Présence de Léon XIV - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Présence de Léon XIV

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© Liam Hoarau / diocèse de Paris

Contrairement aux avis d’adversaires qui n’expriment que leur rancœur, l’impression est profonde, même au-delà du monde catholique. Si c’est d’une façon encore confuse, l’ensemble de la population a perçu que quelque chose d’exceptionnel s’était produit. Il y a, bien sûr, cette concentration étonnante de foules, l’enthousiasme du public jeune du Stade de France, mais il y a aussi la présence singulière de cet homme qui attire tous les regards, alors qu’il ne dispose d’aucun des atouts dévolus aux vedettes de la scène publique.

Le Pape, un témoin

L’évêque de Rome n’a rien de ce qu’on appelle une rock star, encore moins d’un démagogue habile à déchaîner les passions. Les acclamations qu’il suscite, la joie qui se développe autour de lui sont d’une essence particulière. Il est d’abord un témoin, le signe d’un message qui dépasse sa personne. Lorsqu’il prend dans ses bras une enfant handicapée, ce n’est pas sa seule compassion qui transparaît, mais celle de Jésus lui-même accueillant les malades sur les chemins de Palestine. Sa parole publique, lorsqu’elle s’énonce hors du cadre liturgique, que ce soit à l’Élysée, à l’UNESCO, au palais des congrès de Metz, se distingue de celle des politiques aussi pertinents soient-ils. Comme il le confiait aux journalistes dans l’avion du retour vers Rome : « Je suis allé avant tout en France pour prêcher l’Évangile, pour proclamer la Bonne Nouvelle, pour réaffirmer ce que Jésus lui-même dit lorsqu’il affirme : “Je suis le chemin, la vérité et la vie” c’est-à-dire pour dire la vérité que Jésus nous offre. » Même si l’ampleur de la voix monte pour affirmer certains principes comme le respect absolu de la vie, c’est toujours une vérité tranquille qui s’affirme, propre à éclairer les esprits et toucher les cœurs.

La personnalité de Léon XIV

Ainsi se fait le partage du ministère de la parole et du langage politique. Le Parlement a bien pu voter une loi légitimant l’euthanasie et le suicide assisté, le Pape garde son entière liberté d’exprimer la conviction de l’Église et rien ne pourra l’en empêcher. Ce ministère trouve son lieu d’élection là où il peut être entendu avec le plus d’intensité. À Lourdes, c’est devant les malades que le Pape a exprimé avec le plus de force sa défense de la vie, parce que c’est là où elle trouvait sa pleine authenticité.

Bien sûr, Léon XIV n’est pas seulement un témoin. S’il a la capacité d’assumer le ministère pétrinien, c’est en raison de sa personnalité, de son caractère, de sa culture, de son expérience pastorale si riche. De ce point de vue, on est en mesure d’apprécier les qualités de tous ses prédécesseurs qui ont eu à affronter les difficultés et les drames de leur temps. Pour ma part, mes premiers souvenirs remontent à Pie XII, alors que j’étais adolescent dans la cour de Castel Gandolfo, quelques semaines avant sa mort. J’avais été ébloui par une sorte d’étonnante jeunesse. Tous ceux qui lui ont succédé ont manifesté, chacun selon ses charismes, la même capacité à incarner ce que saint Ignace d’Antioche appelait, au début du IIe siècle, « la présidence de la charité ». Celle que nous avons eu la grâce d’apprécier durant ces quatre jours exceptionnels.