➊ Saints Louis et Zélie Martin
La force de l’exemple
« Je désirais avoir beaucoup d’enfants afin de les élever pour le ciel », écrit Zélie à sa cadette, Pauline, en 1877. Les parents de la petite Thérèse ont la conviction qu’ils ne sont que mandataires de l’autorité de Dieu sur leurs cinq filles. Leur foyer tient en trois principes : la souveraineté de Dieu, la foi en sa Providence, l’abandon en sa Volonté.
Chez les Martin, se passer de Dieu est une grande folie. Au centre de la maison trône une grande statue mariale, vers qui tout converge, jusqu’à la prière familiale le soir. Rien n’est jugé assez beau pour Marie ; au mois de mai, elle croule sous les paniers de fleurs. Louis et Zélie éduquent par l’exemple. Ils se rendent à la messe de 5 h 30 chaque jour, aux offices du dimanche avec leurs filles. Louis emmène souvent l’une d’elles en pèlerinage.
Entièrement dévouée à son foyer, Zélie écrit, vers la fin de sa vie : « Je n’ai pas le temps de mourir, j’ai trop d’ouvrage pour le moment. » Le dimanche est un jour sacré. C’est une maison où les coutumes inclinent naturellement à la vertu, on fuit tout ce qui peut compromettre la pureté : les mots grossiers sont sévèrement interdits, les bonnes manières sont le rayonnement de la charité. Les filles apprennent que le devoir d’état et les petits efforts du quotidien peuvent convertir les pécheurs.
➋ Bienheureux Luigi et Maria Beltrame-Quattrocchi
Une éducation joyeuse
Par leur « vie ordinaire vécue de façon extraordinaire » (Jean-Paul II), ils sont le premier couple béatifié ensemble, en 2001. Luigi et Maria se marient à la basilique Sainte-Marie-Majeure, à Rome, en 1905. Leur vie de famille est perçue comme un chemin vers le Ciel : messe quotidienne et retraites en famille, adoration nocturne, Rosaire le soir rythment la vie du foyer. Écrivain de talent, Maria confie à sa plume vive et inspirée ce qu’elle souhaite transmettre à ses enfants, dans des ouvrages imprégnés de l’Évangile. Luigi aime servir la messe, en particulier celle des nombreux prêtres de passage. Maria fait elle-même le catéchisme à ses enfants.
Ils les élèvent dans la piété, entre des temps de prière, de discussions, souvent sur des sujets artistiques et culturels, et de loisirs. Cette éducation est joyeuse et ouverte sur le monde. La jeune maman expérimente dans la maternité le nécessaire oubli de soi, sacrifiant les sorties au théâtre ou au musée qu’elle apprécie particulièrement. Les rancœurs et la médisance sont bannies. Comme chez les Martin, les quatre enfants rentrent dans les ordres. Leur vie de couple est fondée sur la confiance dans la volonté de Dieu et la louange de ses bienfaits. Ils sont fêtés le 25 novembre, jour de leur mariage.
➌ Bienheureux Charles et Zita de Habsbourg
Le sens du devoir
Dernier empereur d’Autriche, Charles partage avec Zita la même foi ardente, les mêmes goûts simples, le même amour du foyer. Malgré leurs obligations, ils élèvent eux-mêmes leurs huit enfants. Ils prient avec eux, leur lisent des histoires, leur enseignent le catéchisme. Et Zita continue de le faire en exil, après le décès de son époux, en 1922. Otto, l’aîné, raconte : « Il allait de soi qu’elle se penchât sur nous lorsque nous étions malades, que le soir elle priât pour nous, qu’elle fût aussitôt là quand il nous arrivait quelque chose et qu’elle nous grondât quand nous étions paresseux. » « L’homme remplit son devoir, le reste, il peut l’abandonner aux mains du Seigneur », dit-elle. Elle vit sa maternité avec Marie, et se consacre à son Cœur immaculé. Charles travaille jusqu’à dix-huit heures par jour. Mais il assiste à la messe et à la prière du soir avec sa famille tous les jours. Dès l’âge de 6 ans, les garçons apprennent à servir la messe.
Même en plein cœur de la Grande Guerre, Charles trouve le temps de s’occuper de ses enfants. « Sa famille était toute sa joie, ici, sur terre, raconte Zita. Il voulait toujours avoir ses enfants autour de lui et il essayait, d’une main douce mais ferme, de nous rapprocher de plus en plus de ses enfants et de Dieu. Il aimait extraordinairement ses enfants. Il était heureux et profondément reconnaissant à Dieu pour chacun d’eux. » Charles veut pour eux la meilleure éducation chrétienne possible. Il leur fait prendre conscience que leur haute naissance leur impose de grandes responsabilités. Ils se doivent de vivre non pour eux-mêmes mais pour leur pays.
➍ Bienheureux Jozef et Wiktoria Ulma
L’évangile de l’amour
Dans cette famille d’agriculteurs polonais, assassinée par les nazis pour avoir caché des Juifs en 1944, et béatifiée en 2023, la charité se vit dans les détails ordinaires du quotidien. Les parents travaillent d’arrache-pied pour offrir à leurs enfants un foyer simple et solide, où l’on grandit dans la foi et dans la paix. Ils se savent responsables de ces âmes à conduire au Ciel, et prennent leur mission très au sérieux. Les parents montrent à leurs enfants que la sainteté ne consiste pas à fuir le monde, mais à l’habiter pleinement, avec un cœur empli de Dieu.
Dès le plus jeune âge, les enfants apprennent à aimer Dieu, à faire le signe de croix. Viktoria aime dire qu’ils sont comme des fleurs : ils ont besoin d’amour et de soins attentifs. L’essentiel est de faire grandir dans leur âme l’amour de Dieu. Jozef et Viktoria éduquent tant les âmes que les intelligences, comme en témoigne la riche bibliothèque familiale. La Bible est au cœur de leur vie. On la lit, on l’écoute, on l’apprend, et surtout on la met en pratique. Certains versets sont entourés, annotés, comme celui-ci : « Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés » (Jn 15, 12). Ce principe les mènera au sacrifice de leur vie.
➎ Sainte Monique
Les larmes d’une mère
Bercée par les saintes Écritures, la pratique assidue des sacrements et une intense vie de prière dès sa plus tendre enfance, Monique met au monde le futur saint Augustin à l’âge de 22 ans. Veuve à 39 ans, elle se dévoue avec un amour sans limite pour cet ambitieux rhéteur en quête de vérité, rétif à la foi catholique et devenu manichéen. Consciente de son devoir de mère, Monique le suit dans ses mutations, jusqu’à Milan, ne cessant jamais de prier et de pleurer pour sa conversion. « Il est impossible que le fils de tant de larmes soit perdu », la rassure l’évêque Ambroise. Quand Augustin reçoit le baptême, Monique sait avoir accompli sa mission. Dans ses Confessions, le saint relate l’une des dernières conversations qu’il eut avec sa mère : « Que pourrais-je faire encore ici-bas ? Une seule chose me faisait désirer de rester assez longtemps dans cette vie… te voir chrétien catholique avant ma mort. Je suis plus que comblée dans ce que mon Dieu m’a accordé ». Quelques jours plus tard, elle contracte la malaria et meurt à 56 ans, le 27 août 387. « Elle m’a généré avec sa chair afin que je naisse à la lumière du temps et avec son cœur afin que je naisse à la lumière de l’éternité », confie le saint. Elle est la sainte patronne des mères et des veuves.