La grande retraite du Carême

par Gérard Leclerc

jeudi 18 février 2021

© Catherine Leblanc / Godong

Retour au sens du Carême. Il est sans doute nécessaire de revenir à deux notions évoquées hier. Le Carême peut être compris comme une grande retraite pour méditer le mystère pascal. Par ailleurs on peut parler de civilisation chrétienne, puisqu’ il s’agit de la religion de l’incarnation.

Comment réussir à concentrer en deux minutes, comme je tente de le faire le matin, une réflexion qui souvent réclamerait de longs développements. Ainsi hier, abordant l’ouverture du Carême, je me suis risqué à livrer quelques intuitions dont je reconnais qu’elles étaient destinées à faire réfléchir plus avant, sans avoir la prétention d’apporter des réponses définitives. Un auditeur me reproche de ne pas avoir parlé de la pénitence qui caractérise particulièrement le Carême. C’est vrai que j’ai fait un autre choix, préférant me recentrer sur l’ensemble du mystère chrétien. Car ces quarante jours sont d’abord, à mon sens, l’occasion de se resituer au cœur de la foi, dans la perspective de la Semaine sainte et de Pâques. C’est une sorte de grande retraite qui nous est offerte pour méditer ce que, par exemple, saint Jean indique dans le prologue de son Évangile : « Et le Verbe s’est fait chair, et il a demeuré parmi nous, et nous avons vu sa gloire, gloire qu’il tient de son Père comme fils unique. »

J’ai aussi opéré une trop brève allusion au christianisme comme inspirateur d’une civilisation. On m’a reproché de le ramener ainsi à un phénomène culturel, ce qui n’est nullement ma pensée. Simplement, il s’agit de la religion de l’incarnation, qui ne se contente pas de surplomber l’existence humaine. Elle s’ordonne dans un style de vie, dans des mœurs, dans une éducation. J’irais même jusqu’à dire dans un imaginaire, au sens où Castoriadis a employé ce terme, c’est-à-dire une représentation commune qui fait participer à une vision du monde. Imaginaire nourri souvent par des représentations artistiques. Notre époque ne vit plus d’un imaginaire chrétien. D’où le décalage qui s’est produit dans les années soixante. Vaste question !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 18 février 2021.

Messages

  • Le seul moyen de n’avoir pas à affronter les oppositions et les critiques serait très probablement de ne rien dire, rien écrire, rien faire... S’aventurerait-on à contredire Gérard Leclerc quand il ose affirmer : "Notre époque ne vit plus d’un imaginaire chrétien" ?

    "Il faut sauver Dieu de nous-mêmes, comme il faut sauver la musique de notre bruit, la vérité de nos fanatismes, l’amour de notre possession".

    Sur cette pensée de Maurice Zundel qui invite comme à une petite méditation en reconnaissant avec lui que "Dieu ne nous domine pas, Il nous attend",

    Bon carême !

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