Quand la vie prend un sens !

par Gérard Leclerc

lundi 22 juin 2020

Alors que nous sommes à la veille de ce qu’on appelle les grandes vacances, cette année nous sommes forcément dans des conditions d’esprit particulières. L’étrange période que nous venons de vivre nous oblige à une sorte de bilan personnel et collectif. Ce bilan peut se stratifier selon les catégories sociales, notamment celles qui ont affronté la crise sanitaire de plein fouet. En premier lieu, les soignants. À ce propos, quelles belles images que celles de policiers applaudissant les soignants, alors qu’ils avaient pour tâche de sauvegarder l’ordre et la sécurité, lors de leurs manifestations de protestation… Eh oui, c’est bien là le paradoxe ! Ces soignants qui ont droit à toute notre reconnaissance, leurs mérites ne sont pas reconnus à leur juste prix. L’héroïsme dont ils ont fait preuve va-t-il leur valoir enfin la reconnaissance nécessaire ?

Ils ne sont pas les seuls à s’être montrés aussi serviables et secourables. Impossible de nommer tout le monde ! Mais je pense à ce qu’exprimait un prêtre à propos de tout ce personnel, humble souvent, qui aspirait au retour de l’eucharistie, pour se nourrir du viatique pour lui absolument vital. Ainsi désignait-il la faim profonde de cette nourriture dont le Verbe fait chair nous a fait don, le Jeudi saint. Oui, qu’il est grand ce sacrement, proclamait Thomas d’Aquin. Et je comprends mal le dédain de ceux qui parlent d’un simple rituel, comme si on pouvait en faire aisément l’économie. Oui, les chrétiens ont pris leur part dans cette épreuve et ils ne pouvaient se comporter que conformément à leur foi qui les éclaire et en puisant à la force que l’Église a mission de leur apporter. Ne pouvant accéder à leurs sanctuaires, il leur était précieux, par l’intermédiaire de Radio Notre-Dame par exemple, d’être en lien de cœur avec l’Eucharistie célébrée dans des lieux qui leur sont chers.

Oui, notre radio chrétienne, en dépit de difficultés auxquelles elle devait faire face, a maintenu tout le temps nécessaire ces liens de solidarité à travers l’espace, au moment où nous étions confinés pour la plupart dans nos foyers domestiques. Je pense notamment à nos techniciens grâce à qui la radio a pu continuer à émettre dans les meilleures conditions. Je pense aussi à tous les responsables d’émissions qui se sont efforcés de conserver un contenu aussi riche pour leurs interventions. La gratitude que nous devons à Radio Notre-Dame, il nous faut la manifester de la façon la plus concrète, pour que son été se passe au mieux et que surtout elle puisse continuer le rôle essentiel qui est le sien. Plus que jamais, avec Radio Notre-Dame, la vie prend un sens !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 22 juin 2020.

Messages

  • Donner du sens au non sens de tous ceux qui seront contrariés dans leur projet de l’été est un défi des professionnels du tourisme, des commerçants et des religions.

    Plus de destination au long cours pour ce temps béni de l’été, un havre d’hospitalité en France pour la majorité des nationaux, un déficit des pèlerinages et voyages spirituels dans des pays exposés au covid19, une crainte de revoir encore l’épouvantable diffusion de la pandémie et des centaines de milliers de morts dans le monde.

    On imagine que ceux qui rêvaient d’aller à l’autre bout du monde, les jeunes en particulier peu argentés, mais attirés par la différence des cultures et des populations souffriront de cette privation de liberté indispensable pour leur sécurité sanitaire et personnelle.

    On devine le désagrément des mouvements et des vies associatives culturelles et sportives, qui révisent au minimum leurs programmes.

    Donner du sens et des sens pluriels à tous ceux qui seront en ce cas, donnera de l’émulation aux propositions inédites des créateurs de projets.

    Entrer dans un monde autre, un autre monde inconnu et imprévisible, est un gage de confiance à rechercher avec tous les acteurs de la vie commune.

    Dans ce contexte de crise et de déception généralisée, il faudra beaucoup de volonté pour soigner les blessures morales et psychologiques de l’illusion, que le progrès sanitaire avait pu vaincre définitivement les risques épidémiques des populations.

    La peur du lendemain ancré chez de nombreux chrétiens qui hésitent à retrouver leurs habitudes demeure en l’état une réalité que l’on déplore, regrette et constate au quotidien.

    Croire et vouloir le sens béni de la vie, est un horizon à venir embrumé dans le brouillard de la crainte de savoir ce que demain nous réserve encore.

    La réponse possible sera de retisser des liens d’humanité partagée qui seule donneront du sens à l’adversité qui n’aura épargné personne.
    Nous avons changé de logiciel sociétal, et les plus avertis prédisent les conditions nécessaires pour y parvenir.

    Saurons-nous y consentir ?
    Librement, par conviction, par adhésion ?

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