Chronique de Carême : Se livrer au Christ livré - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Chronique de Carême : Se livrer au Christ livré

La Semaine Sainte est l’occasion de « devenir hostie ».
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La grande Semaine Sainte est là, c’est « l’heure » dont parle Jésus : l’heure de sa Passion douloureuse qui est elle-même l’heure de sa Passion amoureuse envers son Père et l’humanité à sauver. Une expression de notre Seigneur Jésus surplombe toute la Semaine Sainte : « Ceci est mon corps livré. » Chacun est appelé à son tour à « rendre amour pour amour » et donc à se livrer au Christ livré. Se livrer, devenir hostie, est en fait le cœur de la vie chrétienne : il s’agit de transformer les riens du quotidien en un « je t’aime » et offrir tout cela à Dieu pour le bien du monde. « Les prêtres, enseigne le concile Vatican II, ont pour mission d’apprendre aux chrétiens à offrir la victime divine à Dieu le Père dans le sacrifice de la messe, et à faire avec elle l’offrande de leur vie. » Il est urgent de retrouver cette veine de la « mystique » baptismale, sous peine de réduire la vie chrétienne à de la tolérance ou de la philanthropie.

Rien de doloriste

Se livrer au Christ livré est un appel que Dieu lance à chacun, dans la vocation qui est la sienne, les fidèles laïcs ne sont pas en reste : « Je vous exhorte à offrir vos personnes en hostie vivante, sainte, agréable à Dieu » (Rm 12, 1).

Par ailleurs, qu’on se rassure : devenir hostie – qui est la même chose que s’offrir en « victime d’amour » à Dieu – n’a rien de doloriste. La personne livrée s’offre, dans la joie comme dans les désagréments, non par désir masochiste, mais pour que Dieu puisse alléger d’autres personnes qui souffrent, dispenser quelques grâces. Cette voie spirituelle, expression d’une très haute charité, est si bien résumée par saint Padre Pio : « Si seulement je pouvais prendre sur moi la souffrance de chacun, pour que chacun soit heureux! »

Avant de nous inventer un menu de croix à offrir, commençons donc par manger ce qu’il y a dans l’assiette ! Plutôt que d’en rajouter une couche en râlant, profitons des multiples désagréments qui se présentent au cours d’une journée pour les transformer en amour et en faire une offrande. Nous nous éviterons ainsi bien des tensions inutiles, et l’amour finira par tout « coloniser », tout transfigurer, tout alléger. La petite Thérèse nous montre la voie : « Blessons Jésus, par notre œil et par un seul cheveu, c’est-à-dire par la plus grande chose et par la plus petite. Ne lui refusons pas le moindre sacrifice. Tout est si grand en religion… ramasser une épingle par amour peut convertir une âme, quel mystère. »

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