Nouveaux catholiques : comment relever le défi ? - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Nouveaux catholiques : comment relever le défi ?

Léon XIV a demandé à l’Église en France de se saisir de la forte augmentation du nombre de catéchumènes, dont la formation et l’accueil peuvent être largement renforcés.
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© Pascal Deloche / Godong

Lors de son voyage apostolique, le Pape est intervenu, devant l’Institut catholique de Paris, sur l’accueil dans l’Église des catéchumènes et des néophytes. Il rejoint la réflexion entamée par l’Église en France pour faire face au nouveau défi de l’accompagnement de ceux, chaque année plus nombreux, qui viennent ou reviennent au Christ.

Rappelant que ce phénomène inattendu représente une opportunité extraordinaire et une mission, Léon XIV a appelé tous les fidèles à se mettre ou se remettre « en état d’initiation », pour marcher au pas des nouveaux venus, les accueillir et les accompagner dans le « style propre à Dieu », fait de délicatesse et de charité. Plein de bonté, tout en étant clair sur les exigences du moment, le message du Pape peut résonner comme un appel à une vraie conversion et à un renouvellement de nos communautés chrétiennes. 

« Une formation intégrale »

Ces chercheurs de Dieu manifestent une soif de connaissance d’autant plus ardente qu’ils proviennent souvent d’horizons dans lesquels ils n’ont rien ou presque rien reçu. Il est donc nécessaire d’être en mesure de leur proposer une formation « aussi intégrale que possible », qui favorise « l’unification de la foi avec leur vie ». Le développement des propositions d’apostolat et de formation en ligne, sur les réseaux en particulier, peut répondre pour partie à cette exigence. Mais on ne saurait s’en contenter : la formation chrétienne des catéchumènes et néophytes, pour s’enraciner en profondeur, doit s’appuyer sur des relais humains solides. Dans ce domaine, il n’est pas provocateur de reconnaître aujourd’hui que le socle doctrinal de nombre de catholiques est regrettablement amputé par l’héritage de plusieurs décennies d’abandon des pédagogies classiques de catéchèse. La génération qui est appelée à transmettre sa foi se sent souvent démunie face à l’ampleur du défi. La formation à laquelle le Saint-Père appelle devra inclure tant les accompagnateurs que les accompagnés.

Le défi de l’intégration

D’autre part, l’intégration de ces nouveaux venus, parfois réellement nombreux comparativement aux assemblées dominicales ordinaires, pose le défi de l’intégration. Le sociologue Yann Raison du Cleuziou montre que la « minorisation » du catholicisme s’est accompagnée d’une relative « désécularisation » interne et d’un recentrement vers les classes supérieures ou franchement populaires. Les âmes assoiffées de Dieu qui frappent à la porte, de manière assez inattendue, arrivent avec leur désir et leurs blessures. L’Église saura-t-elle les accompagner vers la persévérance ? Sans rien retirer de l’exigence missionnaire, n’est-ce pas notre première urgence ?

Le modèle communautaire catholique a considérablement évolué au cours des dernières décennies : le cadre paroissial est souvent débordé par des rattachements plus complexes et multifactoriels, la distance n’étant plus le premier critère d’appartenance. Dans un monde plus individualiste que jamais, on a parfois l’impression que les fidèles catholiques ne sont pas indemnes d’une certaine mentalité « à la carte », et leurs communautés malheureusement évanescentes. Derrière les orientations données par le Pape, ne devrions-nous pas réévaluer notre propre manière d’être dans l’Église, afin d’être réellement en mesure de répondre à son appel et de nous mettre « en état d’initiation » ?

La sollicitude du Saint-Père devrait être interprétée comme un message clair : l’Église en France est face à un défi de taille, en termes de formation et d’intégration dans les communautés. L’accompagnement des catéchumènes et néophytes peut devenir une opportunité providentielle de renouveau.