GPA

«  Une offensive à bas bruit  »

Propos recueillis par Guillaume Jeanneret

mercredi 6 octobre 2021

« La GPA, c’est la rencontre au sommet du marché et du désir d’enfant. »
© Catherine Leblanc / Godong

La journaliste Céline Revel-Dumas vient de publier GPA. Le grand bluff (éd. du Cerf), une enquête minutieuse qui met en pleine lumière les pratiques révoltantes liées à la marchandisation des corps.

Pourquoi avez-vous choisi d’enquêter sur la GPA ?

Nous assistons actuellement à une campagne à bas bruit menée par les partisans de la GPA qui la jugent inéluctable en France, au prétexte notamment qu’elle est déjà légalisée à l’étranger. Cette conquête des esprits et des cœurs s’appuie sur les médias grand public qui multiplient les témoignages de couples heureux d’accueillir un enfant grâce à la GPA.
Je songe par exemple à Marc-Olivier Fogiel. Un couple de «  L’Amour est dans le pré  » qui entame une GPA fait aussi régulièrement l’actualité. Ces témoignages ne révèlent qu’une partie de la GPA, et ignorent ce qu’elle comporte de choquant. L’objectif étant d’émouvoir le public, de le toucher. J’ai donc voulu distinguer la réalité du mensonge pour apporter une information claire. Il faut réagir et nommer les choses.

La GPA risque-t-elle vraiment d’être légalisée en France ?

Je refuse de considérer qu’il s’agit d’un phénomène inéluctable. Il faut absolument éveiller les esprits.

Un sondage récent indique que 53 % des Français seraient favorables à la GPA. Mais nous sommes dépendants de l’information dont nous disposons. Si celle-ci était plus équilibrée, les résultats des sondages seraient bien différents. Les expériences à l’étranger montrent qu’une fois que la GPA est légalisée, il est impossible de maîtriser, d’encadrer la pratique, notamment la rémunération des «  mères porteuses  » et des donneuses d’ovocytes.

Vous dénoncez dans votre livre le concept de «  GPA éthique  ».

La GPA «  éthique  » est une GPA cynique. D’où peut venir l’idée que l’on peut priver un enfant de celle qui l’a porté ? Quand la GPA soi-disant «  éthique  » est légalisée, quand elle est non rémunérée, on s’aperçoit qu’il n’y a jamais assez de «  mères porteuses  » et de «  dons  » d’ovocytes. Alors que fait-on ? On «  indemnise  », comme au Royaume-Uni où l’indemnité est fixée à 750 euros pour les «  donneuses  » d’ovocytes. Évidemment, cela attire les jeunes étudiantes dont les ovules sont particulièrement recherchés.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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