Sainte Philippine Duchesne, apôtre du Sacré-Cœur en Amérique - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Sainte Philippine Duchesne, apôtre du Sacré-Cœur en Amérique

Canonisée en 1988, la religieuse de la Société du Sacré-Cœur de Jésus fut une pionnière, faisant connaître le Christ dans les contrées difficiles du Nouveau Monde.
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En 1806, au cours de la nuit d’adoration eucharistique du Jeudi Saint, Sœur Philippine reçoit une grâce particulière qu’elle confiera à sa supérieure, Madeleine-Sophie Barat, fondatrice de la Société du Sacré-Cœur : « Toute la nuit, j’ai été dans le nouveau continent. Je portais partout mon Trésor [le Saint-Sacrement]… Quand vous me direz : « Voici que je vous envoie », je répondrai vite : « Je pars. » »

Philippine attendra douze ans avant de partir en Amérique. Mère Madeleine-Sophie Barat la prépare à devenir une missionnaire accomplie en lui confiant la fondation d’une communauté à Paris. En janvier 1817, Mgr Louis-Guillaume-Valentin Dubourg, premier évêque de Louisiane, s’y présente et demande des religieuses pour l’éducation des jeunes filles dans son diocèse. Celui-ci s’étend des grands lacs d’Amérique au Nord jusqu’au golfe du Mexique, le long des 3 700 kilomètres du fleuve Mississippi ! Philippine est prête à partir et, le 19 mars 1818, elle embarque, à 49 ans, pour le Nouveau Monde, après avoir été nommée supérieure de toutes les maisons de la Société du Sacré-Cœur qui seront fondées en Amérique. Après soixante-dix jours de voyage, très émue, elle pose le pied avec quatre autres religieuses à La Nouvelle-Orléans, en la fête du Sacré-Cœur. Puis elle remonte le Mississippi pour arriver à Saint-Louis fondé par les Français en 1764, où Mgr Dubourg l’accueille chaleureusement avec ses religieuses. Philippine voit enfin son rêve se réaliser.

Missionnaire née

Depuis ses 10 ans, elle souhaite être missionnaire. Née Rose-Philippine Duchesne, à Grenoble, le 29 août 1769, elle appartient par sa mère à la riche famille Perier. Elle découvre la spiritualité du Sacré-Cœur à l’école de saint François de Sales alors qu’elle étudie chez les Visitandines de Grenoble. Elle entrera au sein de leur couvent à 18 ans malgré l’opposition de ses parents mais, la tourmente révolutionnaire passant par là, elle ne prononcera ses vœux de religieuse qu’en 1805, à l’âge de 36 ans, au sein de la Société du Sacré-Cœur de Jésus que vient de fonder Madeleine-Sophie Barat.

En Amérique, la première mission se solde par un échec. La pénurie, la faim, le froid extrême en hiver, le manque d’élèves contraignent les religieuses à fermer l’école ouverte pour les jeunes filles à Saint-Charles, non loin de Saint-Louis. Cependant, quelque temps plus tard, à Florissant, aux confins du Mississippi et du Missouri, Mère Philippine arrive à ouvrir une école et un noviciat grâce à quelques postulantes.

Sous son influence, l’évêque consacre au Sacré-Cœur l’église qu’il fait construire et des conversions ont lieu parmi certaines tribus amérindiennes. Elle se souvient des mots de Mère Sophie Barat : «Quand vous ne feriez dans ce pays qu’élever un seul autel au Sacré-Cœur de Jésus, c’en serait assez pour le bonheur de votre éternité!»

Six établissements en dix ans

Confiant toujours son œuvre au Christ, Mère Philippine ouvre en dix ans six établissements, souvent aidée par les Jésuites, et la Société du Sacré-Cœur compte 27 religieuses dont 11 Européennes et 16 Américaines et 25 novices américaines. En 1841, à 72  ans, pour sa dernière mission, elle est accueillie avec enthousiasme par les Potawatomis partiellement convertis. Ses longues heures de prière contemplative amènent les Amérindiens à la nommer «la femme qui prie toujours». C’est dans un cœur à cœur avec Jésus qu’elle passe les dix dernières années de sa vie et meurt le 18 novembre 1852 à 83 ans à Saint-Charles, en murmurant les noms de Jésus, Marie et Joseph.