« C’est juste soixante petites minutes de ma vie pour consoler Jésus à l’agonie. » Corentin Rahier, 26 ans, organise l’Heure Sainte dans sa paroisse. Il est 20 Heures. Les habitués convergent vers l’église du Sacré-Cœur à Lyon. « Ici, l’Heure Sainte, c’est toujours la veille du premier vendredi du mois », explique le jeune consultant.
20 h 15. Un prêtre expose le Saint-Sacrement. Après une dizaine de chapelet pour « se mettre dans le bon état d’esprit », les participants invoquent l’Esprit Saint. S’ensuit une lecture de l’Évangile ponctuée de silence, de méditations et de chants. « Il s’agit de veiller une heure en accompagnant Jésus pas à pas dans son agonie et pour guider ce temps de prière, nous imprimons le déroulé disponible en ligne sur le site du sanctuaire du Sacré-Cœur de Paray-le-Monial », ajoute Christelle Nil, 46 ans.
Une demande de Jésus à Marguerite-Marie
Peu répandue, la pratique de l’Heure Sainte est pourtant une demande expresse de Jésus à sainte Marguerite-Marie. Le premier vendredi de juin 1674, à Paray-le-Monial (Bourgogne), le Christ lui dévoilait son cœur « qui a tant aimé les hommes ». Hélas trop souvent sans réciprocité. Ce jour-là, le Christ suppliait Marguerite-Marie de « se lever entre onze heures et minuit pour se prosterner pendant une heure avec [lui] » afin de le consoler. L’Heure Sainte était née.
Épicentre de la dévotion, le sanctuaire bourguignon rappelle que « l’Heure Sainte n’est pas simplement un temps de prière personnelle, mais une prière structurée autour de la méditation du mystère de l’agonie du Christ, de sorte que nous soyons présents de cœur, là-même où les Apôtres, accablés de fatigue, n’ont pu trouver la force de « veiller une heure » ».
21 h 15, à Lyon. Les notes douces du Tantum ergo frôlent le Saint-Sacrement. Le prêtre élève l’ostensoir, bénit puis reconduit Jésus au tabernacle. Une antienne mariale plus tard, les adorateurs ressortent « réjouis, illuminés de l’intérieur par toutes les grâces déposées dans leur cœur » pendant cette veille mensuelle.
Un chœur pour le Sacré-Cœur
Trois cent cinquante ans plus tard, « cette expérience spirituelle marquante gagne à être connue » fredonne Mathilde Kohn. La jeune femme dirige un chœur à Rueil-Malmaison dans les Hauts-de-Seine. « En effet cette prière du jeudi soir nous permet de vivre une heure décisive de la vie de Jésus : celle qu’il a passée au jardin des Oliviers avant sa Passion » poursuit l’artiste à la baguette d’un chœur atypique. Les Petits Chanteurs de Rueil, ce sont 140 choristes qui chantent en famille, enfants à partir de trois ans, fratries et parents. Cette chorale attendrissante vient d’enregistrer un album inédit. Sa partition a été spécialement composée par Anne-Sophie Rahm et accompagnée de méditations écrites par Bénédicte Delelis « pour faire (re)découvrir et rayonner l’Heure Sainte ».
Derrière les micros, cent cinq voix pures chantent et enchantent l’Heure Sainte. Le disque fraîchement pressé s’est déjà vendu à plus de 1700 exemplaires. « En plus on a eu la chance d’aller le chanter à Paray-le-Monial, ajoute Mathilde Kohn. Le 5 mars dernier, premier jeudi du mois, nous étions dans la basilique, à quelques pas du lieu des apparitions du Christ à Marguerite-Marie. C’était très beau de voir petits, ados et grands rendre amour pour amour à Jésus. »
Veiller et prier une heure en musique
Durant le Carême, les Petits Chanteurs de Rueil et le chœur de parents enregistrent avec Gaël Lefèvre et Mathilde Kohn, une œuvre inédite d’Anne-Sophie Rahm sur le thème de l’Heure Sainte. Leur CD comportera huit chants accompagnés de sept méditations écrites par Bénédicte Delelis, un livret et un triptyque pouvant servir de coin prière.
L’Heure Sainte et son livret illustré, Les Petits Chanteurs de Rueil, 20 €.
https://petitschanteursderueil.fr/boutique/