Pénélope, Athéna... les femmes, joyau de l’« Odyssée » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Pénélope, Athéna… les femmes, joyau de l’« Odyssée »

Hélène, Pénélope, Andromaque, Nausicaa… Homère a créé des archétypes féminins qui continuent d’inspirer la littérature et le cinéma, comme en témoigne le récent film de Christopher Nolan, L’Odyssée.
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Ulysse et Pénélope, Francesco Primaticcio, vers 1545. Musée d’Art de Tolède (Espagne).

Les femmes tiennent une grande place dans l’œuvre d’Homère : Hélène domine l’Iliade et Pénélope est le point fixe de l’Odyssée. Hélène est la femme infidèle dont la trahison a déclenché la guerre, et Pénélope le symbole de la fidélité qui ramène Ulysse chez lui.

Dans l’Iliade, Homère décrit les vieux de Troie qui chauffent leurs os au soleil sur les remparts et bavardent entre eux comme des cigales. Ils se lamentent sur les malheurs de la guerre mais, quand ils voient passer Hélène, ils la trouvent si belle qu’ils disent qu’elle valait bien une guerre. Hélène n’était pas noire ni petite, comme elle l’est dans le film de Christopher Nolan, L’Odyssée, mais blonde avec une peau à la carnation de lait – ce qui, chez ces peuples bruns, était un signe d’exception et d’excellence.

Un autre personnage féminin tient une importance considérable dans l’Iliade. C’est Andromaque, la femme d’Hector, dont les adieux à son mari sur les murs de Troie forment un des plus beaux passages de la littérature universelle.

Vers Pénélope, conduit par Athéna

Ulysse, qui est défini par le premier mot de l’Odyssée comme « L’homme aux mille ruses », est une figure de l’aventurier masculin qui veut rentrer chez lui malgré l’opposition des dieux. Il est guidé et sauvé par des femmes mais son point fixe est Pénélope et, lorsque les femmes veulent le retenir, c’est vers elle qu’il part, conduit par Athéna, la déesse vierge qui ramène l’homme dans sa patrie.

Athéna est la figure du courage et de l’intelligence. Elle libère Ulysse des chaînes de Calypso qui veut le retenir dans son île. Elle le protège de Circé la déesse maléfique qui changera ses hommes en cochons, des sirènes qui veulent le détourner de son chemin. Après son dernier naufrage, Ulysse est recueilli dans une île toute proche d’Ithaque dont le roi est Alkinoos. La fille du roi, Nausicaa, qui était au bord de la mer avec ses compagnes, découvre Ulysse échoué depuis trois jours et, au lieu d’être effarouchée comme les autres jeunes filles, elle l’accueille, lui donne un vêtement et le conduit chez son père. Nausicaa aurait aimé qu’Ulysse devînt son mari mais elle a compris que son destin était de rentrer chez lui et elle l’aidera dans l’accomplissement de ce destin. Nausicaa est la figure immortelle de la jeune fille, incarnation humaine de la déesse Athéna, mais avec plus de douceur et de charme. Cet épisode et le personnage de Nausicaa sont malheureusement absents du film de Nolan alors qu’ils sont le plus délicat joyau de l’Odyssée.

Ulysse retrouve enfin Pénélope qui l’attend depuis vingt ans. Elle a assuré la régence et l’éducation de Télémaque leur fils, et défendu le royaume contre les prétendants, en usant, comme son mari, de la ruse et de l’intelligence plus que de la force. Le retour d’Ulysse dans sa patrie et dans son royaume est vécu comme le retour du mari auprès de la femme, Pénélope incarnant l’épouse, la mère, la reine et le symbole même de la fidélité.

Ainsi Hélène et Pénélope sont les deux figures qui dominent les deux premières épopées de notre histoire en incarnant la double nature de celle qui est à la fois la meilleure et la plus dangereuse des êtres créés, Ève ou Marie, mais sans laquelle l’humanité n’existerait pas. Elles donnent à ce poème fondateur la lumière et la noblesse qui en font une œuvre unique dans laquelle les siècles iront puiser.