Depuis 2002, la Corée du Nord, pays où croire en Dieu est une trahison impardonnable, arrive en tête du triste classement établi par cette ONG protestante. Mais c’est surtout en Afrique subsaharienne que progressent les violences antichrétiennes : les djihadistes multiplient les crimes et les exactions dans cette région, qui compte le plus de chrétiens au monde. Et ils gagnent du terrain. Le Mali et le Burkina Faso ont perdu le contrôle de pans entiers de leur territoire. En octobre 2025, l’État islamique a diffusé une communication, «Chrétiens en Afrique », dont le message est clair : pour échapper au « cycle de tueries », convertissez-vous à l’islam. Au Soudan, les combats, qui font de nombreuses victimes parmi les chrétiens, ont provoqué la plus grande crise de déplacement de notre temps.
Le Nigeria en première ligne
En 2025, près de 4 900 chrétiens ont été tués dans le monde, dont 72 % au Nigeria. En juin, dans la paroisse de Yelewata, au centre du pays, 258 chrétiens ont été massacrés en seulement quatre heures par des extrémistes peuls. Les églises sont pillées et incendiées. 70 % des 3 300 chrétiens disparus dans le monde sont nigérians. Douze États du nord y ont adopté la charia, des milices radicalisées lancent des attaques ciblées, dans un contexte d’impunité générale (cf. FC n° 3919).
Le Moyen-Orient n’est pas épargné non plus. En Syrie, la violence est en hausse. En juin, un attentat contre une église a fait 22 tués et 63 blessés. L’instabilité du pays offre le champ libre aux extrémistes. Sur l’autre rive de la Méditerranée, le rapport souligne l’aggravation de la situation en Algérie : les 47 églises protestantes y ont été fermées, isolant 75 % des chrétiens du pays.
L’une des tendances observées est le renforcement des persécutions d’État. La liberté de culte et les droits des chrétiens sont de plus en plus restreints, en particulier en Asie. L’Inde demeure le pays où le plus de chrétiens sont détenus, suite aux lois anti-conversion votées peu à peu par les États. Des lois entraînant également attaques d’églises et descentes de police. En Chine, depuis le mois de septembre, de nouvelles mesures interdisent de parler de sa foi sur Internet.
