Scrupuleux ou extrêmement humble, Adelphe, supérieur de l’abbaye de Remiremont, veut retourner à l’abbaye de Luxeuil (Haute-Saône) avant de mourir. Mais pourquoi donc, alors qu’il est très âgé et très malade ? C’est que vingt ans plus tôt il avait pris parti, là-bas, dans un conflit doctrinal entre un moine dissident et son abbé. Une erreur qu’il expia tout le reste de sa vie, en pleurant tant, dit-on, qu’il en devint aveugle ! Et assez, dit son biographe, pour éteindre les « foudres vengeresses » (ultrices flammarum globos).
Né en Lorraine, il avait été formé aux études par saint Arnould, évêque de Metz qui deviendra moine à Remiremont. Entré au monastère de Luxeuil, Adelphe mène une vie exemplaire, mais c’est là qu’il fut mêlé au schisme du moine agité et brouillon Agrestius, avec son parrain Amatus et son oncle (ou son grand-père !) Romaricus. Ce qui n’empêcha pas tous les trois de devenir saints ensuite, après avoir fondé un nouveau monastère dans les Vosges ! En effet, c’est en 643 qu’Adelphe devient 3e abbé de Remiremont, abbaye « mixte » au mont Habend, composée de moines et de moniales, qui, tout en étant dans des bâtiments séparés, obéissaient à un seul supérieur. Il succède d’ailleurs à son oncle (ou grand-père !) Romaric, 2e abbé du monastère. Gebetrude, abbesse des moniales, était la sœur d’Adelphe. Il meurt un 11 septembre, entre 665 et 670. C’est un autre Lorrain, le pape Léon IX, qui le canonise en 1051.
Aujourd’hui encore, les diocèses de Nancy et de Saint-Dié ont Adelphe en grande vénération.
Étymologie
D’origine grecque adelphos : « frère ».
Pensée spirituelle inspirée par Adelphe
« Si Dieu ne pardonnait pas, le Ciel serait vide » (Proverbe berbère).
Courte prière inspirée par l’attitude d’Adelphe
« Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensés. »
