REPONSE A SYMMAQUE - France Catholique
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Le journal de la semaine

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REPONSE A SYMMAQUE

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Nous arrivons à un stade dans l’histoire de l’Eglise catholique aux Etats-Unis où certains évêques acquièrent sur la scène publique une visibilité comparable à celle des hommes politiques (On peut penser qu’il était grand temps). Le cardinal Francis George à Chicago, le cardinal Timothy Dolan à New York, l’archevêque Charles Chaput à Philadelphie : chacun d’eux se sont confrontés à la culture ambiante en rappelant –courtoisement ou avec sévérité – que l’Amérique se rapproche dangereusement du bord instable d’un précipice moral. …L’archevêque Chaput vient de publier un essai intitulé : « Un cœur brûlant : un témoignage catholique sur l’Amérique qui vient » (« A Heart on Fire : Catholic witness and the next America »)… Il part d’une série de conférences prophétiques données en 1940 par le Père John Courtney Murray, qui ont fait l’objet d’une publication posthume sous le titre : « la construction d’une culture chrétienne ». Dans cet essai, le jésuite plaidait pour la reconnaissance du fait qu’au cœur de l’expérience américaine se trouvent « la dignité intrinsèque de la nature humaine, la liberté spirituelle de l’âme humaine, l’égalité entre ces mêmes âmes, la supériorité sur tout ce qui ne partage pas cette spiritualité » En d’autres termes, la religion. Ceci n’a rien de théocratique quoique cela puisse apparaître comme tel aux yeux de la gauche sécularisée. C’est comme l’histoire zen du fretin qui demande à un vieux poisson sage : « qu’est ce que c’est que cette « mer » dont tout le monde parle ? » ; et le vieux poisson sage de lui expliquer que la mer est tout ce qui l’entoure, par essence l’alpha et l’omega. Le fretin proteste : « mais je ne la vois pas ». Le père Murray expliquait de même que la foi chrétienne était la mer dont a émergé l’éthique américaine ; si la nation cessait de remonter à cette mer qui est sa source, elle risquait la ruine. L’archevêque Chaput relève particulièrement ce point en relation aux grands médias : « L’Ecriture nous rappelle que c’est la vérité qui nous rend libres. Or la vérité d’une situation et la vérité que nous retransmettent aujourd’hui les médias sont souvent deux choses différentes. Dans la recherche de la vérité, en tant que citoyens, nous nous devons d’exercer à l’égard des médias le même sens critique que nous appliquons à toutes choses. Nous l’oublions à nos risques et périls – spécialement en année électorale. » On s’attendrait dans la suite à une critique en règle de la présidence Obama et des infamantes circulaires sur la Santé. Il n’en est pas fait mention en tant que tel, pas plus que de l’avortement ou de la contraception. A la première lecture, je m’en irritais tant je souhaiterais voir excommuniés certains des dits catholiques militants ou politiciens. Ce n’était évidemment pas très charitable de ma part, le fait d’un cœur plus « consumé » que « brûlant ». L’archevêque Chaput nous rappelle que « la déconstruction de la comédie humaine, de ce que l’on appelle la « culture américaine », ne commence pas par la violence mais par la conversion de nos propres cœurs ». Le témoignage du Chrétien est toujours et partout un appel à se laisser transformer par la puissance de l’amour divin, ce qui, en ce monde, conduit plus probablement au martyre individuel qu’au triomphe politique. Mgr Chaput cite une lettre du quatrième siècle adressée au nouvel empereur de Rome, Valentinien, par le préfet païen Symmaque, dans laquelle ce dernier plaidait en faveur de la restauration de l’autel de la déesse Victoire qui avait trôné pendant des siècles à l’intérieur du Sénat romain. Symmaque en appelait à la tolérance religieuse : « Laissons les anciens dieux et le Dieu unique cohabiter harmonieusement à l’autel, comme païens et chrétiens doivent le faire à la ville ». L’empereur refusa, en partie sous l’influence de saint Ambroise qui avait très clairement établi dans sa défense du christianisme que le seul vrai Dieu a aboli toutes les fausses divinités. A l’inverse, l’Amérique est parvenue au point où elle est prête à abandonner l’unité judéo-chrétienne sur la pratique de la vertu au profit d’une sorte de chaos païen. Qui est responsable ? Bien entendu, les habituels suspects. Mais alors…
« Trop de ceux qui se disent chrétiens ignorent Jésus-Christ. Ils ne croient pas vraiment à l’Evangile. Ils se sentent gênés par leur religion et vaguement en décalage avec leur époque…Cette sorte de foi est précisément celle que Symmaque regrettait autrefois. Quoi qu’elle ait été, elle est aujourd’hui morte. »
L’archevêque n’est toutefois pas pessimiste. Il explique pourquoi dans son livre. Nous sommes gratifiés d’avoir des hommes tels que lui (et George et Dolan) pour nous introduire dans « l’Amérique qui vient ». Dieu, fidèlement, pourvoit.
— – Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2012/response-to-symmachus.html
— – Photo : John Courtney Murray, S.J.