Accueil du site > Actualités > L’article du jour > Une ou plusieurs Libyes ?

envoyer l'article par mail envoyer par mail Imprimer cette page

Une ou plusieurs Libyes ?

par Jean Étèvenaux © Acip

lundi 20 février 2012


Les observateurs s’interrogent de plus en plus sur les fruits du « printemps arabe » de l’an passé. Tandis que l’on donne les islamistes vainqueurs également en Algérie lors des législatives qui se dérouleront en mai et que l’on s’interroge sur la poursuite de l’insurrection en Syrie et sur le sort promis aux minorités religieuses de ce pays, la Libye apparaît comme un écheveau de problèmes où il est bien difficile de saisir tout ce qui s’y passe et, surtout, de deviner l’avenir.

Le 17 février, les Libyens ont certes fêté le premier anniversaire du mouvement qui a mis fin au règne de Mouammar Kadhafi. Mais la communauté internationale, pourtant globalement et souvent activement favorable au renversement du dictateur, a exprimé ses inquiétudes concernant le respect de l’État de droit. Cela revient d’ailleurs à mettre en cause la capacité du Conseil national de transition non seulement à établir des normes mais tout autant à les faire respecter. Comme l’a dit dans un bel euphémisme Alain Juppé au nom de la France, « le chemin est encore long ». La préoccupation s’avère identique à Londres, qui prévoit d’organiser une conférence sur les droits de l’homme en Libye même, au printemps. On sait en effet que les milices continuent à pratiquer la détention illégale, la torture des détenus et des actes de vengeance collective. Il est également difficile d’oublier que, à l’automne dernier, Mustapha Abdeljalil, le président du Cnt, avait annoncé immédiatement le rétablissement de la charia.

Si on prend les divisions traditionnelles du pays, on peut regarder la Libye comme coupée au moins en trois parties. En Cyrénaïque, la région orientale autour de Benghazi, où ne sont pas acceptées les décisions de Tripoli, se développent de très fortes tensions entre les islamistes et les confréries soufies, traitées d’hérétiques et dont les cimetières viennent d’être passés au bulldozer. Dans le sud — qui regroupe le Fezzan administré par la France au lendemain de la Seconde Guerre mondiale et d’autres régions sahariennes — s’opposent les Touaregs berbères, liés à leurs frères en insurrection au Mali, les Arabes et les Toubous, à cheval sur la frontière avec le Tchad. Quant à la Tripolitaine, elle voit s’affronter les tribus — comme celle des Warfalla qui, avec près du tiers de la population, refuse toute allégeance au Cnt —, les islamistes et les groupes maffieux — qui se recoupent plus ou moins.

Même la capitale connaît plusieurs centres de pouvoir organisés autour de milices rivales. De façon plus générale, il faut bien se rendre compte de la complexité de la situation, avec, par exemple, l’existence de Berbères arabophones. Parmi eux, ceux de Zentan détiennent Seif al-Islam, le fils du colonel Kadhafi : demandé par la justice internationale, il constitue aussi un atout important, non seulement en tant que monnaie d’échange mais aussi pour être éventuellement réintroduit dans le jeu libyen, où il apporterait quelques soutiens appréciés.

2 Messages de forum

  • 20 février 17:47, par Baroud

    Je pense que dès le début en Tunisie il était facile de se rendre compte qui..était derrière tous ces jeunes plein d’espoir ...un jour un avion est arrivé et ils se sont précipités pour aller accueillir et porter en triomphe un des passagers Cet homme était un islamiste qui avait vécu 2O ans hors la Tunisie écarté par Ben Ali.Et voila le tour était joué. Ce sont eux les islamistes qui était derrière tout çà. Les femmes s’en sont rendu compte très vite, elles ont écrit qu’elles avaient peur. Avant maris et femmes se choisissaient librement, avant elles allaient les cheveux au vent à l’université...avant les touristes venaient en grand nombre..c’était avant.En Lybie même si ....même si...ce n’était pas la joie...c’était les islamistes que Kadaffi repoussait. En Egypte l’Armée sois disant de l’ancien dictateur, c’était des salafistes qui surveillaient la foule avec la cruauté qui est leur emblème. Ils sont partout comme des nuées de sauterelles. Ils veulent le monde entier et la France est actuellement leur gateau préféré.Ils vont essayé de le déguster petit a petit. Qui résistera..personne...chut, il ne faut par parler de ça..il faut manger du hallal sans rien dire ...il faut les laisser rentrer dans les écoles dites religieuses sans que les parents le sache, pour leur apprendre le coran sans doute...il faut ...il faut. Attention le printemps français arrive, ils marcheront facilement dans ces conditions a l’Assemblée Nationale...Mais bon sang quand donc nos futurs dirigants prendrons ils des mesures d’urgences chez nous....

    Répondre à ce message

  • 21 février 08:58, par A.Fumey

    On retrouve clairement des conditions similaires à celles vécues en France fin 18ème après la vacance du pouvoir : la guerre civile, la terreur (1793) et une situation ingérable jusqu’à l’émergence d’un pouvoir fort : N.Bonaparte en France, les islamistes radicaux dans le maghreb. Bientôt la Syrie. Je m’interroge : pourquoi l’Europe fait-elle le jeu du Qatar ?

    Répondre à ce message

Répondre à cet article