D’où lui venait cette si grande dévotion à l’Eucharistie ?
Antonia Acutis : Carlo est né pieux, il l’était intrinsèquement ! Le centre de sa vie était l’Eucharistie. Dès qu’il s’est approché de la Sainte Table, il a compris que l’Eucharistie était « l’autoroute vers le ciel ». Il a fait sa première communion à l’âge de 7 ans. Dès ce moment, il se rendait à la messe et à l’Adoration chaque jour. Dans l’Eucharistie, Jésus se cache derrière l’hostie consacrée, mais il est présent réellement. C’est extraordinaire ! Ainsi, le Christ est sur terre, avec nous, comme il l’avait promis : « Je serai avec vous jusqu’à la fin du monde. » Saint Augustin disait : « L’Eucharistie est la médecine de l’âme. » Elle nous sanctifie, guérit notre cœur blessé par le péché originel qui nous incline au mal. Nous avons besoin de cette aide de Dieu, de ce « remède d’immortalité », comme l’appelait saint Ignace d’Antioche. Carlo le savait : le sacrement est le signe efficace à travers lequel Dieu nous procure sa grâce. La vie eucharistique nous aide à ouvrir notre cœur et à vivre cet amour pour les autres.
Comment prolongez-vous sa mission sur terre ?
Il voulait que le monde entier puisse connaître les bienfaits de l’Eucharistie. Son exposition sur les miracles eucharistiques est le meilleur moyen de le faire. C’était le génie de Carlo de l’avoir mise en libre accès, et en de nombreuses langues. Il disait que ces signes donnés par Jésus devaient aider les gens à croire. Le Christ fait encore des miracles aujourd’hui ! La mission de Carlà continue sur terre : faire retrouver le sens profond de l’Eucharistie.
En quoi Carlo est-il un modèle pour la jeunesse catholique ?
Carlo était un jeune d’aujourd’hui. Il a vécu une vie ordinaire, mais il a ouvert les portes de son cœur à Dieu. Et c’est alors que sa vie est devenue extraordinaire. C’est possible aujourd’hui ! L’important est de mettre le Christ au centre, comme le faisait Carlo. C’est en cela qu’il est un modèle. Aujourd’hui, les jeunes sont pris dans le tourbillon de la modernité, beaucoup pensent que la foi est quelque chose d’archaïque. Mais Jésus est toujours actuel ! Parlant de choses parfois oubliées, comme le Paradis, l’Enfer, le Purgatoire, la vie éternelle, la Vierge Marie, Carlo montrait qu’il est possible de vivre sa foi au XXIe siècle.
Il est surtout un modèle pour la jeunesse qui se convertit…
« Être toujours uni à Jésus, c’est le programme de ma vie », disait Carlo. Il y a tellement de soucis qui ébranlent notre foi. Mais Carlo était résolu : Jésus nous a promis qu’il nous donnerait la grâce, par les sacrements. Aujourd’hui, s’ils n’ont pas de connexion à Internet, les jeunes sont désemparés. Mais un manque de prière et de connexion à Dieu, voilà ce qui devrait réellement nous désemparer. Carlo vivait la présence de Dieu de façon quotidienne. Même au milieu du bruit permanent, il savait vivre pour Jésus, par Jésus et avec Jésus. C’était son chemin ordinaire. Il cuisinait, travaillait, jouait avec amour, le tout entrecoupé de petits moments de silence pour remercier Dieu. Il entretenait une amitié avec le Ciel.
Il avait également une grande dévotion pour la Vierge Marie.
Oui, en particulier pour Notre-Dame de Lourdes et Notre-Dame de Fatima [fêtée le 13 mai, NDLR]. Il était ému par la dimension très eucharistique de ces apparitions. À Lourdes, de nombreux miracles se sont produits au moment de la procession du Saint-Sacrement. En 1916, à Fatima, l’Ange du Portugal apparaît aux trois bergers muni de l’Eucharistie. Il donne la communion aux enfants, leur demandant de prier « en réparation des outrages, sacrilèges et indifférences » contre le Saint-Sacrement.
Carlo était aussi très touché par l’enseignement de Notre-Dame. L’Immaculée Conception confirmée à Lourdes est un signe de grande espérance. Marie demande la prière, des sacrifices. Elle confie à sainte Bernadette : « Je ne vous promets pas de vous faire heureuse dans ce monde, mais dans l’autre. » À Fatima, elle évoque le Purgatoire, le Paradis, l’Enfer, la possibilité de se perdre pour l’éternité, quelque chose de terrible ! Carlo avait compris le message pressant de notre mère du Ciel : être saint pour les autres. Nos sacrifices peuvent sauver des âmes. Tout est lié. La souffrance seule ne porte pas de fruits, mais la souffrance offerte est tellement féconde.
Quels étaient ses autres modèles de sainteté ?
Saint François d’Assise, un évangile illustré, qui parlait de l’Eucharistie de façon si admirable.
Comment Carlo a-t-il contribué à convertir votre famille ?
Sa foi était contagieuse. Surtout me concernant. J’étais loin du Christ. Je suis fille unique, et ma famille n’était pas pratiquante. Grâce à mon fils, j’ai fait la découverte de ma vie : la grâce sanctifiante des sacrements. Auparavant, je pensais que tous ces rituels, la messe, la confession, n’avaient pas de valeur. Mais Carlo m’a fait comprendre leur portée. Et c’est ainsi que ma conversion a commencé, et se poursuit encore aujourd’hui. Mon mari était plus croyant que moi. Grâce à sa mère qui était à moitié polonaise, il se rendait à la messe. Mais il n’était pas un croyant convaincu, plutôt de culture. Et grâce à Carlo, il s’est aussi rapproché de la foi.
Bien que mort à 15 ans seulement, Carlo avait-il déjà des projets d’avenir ?
Il m’a demandé un jour ce que je pensais s’il devenait prêtre. Mais il se préoccupait du temps présent. Il disait que l’on devait vivre chaque jour comme si c’était le dernier de notre vie. À 11 ans, il est devenu catéchiste, il était très doué. C’est d’ailleurs pour cela que nous conservons beaucoup de ses écrits.
Quel est le plus beau souvenir de votre fils ?
Sa première communion. Je me souviens précisément de cette journée. Juste avant d’arriver à l’église, un berger et son petit agneau ont traversé la route, ce qui a momentanément fait stopper notre voiture. Carlo s’est réjoui, y voyant un beau cadeau du Ciel. Sa dévotion et sa lumière quand il a reçu la sainte hostie étaient saisissantes.