Théo, à propos de l’existence de Dieu, sans barbe, c’est-à-dire sans révélation, ou bien du même auteur, 100 questions sur Dieu (Éditions La Boétie). Ou encore de l’éminent philosophe de la religion Richard Swinburne, Y a-t-il un Dieu ? (trad. P. Clavier, Ithaque, Paris, 2009). Signalons également les brefs commentaires de Louis Cornellier (http://www.ledevoir.com/opinion/chroniques/330751/lire-religieux-bertrand-russell-contre-la-religion).

Le second volet du plaidoyer, sur le Christ, contient le seul argument de B. Russell que je souhaite relever, celui relatif à l’Enfer. Cette notion d’Enfer, typiquement surréelle (voir paragraphe suivant), est aujourd’hui fort méprisée des élites et on n’ose même plus en parler dans les églises – après, il est vrai, que les prêches en ont quelque peu abusé dans le passé, ce qui suggère que tout le monde ou presque est d’accord avec B. Russell sur son immoralité. Je conviens que les termes utilisés par le Christ pour en parler, avec ses pleurs et ses grincements de dents hérités d’un style apocalyptique dont nous avons perdu les clés, peuvent choquer notre sensibilité mais il n’est pas interdit de tenter d’en percer un peu la signification. On peut imaginer qu’une âme immortelle mise post-mortem en présence de son Créateur puisse librement lui refuser sa confiance et décider en toute connaissance de cause de vivre loin de Lui. N’est-ce pas là l’exigence d’autonomie de tout libre penseur ? Peut-elle lui être refusée ? Mais, du point de vue de Dieu, cette forme de vie, quelle qu’elle soit, est appauvrie et misérable en comparaison de la vie auprès de Lui. Le Catéchisme de l’Église catholique ne dit pas autre chose : « C’est cet état d’auto-exclusion définitive de la communion avec Dieu et avec les bienheureux qu’on désigne par le mot “enfer”. » (§ 1033). Restons-en là en gardant présent à l’esprit qu’il s’agit d’un mystère (sur le sens de ce mot en théologie, voir la note 5 de la chronique n° 388).

Mais c’est le troisième volet du procès de Russell qui atteste le plus son aveuglement. Qu’il y ait un lourd plateau à charge qui le niera ? Quel chrétien soutiendra qu’au cours de ses deux millénaires d’existence l’Église institution n’a pas gravement boité, que non seulement ses représentants, mais ses saints même, n’étaient que des hommes limités et faillibles ? Souvent ce sont ces déficiences humaines qui ont engendré l’athéisme (comme pour Nietzsche, voir note 11 de la chronique n° 430 ; il n’est pas impossible qu’il en aille de même pour Russell et que les arguments « rationnels » qui ordonnent son exposé soient en réalité à lire en sens inverse). Mais peut-on admettre comme Russell que l’autre plateau est vide ? Qu’il n’y ait eu que des abus et aucun apport ni de l’institution ni des fidèles ? Une multitude de travaux historiques montrent le contraire, du retard de l’âge au mariage des filles qui a permis leur éducation jusqu’au développement de la science, et comment croire que la libre pensée elle-même dont se réclame Russell ne doive rien au christianisme (voir par exemple la note 11 de la chronique n° 404) ? Pour une discussion ample, calme et équilibrée de cette dimension historique c’est encore à Jean Fourastié que je renverrai, qui fut un économiste clairvoyant mais plus encore un penseur lucide et chaleureux de la condition humaine. Son Ce que je crois (Grasset, Paris, 1981) est une mise en perspective du tragique même d’une humanité multimillénaire mais dont « l’âge mental est comparable à celui d’un enfant de dix ans ». Il présente un bilan ramassé, sans équivalent à ma connaissance, de l’évolution des idées dominantes depuis les Lumières, de la grave crise actuelle non résolue des conceptions du monde, de ses conséquences, et de ses remèdes possibles. Fourastié, à l’instar d’A. Michel, a une conscience aiguë de notre ignorance du réel (il appelle surréel cette part du réel que nous ne connaissons pas) et cette conscience est au cœur de l’état d’esprit nouveau qu’il préconise. Voici un passage qui résume ce point : « [I]l ne s’agit ni de démontrer Dieu, ni de démontrer que le monde ait un sens. Il s’agit seulement de constater que les civilisations humaines ont, jusqu’ici, toujours comporté des croyances surréelles, comblant une ignorance de fait du réel ; de constater que ces croyances comportent presque toujours des images d’êtres supérieurs à l’homme, et souvent d’un Dieu créateur ; et de juger de la vérité relative de ces croyances par leurs résultats expérimentaux à long terme. (…) [J] e crois que n’est plus tenable par la science cette notion du XIXe siècle que “la connaissance scientifique est la seule sagesse”, et que le réel (observé) éclaire suffisamment l’homme sur lui-même (…). Il me paraît aujourd’hui scientifiquement acquis que des images surréelles du monde sont non seulement usuelles, mais nécessaires à la décision chez l’homme. De même, je crois que le monde scientifique est prêt à accepter cette notion que la vérité religieuse peut être testée à très long terme par l’observation expérimentale, par l’histoire des sociétés. » (pp. 225 et 227). Cette approche conduit à des réflexions bien différentes des certitudes de Bertrand Russell. On ne peut que regretter que l’esprit scientifique et le darwinisme de ce dernier ne l’aient pas conduit à plus de respect vis-à-vis de conceptions religieuses qui ont permis aux sociétés actuelles de survivre dans un monde d’une grande dureté (beaucoup d’autres ont disparu) et même à certaines de progresser assez pour produire des hommes tels que lui.

[2Sur l’amitié d’Aimé Michel et de Jean Cocteau, voir la chronique n° 273, Le choc de la drogue – Sous ce choc l’âme endormie se réveille mais se découvre en enfer, 22.06.2015. Les références au poète sont nombreuses dans les chroniques (n° 65, 128, 238, 273, 296, 339, 345, 403, 405). Il y avait entre les deux hommes une connivence profonde sur fond d’anticonformisme, une vive perception de l’insuffisance du réel connu, de l’immensité de ce qui reste à découvrir et du mystère qui l’accompagne.

[3On appelle « effet photoélectrique » les phénomènes électriques provoqués par l’action de la lumière sur la matière. Ils sont dus à ce que les photons qui transportent l’énergie de la lumière la transmettent à la matière en provoquant, selon les cas, trois effets principaux : l’émission photoélectrique, la photoconductivité et l’effet photovoltaïque. Les photons produisent le premier effet lorsqu’ils éjectent des électrons dans le vide (ou le milieu) entourant le corps solide illuminé : c’est l’étude de cette émission qui a permis au jeune Einstein de comprendre que l’énergie lumineuse se présente de manière discontinue sous forme de grains d’énergie (appelés photons). Les cellules photoélectriques qui contrôlent les portes d’ascenseur, par exemple, fonctionnent sur ce principe en détectant la coupure du faisceau lumineux qui les éclaire. Les photons peuvent également augmenter la conductibilité électrique de certains corps dits semi-conducteurs : c’est la photoconductivité, découverte en 1873. Le troisième effet, dit photovoltaïque, découvert en 1839, est la production sous l’effet de la lumière d’une force électromotrice, autrement dit la conversion directe d’énergie lumineuse en énergie électrique. C’est lui qui est mis en œuvre dans les panneaux solaires à semi-conducteurs. Il existe d’autres effets photoélectriques (effet Compton, noircissement des grains d’une pellicule photographique, etc.).

[4Ce qui est décrit ici de manière allusive, sans entrer dans les détails, ce sont les années de transition entre la physique classique et la physique quantique. La première est la physique d’hier, celle du monde à notre échelle, des objets bien localisés, du déterminisme (tout est écrit) et de son corollaire, le hasard d’ignorance ; la seconde est la physique d’aujourd’hui, qui s’étend au monde atomique et subatomique, qui est celle de la non localité, de l’indétermination, du hasard intrinsèque et irréductible.

Aimé Michel a insisté dans de nombreuses chroniques (n° 3, 119, 218, 247, 285, 286, 294, 309, 310, 323, 336, 338, 341, 342, 344, 437, 466), et il a été peut-être le premier journaliste scientifique à le faire, sur l’importance scientifique et philosophique de cette évolution de la physique, qui est en réalité une révolution. J’invite qui douterait encore de cette importance à se procurer Heurts et malheurs de la physique quantique. Des vérités incroyables, de Jean-Pierre Pharabod et Gérard Klein, avec une préface de Nicolas Gisin (Odile Jacob, Paris, 2017). « Cet ouvrage, expliquent les auteurs, est (…) destiné à évoquer les difficultés qu’ont rencontrées des théories d’envergure à s’imposer, et en particulier celles qui ont concerné la physique quantique. Il vise à rappeler à son lecteur que nos représentations du réel sont des constructions que même leur solide implantation dans l’expérience et la mesure ne rendent pas évidentes, et que les théories de l’avenir qui les compléteront ou, mieux, les bouleverseront, devront sans doute affronter les mêmes doutes. » Voilà un programme qui aurait réjoui Aimé Michel et qui réjouira ses lecteurs (et ceux de Costa de Beauregard dont les idées sont discutées à la lueur de récentes expériences) par les multiples réflexions à la fois prudentes et fermes que la méditation de la révolution quantique inspire aux auteurs et à leur préfacier. (Sur les précédents livres de J.-P. Pharabod, voir les notes 7 de la chronique n° 414, et 10 de la n° 466, et sur N. Gisin, les notes 4 de la n° 328, 5 de la n° 336 et 4 de la n° 425).

Qui plus est, Nicolas Gisin assure que la « révolution quantique » est « encore en cours un siècle après le modèle d’atome de Bohr ». Les deux auteurs abondent dans le même sens en remarquant que la relativité générale et la physique quantique s’excluent mutuellement : « Bien qu’on ne puisse pas formellement l’exclure, il serait contraire à la philosophie qui a gouverné notre soif de savoir et de comprendre depuis l’Antiquité, que le réel soit gouverné par deux systèmes absolument distincts. Il nous reste donc, sans doute, d’autres vérités incroyables à dégager puis à admettre. Tant mieux. La quête n’est pas achevée. » (p. 195). L’avenir est donc lourd de bouleversements profonds de nos conceptions sur la nature du réel et par conséquent du surréel comme Aimé Michel l’a toujours soutenu.

Les implications épistémologiques et métaphysiques de la physique quantique ont été notamment développées par Bernard d’Espagnat qui montre qu’elle ruine les bases du matérialisme (voir note 6 de la chronique n° 328). Mais la plupart des physiciens n’apprécie guère la métaphysique et les contraintes de la vulgarisation les obligent à continuer d’utiliser des images commodes mais trompeuses comme celle de particule. Alors, couverte par un certain non-dit des physiciens, se répand dans le public une rumeur vague et des impressions contradictoires qui risquent de se muer en scepticisme. Dans d’autres disciplines comme les neurosciences, dominées par le matérialisme classique de Russell hérité de Démocrite et de Lucrèce, nombre de scientifiques renâclent ; certains et non des moindres ne veulent pas entendre parler de ces remises en question des fondements de leur métaphysique. Et de toute façon, disent-ils, cela ne nous concerne pas : pour comprendre le fonctionnement du cerveau les concepts classiques suffisent car aucune des étrangetés quantiques ne saurait se manifester au niveau des neurones et de leurs réseaux. Peut-être ont-ils raison, mais peut-être pas. Les discussions se poursuivent (voir notes 8 et 9 de la chronique n° 424).

Pour en revenir à Bertrand Russell, je me demande moi aussi comment il aurait réagi aux conceptions actuelles en physique s’il avait pu être transporté à notre époque. Il était certes conscient du caractère changeant de la science, puisqu’il écrit à propos d’une certaine constatation sur les lois du hasard qu’elle « représente l’état temporaire de la science, susceptible de changer demain » (op. cit., p. 28), mais rien n’indique, au contraire, qu’il entrevoyait un tel bouleversement de la physique (voir note 8). En tout état de cause, je ne pense pas que cela ait en rien modifié son athéisme.

[5Ce graphique sur le passé et l’avenir de la vie dans un lointain futur, dont A. Michel résume les éléments principaux, est extrait du livre de John Barrow et Frank Tipler, The Anthropic Cosmological Principle (Clarendon Press, Oxford, 1986, p. 676), dont il a été déjà plusieurs fois question (voir la chronique n° 424). Le scénario qu’il dessine sous forme d’un diagramme de Minkowski revu par Penrose a été par la suite développé en détail par F. Tipler dans The Physics of Immortality (Doubleday, New York, 1994). Le titre indique ce dont il est question : l’accession à la Vie éternelle, non pas dans un paradis hypothétique mais dans cet univers-ci, gouverné par les lois de la physique que nous connaissons. C’est ce que Tipler appelle la théorie du point Oméga, terme qu’il emprunte à Teilhard de Chardin (dont il présente l’œuvre avec soin). Il prédit un futur illimité de la vie et de l’intelligence qui sont destinées à connaître tout ce qui est connaissable et à réaliser tout ce qui est réalisable, y compris ressusciter tous les hommes (en les simulant informatiquement). En effet, selon lui, la conscience humaine peut être simulée sur un ordinateur adéquat (on est proche d’idées popularisées dans des films comme Matrix). Mieux encore : si c’est ma conscience qui est ainsi émulée par l’ordinateur, elle revit à l’identique. Difficiles questions qui n’ont pas fini d’alimenter les débats.

Tipler passe sans complexe au crible de la physique la plus actuelle nombre de questions philosophiques (identité, éternel retour, libre arbitre, être) et théologiques (immortalité, après-vie, miracles). Il n’hésite d’ailleurs pas à conclure : « La théologie doit disparaître ou devenir une branche de la physique ». Ce livre, typiquement anglo-saxon par son mélange de science et de théologie, est fort paradoxal puisque sur la base d’un réductionnisme extrême et d’un strict athéisme, il pense retrouver par le seul raisonnement les attributs du Dieu « chrétien » (immortel, omniprésent, omniscient, omnipotent, et même créateur de l’univers ; pour les guillemets, voir la note 6 de la chronique n° 430) !

Ce livre illustre parfaitement le « retour en force des grandes questions » évoqué dans la chronique n° 387, Quand les physiciens relaient les philosophes. Mais, ce qui amuse Aimé Michel c’est qu’on peut le lire comme une réfutation méthodique de Russell, non de sa métaphysique, mais de toutes ses implications !

(Tipler a récidivé en 2008 avec un autre livre, The Physics of Christianity, que je n’ai pas lu, où il prétend montrer que les croyances chrétiennes sont cohérentes avec les lois de la physique ; il a été fort critiqué pour des affirmations exagérées sur le degré de compréhension du monde par la physique actuelle, voir par exemple http://www.preposterousuniverse.com/blog/2007/05/30/the-physics-of-christianity/)

[6Il s’agit du philosophe Gorgias dont des fragments sont connus par le traité Contre les savants (ou Adversus mathematicos) du sceptique grec du IIe siècle Sextus Empiricus, qu’Aimé Michel citait volontiers (voir la note 2 de la chronique n° 419).

[7Comme à son habitude, Aimé Michel, après avoir pris plaisir à présenter quelques idées non conventionnelles (qui ont en plus le bon goût de contredire les fragiles certitudes de Russell), se hâte de rappeler qu’il faut penser à tout mais ne rien croire. D’ailleurs, fait-il justement remarquer, ni Barrow ni Tipler ne demandent qu’on les croie. Tipler est fort explicite sur ce point : « Pour souligner la nature scientifique de la théorie du point Oméga, écrit-il, permettez-moi de dire que je suis obligé de me tenir pour athée (…). Je ne crois même pas au point Oméga. (…) Si la théorie du point Oméga et toutes ses variations possibles sont infirmées, alors je pense que l’athéisme au sens de Flew, Hume, Russell, et autres athées autoproclamés sera la seule alternative rationnelle. (…) Si la théorie du point Oméga est confirmée, je me considèrerai théiste. » (p. 305). Fort bien, alors qu’en est-il de cette théorie un quart de siècles plus tard ?

Tipler propose six prédictions testables de sa théorie (pp. 139-153). Selon la première, l’univers doit être clos, c’est-à-dire de taille finie, ce qui parait difficile à vérifier (sur ce point on lira avec profit l’excellente mise au point de Jean-Pierre Luminet, astrophysicien à l’observatoire de Meudon : L’Univers chiffonné, Fayard, 2001 ; voir note 3 de la chronique n° 319). La seconde prédiction est que l’univers finira par se contracter en un seul point (le point Oméga) : les cosmologistes en doutent qui pensent aujourd’hui qu’il est en expansion accélérée. La quatrième prédiction stipule que la masse du quark top doit être 185 ± 20 GeV et celle du boson de Higgs 220 ± 20 GeV. Pour le quark top, Tipler n’est pas trop loin de la valeur mesurée (173 GeV), mais il n’en va pas de même pour le boson de Higgs. Si l’existence de ce dernier a bien été confirmée de manière expérimentale en 2012 grâce à l’utilisation du LHC (ce qui a conduit à l’attribution du prix Nobel de physique à François Englert et Peter Higgs en 2013), les mesures effectuées lui attribuent une masse de 125 GeV seulement. La cinquième prédiction de Tipler est que la constante de Hubble doit être inférieure ou égale à 45 km/s-Mpc, alors que les estimations actuelles sont d’environ 70 km/s-Mpc (le mégaparsec, Mpc, est une unité de longueur qui vaut 3,26 millions d’années-lumière). La théorie du point Oméga doit donc être rejetée.

Mais l’échec de Tipler n’implique nullement le succès des sombres perspectives de Russell. En notre époque d’exploration spatiale, il devient difficile de croire que la destruction de la biosphère terrestre par l’accroissement de la luminosité du Soleil (on estime que cette catastrophe surviendra dans un milliard d’années environ) implique nécessairement la fin de de toute vie. En outre, même faux et naïf, le livre de Tipler demeure intéressant et rafraichissant parce qu’il réactive de vieilles questions philosophiques et cite avec respect pour les approuver ou les contredire de nombreux scientifiques, philosophes et théologiens passés et contemporains, sans oublier au passage le déisme des pères fondateurs des États-Unis d’Amérique. Sans doute a-t-il déjà contribué à modifier l’état d’esprit de jeunes physiciens qu’il aura passionnés mais qui ne le citeront jamais parce qu’on ne cite guère les spéculations métaphysiques excentriques et moins encore quand elles sont caduques.

[8Aimé Michel a toujours été virulent à l’égard de cette prétention à définir le « cadre inextensible de la science », par exemple dans les chroniques n° 222, La science est-elle achevée ? – Macfarlane Burnet ou l’autoportrait d’un esprit vieilli, n° 233, Éloge de Lucky Luke – Il y a folie à vouloir tout expliquer dans le cadre du peu qu’on sait, et n° 424, en particulier la note 1. Ce n’est pas Pharabod et Klein qui le contrediront qui citent eux aussi la troisième « loi » de Clarke sur les savants distingués mais vieillissants qui croient certaines choses impossibles (p. 17).

Or Bertrand Russell succombe à cette tentation de croire la physique de son temps presque achevée. En 1925, il ose encore écrire : « À la fois vers le haut et vers le bas, dans l’infiniment grand comme dans l’infiniment petit, la science paraît atteindre des limites (…) La physique s’approche (…) du stade où elle sera achevée, et donc inintéressante [c’est moi qui souligne]. Une fois établies les lois gouvernant le mouvement des électrons et des protons, le reste relève purement de la géographie – un groupe de faits particuliers indiquant leur répartition à travers un fragment de l’histoire du monde. Le monde total de faits géographiques exigé pour déterminer l’histoire du monde est probablement limité ; théoriquement on pourrait tous les inscrire dans un gros livre (…), avec une machine à calculer qui, lorsqu’on tournerait une manivelle, donnerait à qui le désire le moyen de découvrir les évènements d’autres époques que celles qui y seraient enregistrées. » (Ce que je crois, in Pourquoi je ne suis pas chrétien et autres textes, op. cit., p. 81-82).

On comprend ici à quel point les conceptions de Russell sont fondées sur une sous-estimation de l’ignorance (personnelle mais aussi de l’humanité) et par conséquent sur une survalorisation des connaissances de son époque, connaissances qui appartiennent déjà à un passé révolu. Ce manque d’humilité est le principal écueil qui guette les scientifiques lorsqu’ils expriment leur conception du monde.

[9L’usage du mot conscience en ce sens par saint Paul est signalé dans les chroniques n° 404, Errance, et n° 424, L’ordre muet des chiffres. Aimé Michel poursuit ici la réflexion commencée dans des chroniques antérieurs, notamment n° 430, Dieu du futur.

Notons à propos de la conscience que Russell a soutenu une théorie appelée monisme neutre selon laquelle les propriétés fondamentales du monde ne sont ni physiques ni mentales mais que le physique et le mental sont construits à partir d’elles. En mettant les deux termes sur un pied d’égalité, il fait preuve d’ouverture, mais, insiste-t-il, dans un tel monde physique, « nous ne pouvons penser que la pensée puisse survivre à la mort du corps, puisque que la mort détruit l’organisation cérébrale ». Toutefois Russell n’est pas insensible aux arguments des métapsychistes (on dit plus communément parapsychologues aujourd’hui) sur une possible survie post-mortem. Il admet cette possibilité tout en insistant qu’elle ne saurait être que temporaire, car il rejette fermement toute idée d’immortalité (op. cit., 1925, pp. 81-84). Cette concession signale une remarquable différence entre son époque et la nôtre : les faits d’observation qui étayaient, à l’époque, l’idée d’une survie (sans rapport, précisons-le, avec celle promise par l’Évangile) ont été depuis brossés sous le tapis et plus personne n’en parle plus dans les hautes sphères intellectuelles que ces questions préoccupaient dans les années 20.

[10Paroles du Christ en réponse à la demande cavalière de Philippe « Seigneur, montre-nous le Père, et cela nous suffit. » : « Ne crois-tu pas que je suis dans le Père et que le Père est en moi ? Les paroles que je vous dis, je ne les dis pas de moi-même ; et c’est le Père demeurant en moi qui accomplit ses œuvres. Croyez-m’en : je suis dans le Père et le Père est en moi ; sinon, croyez à cause de mes œuvres. » (Jean, 14, 10-11). L’extension à tout homme de l’affirmation du Christ sur lui-même est justifiée par le verset 20 : « En ce jour-là, vous reconnaîtrez que je suis en mon Père, et vous en moi, et moi en vous. » A. Michel ne cesse de revenir sur ce point sous divers angles, voir la note 8 de la chronique n° 426 et la chronique n° 430.

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