Une autre politique, vraiment ?

par Gérard Leclerc

jeudi 10 novembre 2016

Que l’on soit satisfait ou consterné par l’élection de Donald Trump à la Maison-Blanche, il semble qu’il y ait un accord assez général sur l’importance de l’événement. On évoque la chute du mur de Berlin, les attentats du 11 septembre 2001, pour mieux illustrer l’idée d’une rupture fondamentale, d’ampleur mondiale. Ce serait la fin d’un monde. Mais de quel monde ? Celui de la mondialisation que l’on disait heureuse et que le politologue américain Francis Fukuyama définissait justement par « la fin de l’histoire » ? Le triomphe de l’État de droit et de l’économie du libre-échange signifiait l’entrée dans un autre âge de l’humanité. Mais ce monde-là a-t-il vraiment existé ? Le phénomène de la mondialisation est incontestable avec le développement des échanges commerciaux. Mais il n’était nullement synonyme de paix internationale et de croissance économique harmonieuse.

Le candidat républicain a trouvé un écho considérable en s’attaquant aux dysfonctionnements de la mondialisation, aux dégâts et aux injustices qu’elle a produits. Et son discours a des échos chez nous, en France, en Europe, où on a assisté à la même dégradation de la condition des classes moyennes, qui a suivi celle de la classe ouvrière. Les pires travers de l’homme Trump, sa démagogie, sa vulgarité, loin de jouer à son détriment, l’ont aidé au contraire à affirmer sa figure de grand imprécateur qui n’a peur de rien, et surtout pas de l’élite dominante.

Une véritable politique alternative va-t-elle se définir et s’imposer, au-delà de la polémique et de la dénonciation ? On le verra très vite, avec ce nouveau président qui est aussi un pragmatique et pourrait nous surprendre. Mais il est vrai que la tâche est redoutable, que les difficultés à surmonter sont d’une complexité qui défie les simplifications outrancières. Les redéfinitions intellectuelles qui s’imposent devront aboutir à de nouveaux paradigmes. Du moins l’espère-t-on. La complexité du monde, ses défis, exigent un réexamen qui prenne en compte les données que l’on avait ignorées et les échecs cruels dont nous souffrirons encore longtemps. Mais pour cela, il faudra que le débat public se renouvelle et se pacifie. Ce n’est pas gagné d’avance.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 10 novembre 2016.

Pour aller plus loin :

Messages

  • La publication des sondages et les discours et articles des journalistes et autres présentateurs télé aussi bien aux Etats-Unis que chez nous en France, et en Europe, ont vendu par brassées entières, au-delà de l’espoir, la victoire d’Hillary Clinton. Et le service après vente a largement entretenu l’assurance de cette victoire. Et l’annonce du résultat a fusé comme le jet d’une douche froide d’autant plus brusque qu’il était inattendu. Inattendu à cause, justement, de cette liesse anticipée fabriquée par les distributeurs de chiffres et de lettres.

    Puis les larmes intarissables des pro-Clinton ont éclaboussé nos écrans. Et c’est plus tard seulement que l’oeil des cameras s’en est allé balayer les franges de la population des Etats-Unis, celles de l’Amérique profonde, celles qu’on nomme, depuis peu, des laissés pour compte, négative de la photo du "rêve américain"...

    "Le candidat républicain a trouvé un écho considérable en s’attaquant
    aux dysfonctionnements de la mondialisation, aux dégâts et aux injustices qu’elle a produits. Et son discours a des échos chez nous, en France, en Europe...". Et Gérard Leclerc d’ajouter : "....la tâche est redoutable, ... La complexité du monde, ses défis, exigent un réexamen qui prennent en compte les données que l’on avait ignorées et les échecs cruels dont nous souffrirons encore longtemps. Mais pour cela il faudra que le débat public se renouvelle et se pacifie...". La phrase "... on voit à quel point nous sommes divisés" de Mme Clinton après son échec et celle d’Obama en septembre dernier à l’ONU où il mettait en garde contre "un populisme grossier" ne semblent pas les plus appropriées à pacifier des situations. L’insistance sur le nombre de voix, l’appel aux grands électeurs à voter pour Hillary Clinton, et la demande, aujourd’hui, d’un remaniement du système électoral aux Etats-Unis ne ressemblent pas non plus à un appel au calme. Et on aura remarqué, lors de la dernière apparition de la candidate battue, le gros plan de la camera sur le visage de Huma Abedin, sa "fille adoptive", dès lors politiquement orpheline...

    Qu’il y ait "une main" dans le déroulement des présidentielles aux USA c’est tout à fait possible, peut-être même certain, mais pourquoi celle de Poutine comme "on" essaye de le faire croire. Si la victoire de Trump est considérée comme le rejet ou l’aveu d’échec de la mondialisation ne faudrait-il pas chercher cette "main" plutôt dans les méandres visqueux et bourbeux de la cocotte-minute où mijote, dans l’ombre, cette mondialisation ?

    Oui, Leclerc a raison : "Ce n’est pas gagné d’avance".

    Pourrait-on aussi ajouter que, peut-être, tout n’est pas déjà perdu.

  • Jour après jour les manifestations anti-Trump défilent sous nos yeux dans la presse écrite, les JT et autres media. D’un jour à l’autre le nombre des manifestants s’épaissit maintenant avec pancartes et slogans appropriés. Selon l’AFP, hier samedi ils étaient "plusieurs dizaines de milliers" dans les rues. Pendant ce temps Kerry, aphone depuis un moment, donne de la voix pendant qu’Obama revient sur l’isolationnisme "auquel il faut résister" dit-il avant son arrivée en Allemagne, et France 24 d’assurer que les prises de positions du président américain élu "ont entraîné un choc psychologique" selon le directeur de recherches à l’IRIS Olivier de France. Sans en aucune manière avoir la prétention de rivaliser avec monsieur de France sur les ondes freudiennes, j’avancerais pour ma part en toute vraie humilité que si "choc psychologique" il y a il serait provoqué par l’échec inattendu de Mme Clinton plutôt que par les arguments avec lesquels le candidat Trump a arrosé le monde entier pendant des mois avant son élection. Ses déclarations sur l’Otan et le terrorisme sont de nature à ne faire trembler que ceux que cela dérange.

    Qu’il y ait nombre de mécontents, on ne pourrait en douter. Quant aux manifestations dont on nous entretient tous les jours à présent elles ne ressemblent à rien de spontané. En n’excluant pas le fait que je puisse me tromper, il n’est pas interdit de penser que le tohu-bohu soudain et intempestif semble du "taillé sur mesure". Par qui, et qui ? Pour les grands couturiers et leurs "petites mains" les secrets de la profession interdisent toute indiscrétion.

  • Une autre politique vraiment ? Bien sûr que oui !

    Dans cette élection américaine, c’était comme choisir entre la peste ou le choléra ?

    Malgré le faisceau grandissant de présomptions des fraudes graves, des faits délictueux et des fortaitures inqualifiables de Madame Clinton et du couple Clinton, les médias se sont grillés. Ça devait arriver. Il y a bien sûr internet, mais avec internet, le choix et le tri des informations s’imposent tout comme la plus grande circonspection. En France, au sujet des élections aux États-Unis, les médias ont pris partie à 100% pour l’une de ces deux maladies redoutables la peste ou le choléra, sous le nom de Madame Clinton... l’autre était pour Trump...

    À présent, les médias ont perdu la face et les politiques itou.
    Par rapport à cette élection américaine, tous se sont disqualifiés pour de bon. C’est spécialement le cas en France où les médias et les politiques ont vraiment copié les pros Clinton et tout ce que cela implique de désinformation. Il ne pourront plus remettre leur masque. Les cosmétiques ne servent qu’une fois... C’est ça être des professionnels ?? Ce fut un signal consternant de plus que la France est de plus en plus en incapacité et plus malade qu’on le croyait !

    Ceci dit, il est trop tôt pour préjuger de ce que va faire vraiment le nouveau président des États-Unis.

    En ces domaines la candeur n’est pas de mise. Car il y a des poste-clé dont on ne sait pas à ce jour comment ils seront pourvus. De même, le traitement du budget des États-Unis où le complexe-militaro-industriel veille de très près et n’a pas dit son dernier mot... et beaucoup d’autres sujets décisifs incertains en suspens à ce jour.

    Car les États-Unis sont une vraie gêne pour le monde entier. Qu’ont-ils à faire dans les autres régions du monde ?

    Pourtant, ils ont chez eux à peu près toutes les ressources : productives, économiques, sociales, cognitives, enseignement, recherche scientifique, agriculture, industries et technologies de pointes, énergies, etc, etc.

    Les États-Unis sont présents dans quelques 140 pays ? La plupart de leurs services (surtout spéciaux) sont dans ces pays pour y faire un travail de sape et en effectuer la destruction progressive, silencieuse sur le moyen et le long terme puis éliminer les régimes qui les gênent... Ensuite ils débarquent armés dans ces mêmes pays pour installer la "démocratie" par les armes... et pouvoir enfin piller librement ces pays... Voilà ce qui se passe dans le monde au sujet des États-Unis, au moins jusqu’à présent.

    Donc depuis des décennies, les résultats de la mondialisation, cette politique infâme des États-Unis démontrent leur échec patent et les souffrances engendrées dans le monde par cette politique étatsunienne "mondiale" désastreuse et dissolvante.

    Le réponse définitive a été donnée jadis par Sainte Jeanne d’Arc.
    Durant son "procès", ses juges pervers voulaient la confondre en la faisant se contredire en lui posant des questions vicieuses du genre : "Vous prônez l’amour du prochain tel qu’enseigné par les Évangiles du Christ et en même temps vous combattez et haïssez les Anglais, qu’avez-vous à dire ?" et Sainte Jeanne d’Arc de leurs répondre : "Pas du tout, j’aime les Anglais, mais chez-eux". Voilà l’attitude qui vaut universellement pour quiconque, en toutes époques, chaque fois qu’une présence se trouve chez autrui pour y faire le mal. C’est évidemment valable pour la politique extérieure des États-Unis.

    La mondialisation, dont les USA sont l’outil principal (depuis disons 1989) sape et détruit le monde. Mais à présent elle perd du terrain et ceci est très positif à de nombreux titres.

    Ci-dessous, peut-être avez-vous vu cette vidéo ? 5 minutes 48 secondes (en anglais sous titrée en français) écoutez Trump.

    pour y accéder, tapez sur Google ceci :

    Hillary Clinton exige que Trump retire cette vidéo Trump révèle Hillary comme jamais auparavant

    et le lien sort (il y a de plus en plus de liens d’ailleurs).

    Il faut un peu se pincer pour être sûr qu’on ne rêve pas !

    — S’il n’y a pas de piège là-dessous —, que Dieu et Marie viennent en aide au nouveau président des États-Unis !

    • Oui, "s’il n’y a pas de piège là-dessous..." et en ayant à l’esprit l’hypothèse qu’une balle perdue vienne se loger dans le coffre du président élu avant qu’il n’accède aux marches de la Maison-Blanche...

      Dans cette très délicate période de transition, tout : chaque pas, chaque mot, chaque rencontre, chaque serrement de mains acquiert beaucoup d’importance. En premier lieu, Trump se doit de s’entourer - il aurait déjà commencé - de conseillers compétents, loyaux et "propres" autant que faire se peut. Le candidat et le président élu ont dit beaucoup de choses sur la nécessité d’entreprendre telle et telle politique pour remettre les Etats-Unis debout. La politique étrangère va être déterminante aussi bien pour les américains que pour les pays dans leur ensemble, en particulier européens. L’Otan, le nombre de bases militaires disséminées à travers le globe, la reprise de pourparlers sérieux avec la Russie pour la résolution de bien de problèmes ici, là et là-bas. Déjà Teresa May est probablement sur le point de rencontrer Donald Trump qui l’attendrait avec impatience (entre cousins presque germains...).

      Les mots de Hillary Clinton résonnent encore comme un blasphème à la nouvelle de l’assassinat de Kadhafi dans un rire mauvais et en parodiant Jules César : "We came, we saw, he died !". Mais, en priant pour que le Seigneur éclaire le président Trump et tous les responsables politiques, une prière aussi pour Hillary Clinton, elle en a autant besoin que nous tous. Pourquoi aurait-elle pris ce chemin qui a causé tant de mal aux uns et aux autres et qui l’a menée elle-même à la chute... Ses actions ont été jugées, mais Seul Dieu connait les intentions, le fond du cœur, et le cerveau de Hillary Clinton...

      Sans illusions (parce que le Malin rôde) mais dans l’espérance, plaçons, oui, cette autre page qui s’ouvre pour le monde sous le regard de Jésus-Christ et de Marie.

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