Société

Se relever après un avortement

Propos de l’Abbé Laurent Spriet recueillis par Maylis Guillier

mercredi 4 mars 2020

L’orthogénie, un mot technique pour désigner en réalité les moyens de contraception et des méthodes d’avortement.
© Guyane la 1ere

Prêtre du diocèse de Lyon, l’abbé Laurent Spriet accompagne des femmes ayant subi un avortement. Ils les aident à rencontrer le Christ et à se reconstruire après ce traumatisme.

Quel est le but de ce livre ?

Abbé Laurent Spriet : Ce livre est spécialement adressé aux femmes qui ont vécu un avortement. Il peut aussi rejoindre celles qui se posent la question d’une IVG et pourra aider ceux qui veulent réfléchir à la moralité de leurs actes et approfondir leur chemin de sainteté.

Comment êtes-vous en lien avec ces femmes ?

Tous les prêtres rencontrent dans leur ministère des femmes ayant avorté. Le Seigneur m’appelle sans doute un peu plus fortement à cet accompagnement si particulier. Je constate avec bonheur qu’il existe plusieurs antennes d’écoute avant une IVG, mais presque aucun accompagnement n’est prévu post-IVG.

Comment une personne, non croyante, décide-t-elle d’aller voir un prêtre ?

La culpabilité touche tout le monde car tous nous sommes dotés d’une conscience. Après une IVG, la femme s’en veut profondément alors même que la société lui répète que «  c’est son droit, c’est son choix, c’est son corps  ». Elle cherche une écoute qu’elle ne trouve pas. Son chemin peut croiser celui d’un prêtre…

Votre message sur le péché est-il audible aujourd’hui ?

Nous avons tous besoin de savoir faire la différence entre le mal et le péché : tout avortement est un mal mais la personne qui l’a fait n’a pas forcément péché – ou pas de façon grave ou «  mortelle  », selon la théologie. Une femme qui a avorté culpabilise parfois plus que de raison : s’il n’y avait rien de volontaire et de conscient dans son acte, alors il n’y a pas péché. Toutes apprennent qu’elles sont encore aimées de Dieu et qu’Il leur offre sa miséricorde par le baptême et la confession.

Toutes les femmes réalisent-elles ce qu’est une IVG ?

Non. Beaucoup n’en prennent conscience qu’après l’avortement. Le choc est gigantesque, notamment lorsqu’elle voit tomber de son corps son petit fœtus après un avortement médicamenteux ! L’avortement chirurgical semble moins difficile à vivre psychologiquement car les femmes qui le subissent sont endormies, néanmoins le traumatisme finit par refaire surface, comme une bombe à retardement, après des années d’enfouissement.

Qu’est ce qui peut soulager ces femmes, outre la confession ?

Le message chrétien est plein d’espérance : après une IVG une femme exprime parfois son désir de mourir pour rejoindre son bébé. Mais s’entendre dire qu’il ressuscitera, qu’elle peut lui demander pardon, le nommer et lui parler, l’aide à avancer. Ce chemin peut également soulager les femmes qui ont fait une fausse couche : cet état de fait n’a rien à voir au niveau moral, mais leur chagrin est souvent minimisé.

— 

Abbé Laurent Spriet, Se relever après un avortement, éd. Peuple Libre, 2020, 9,90 €.

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