Miracles eucharistiques : « Réveiller la foi en la Présence réelle du Christ » - France Catholique
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Le journal de la semaine

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Miracles eucharistiques : « Réveiller la foi en la Présence réelle du Christ »

Si le premier de tous les miracles est l’Eucharistie, de nombreux prodiges liés à ce sacrement se sont produits au cours des siècles. Ils ont été présentés par saint Carlo Acutis dans une exposition qui fait le tour du monde. Entretien avec Marie Maillard, co-auteur du livre présentant chaque miracle de cette exposition, et son sens spirituel.
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Musée des Beaux-Arts, Lyon, France. Fine Art museum, Lyon, France. Carle van Loo, La Messe de saint Grégoire : le miracle de l'hostie (1764).

Qu’est-ce qu’un miracle eucharistique ?

Marie Maillard : C’est un signe prodigieux donné par Dieu, en lien avec l’Eucharistie. Plus de cent ont été reconnus par l’Église, après des enquêtes très sérieuses. L’Italie, l’Espagne et la France sont les pays qui en ont reçu le plus grand nombre. Il faut cependant rappeler que le premier des miracles se produit à chaque messe : c’est l’Eucharistie elle-même, la trans-
substantiation du pain et du vin en Corps et Sang du Christ !

Y a-t-il encore de ces miracles de nos jours ?

Bien sûr ! Dieu accorde encore aujourd’hui des miracles eucharistiques car il continue de manifester son amour à son peuple. Il y a eu celui de Legnica (Pologne) en 2013 ; Vilakkannur (Inde) en 2013 ; Sokolka (Pologne), le 12 octobre 2008, jour anniversaire de la mort de Carlo ; Tixtla (Mexique), le 21 octobre 2006 ; Buenos Aires (Argentine) en 1992, 1994 et 1996, etc.

Quels sont les types de miracles recensés ?

Ces miracles sont divers : transformation de l’hostie en chair sanglante ou du vin en sang ; élévation de l’hostie consacrée au-dessus du calice ; apparition sur l’hostie d’une figure du Christ : enfant, sur la Croix, glorieux… ; rayonnement de lumière ; protection des hosties retrouvées intactes après un vol ; protection des personnes grâce à une hostie ; guérisons de personnes ; conservation miraculeuse des espèces eucharistiques…

Quel sens ont ces prodiges ?

Il me semble que Dieu réalise ces miracles extraordinaires de la même façon qu’il réalisait des miracles en Palestine, il y a 2 000 ans, pour exprimer sa pédagogie divine. Son but premier n’est pas de nous impressionner mais de fortifier ou de faire naître en nous la foi en la Présence réelle du Corps et du Sang du Christ et de convertir les incroyants.

Que disent ces miracles sur la messe ?

Ils nous rappellent que le plus grand des miracles est ce que nous vivons – chaque jour si nous le voulons ! – à la messe, où nous recevons le sacrement de notre Salut et de l’amour infini de Dieu. Leur rôle est de nous donner envie d’y aller et de nous aider à la vivre de manière plus intense, avec plus de foi et d’amour, comme saint Carlo. Et à prolonger, comme lui, cet amour de l’Eucharistie dans l’adoration. C’est pourquoi beaucoup ont lieu dans des périodes où la foi s’attiédit, où les gens – y compris les prêtres – doutent que Dieu soit réellement vivant dans ce sacrement. Souvent, c’est le prêtre sujet du doute qui est lui-même le protagoniste du miracle. Le cardinal Angelo Comastri, vicaire du Pape pour le Vatican, a déclaré qu’il fallait prendre le temps de lire l’exposition de Carlo « pour écouter le cri de l’amour de Dieu qui résonne dans chaque célébration eucharistique. Aujourd’hui… comme hier ! ».

Y a-t-il des différences selon les époques ?

Les miracles eucharistiques qui ont eu lieu au Moyen Âge diffèrent un peu de ceux d’aujourd’hui. Au cours de celui de Douai, en 1254, l’hostie s’est élevée. Or à cette époque, en raison des connaissances biologiques limitées, si une chose bougeait, cela signifiait qu’elle était vivante. Grâce à cette élévation, les gens ont compris que Dieu était réellement présent et vivant dans son Eucharistie !

Les miracles récents montrent plutôt des hosties sanglantes, dont les études scientifiques ont prouvé qu’il s’agissait d’un muscle du myocarde en agonie (cf. p. 15)… Jésus y révèle son Sacré-Cœur vivant et souffrant, pour montrer aux hommes jusqu’où est allé son amour. C’est bouleversant, dans notre époque où la dévotion au Sacré-Cœur est revivifiée, de prendre conscience qu’il vient demeurer en nous à chaque fois que nous mangeons l’Eucharistie ! Par ailleurs, la symbolique du cœur est très puissante dans notre époque sensible à l’affectivité… Lorsque je présente l’exposition de Carlo aux enfants, je leur rappelle que, de même qu’ils dessinent des cœurs à leur maman pour lui dire qu’ils l’aiment, Dieu nous montre son Cœur vivant dans ces miracles pour nous témoigner son amour ! Et Il nous pose cette question : « Vas-tu m’aimer en retour ? »

Pourquoi Carlo Acutis a-t-il créé cette exposition ?

Il aimait tellement Jésus dans l’Eucharistie qu’il cherchait tous les moyens pour transmettre cet amour aux enfants du catéchisme dont il a commencé à s’occuper à l’âge de 11 ans ! Il a même été l’un des auteurs d’un livre sur l’Eucharistie (Petit Catéchisme sur l’Eucharistie, éditions de l’Institut Saint-Clément), dans lequel il évoquait déjà certains miracles eucharistiques. C’est dans le même but qu’il a ensuite créé cette exposition. Pour moi, sa mission a d’ailleurs réellement commencé avec sa mort : il a préparé cette exposition et il est mort d’une maladie fulgurante à la veille de sa première présentation, comme s’il fallait qu’il œuvre depuis le Ciel pour qu’elle porte des fruits spirituels ! D’ailleurs, c’est grâce à sa réputation de sainteté que beaucoup découvrent l’exposition et, par elle, l’amour de Dieu dans l’Eucharistie. Je pense que Dieu nous a donné Carlo pour réveiller la foi en la Présence réelle liée au Sacrifice du Christ, dans une période de « protestantisation » de l’Église où cette foi s’est beaucoup perdue… C’est la vie des saints au Ciel de nous aider sur la terre !

Quels sont les fruits de cette exposition ?

Nous voyons beaucoup de personnes, catholiques plus ou moins pratiquantes, vivre une expérience de conversion par la prise de conscience que Dieu est réellement vivant dans le Saint Sacrifice de l’autel. C’est très émouvant. Elles réalisent qu’elles ne connaissaient pas la grandeur de ce qu’elles vivent à la messe. À travers les miracles, elles découvrent de manière très concrète comment Dieu nous aime dans l’Eucharistie : pas de loin sur son nuage mais dans son Incarnation, sa Passion et sa Résurrection… Cette exposition fait grandir notre amour de ce sacrement et change notre manière de participer à la messe. Nous voulons faire de notre mieux pour être présents au miracle qui se produit sous nos yeux. Il y a aussi des musulmans qui viennent, et certains sont très touchés. Cette exposition montre combien l’Eucharistie est missionnaire. Et plus nous vivons de ce sacrement, plus nous sommes missionnaires. Mais il y a également des personnes qui, mises devant l’extraordinaire, refusent toujours de croire… Dieu nous laisse libres. 


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