Les États-Unis consacrés au Sacré-Cœur - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Les États-Unis consacrés au Sacré-Cœur

Les évêques américains doivent consacrer les États-Unis au Sacré-Cœur de Jésus le 11 juin, à l’occasion des 250 ans de l’indépendance américaine.
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© Unsplash - Adobe Stock / andranik123

Le 4 juillet 1776, les « Treize Colonies », réunies en Congrès à Philadelphie, concluaient leur Déclaration d’indépendance vis-à-vis de la Couronne britannique par l’affirmation – au ton déiste – de leur « ferme confiance dans la protection de la divine Providence ». Deux cent cinquante ans plus tard, à l’occasion de l’anniversaire de la signature du document, les évêques américains ont décidé de marquer le coup, en consacrant le pays au Sacré-Cœur de Jésus le 11 juin. Pour accompagner l’événement, les paroisses doivent organiser, d’ici le 4 juillet, 250 heures d’adoration, de préférence dans le cadre d’une dévotion profondément liée au Sacré-Cœur : l’Heure sainte (voir FC n° 3939). Le cinéma n’est pas en reste puisque le film Sacré-Cœur de Sabrina et Steven J. Gunnell investira les salles américaines les 9, 10, 11 et 14 juin.

Importée d’Europe

Assiste-t-on au retour en grâce du Sacré-Cœur aux États-Unis ? Autrefois populaire, cette dévotion était, comme beaucoup, tombée dans l’oubli – si ce n’est mise de côté – dans les années 1960. Pourtant, les images du Sacré-Cœur avaient été jusque-là très présentes dans les foyers catholiques. Bien qu’existante dès les débuts de l’Église, la spiritualité du Sacré-Cœur émerge réellement à la suite des apparitions du Christ à sainte Marguerite-Marie dans la chapelle de la Visitation de Paray-le-Monial entre 1673 et 1675. Se diffusant rapidement en Europe, notamment grâce à saint Claude La Colombière, confesseur jésuite et ami de sainte Marguerite-Marie, la dévotion au Sacré-Cœur traverse l’Atlantique grâce à la présence en Amérique du Nord de la Compagnie de Jésus, dès la fin du XVIIe siècle, ou à celle d’autres apôtres comme sainte Philippine Duchesne.

«À partir du milieu des années 1860, les publications et les images pieuses dédiées au Sacré-Cœur se multiplièrent, et en l’espace d’une décennie, elles donnèrent lieu à un véritable phénomène de dévotion à grande échelle aux États-Unis», relève l’historien James P. McCartin dans son article « Le Sacré-Cœur de Jésus, Thérèse de Lisieux, et la transformation de la piété catholique étasunienne » publié dans la revue U.S. Catholic Historian en 2007. L’explication d’un tel changement d’échelle est à chercher du côté de la forte immigration européenne et catholique – irlandaise, allemande, française… – qui survient à cette période. La dévotion s’enracine d’autant plus qu’elle trouve un écho particulier dans une population aux conditions de vie souvent difficiles, en prise avec une société individualiste où le lien personnel entre le fidèle et le Cœur de Jésus apparaît alors comme un précieux secours. C’est d’ailleurs à cette période que de nombreuses églises dédiées au Sacré-Cœur sortent de terre : en 1890, quelque 400 églises et écoles américaines affirment tenir chaque semaine des événements en l’honneur du Sacré-Cœur.

Renouveau eucharistique

La consécration des États-Unis au Sacré-Cœur apparaît donc comme un retour aux sources, porté par la volonté de l’épiscopat américain de réinvestir la piété populaire, comme ils le firent déjà pendant deux ans avec le Renouveau eucharistique national, entre 2022 et 2024. En réaction à l’électrochoc provoqué par la publication d’un sondage de 2019 du Pew Research Center, affirmant qu’un tiers seulement des catholiques américains croyaient en la transsubstantiation – la transformation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ lors de la messe –, les diocèses américains avaient multiplié processions, adorations et catéchèses avant de conclure la séquence par un Congrès eucharistique national à Indianapolis, rassemblant 55 000 fidèles. En parallèle, les États-Unis constatent, depuis le Covid, une augmentation sensible du nombre de catéchumènes adultes. Depuis 2023, certains diocèses affichent des progressions spectaculaires : 72 % pour l’archidiocèse de Newark (New Jersey), 105 % pour le diocèse de Pueblo (Colorado), ou encore 112 % à Norwich (Connecticut).

Une autre actualité ne manquera pas d’attirer sur elle l’attention des médias puisqu’elle concerne le sommet de l’État. Le 16 juin, le vice-président J.D. Vance, doit en effet publier Communion: Finding my Way Back to Faith – « Communion : comment j’ai retrouvé la foi » (Éd. HarperCollins), relatant sa conversion du protestantisme à la foi catholique. D’ici là, le Sacré-Cœur sera donc à l’honneur, d’autant que la consécration des États-Unis se tiendra en présence d’une invitée de marque : sainte Marguerite-Marie, dont les reliques ont été transportées de Paray-le-Monial jusqu’à Philadelphie.