L’épopée napoléonienne - France Catholique
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Le journal de la semaine

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L’épopée napoléonienne

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle », affirmait Napoléon. Il en fut un.
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Napoléon Ier en costume de sacre. Atelier de François Gérard, 1805.

« Les hommes de génie sont des météores destinés à brûler pour éclairer leur siècle », affirmait Napoléon. Il en fut un.

Avec la Révolution, nous sommes entrés dans l’ère contemporaine, et il devient plus difficile de dégager les axes majeurs de cette histoire encore trop proche. Léon Daudet l’avait appelé le « stupide XIXe siècle », alors qu’il se révèle comme un siècle foisonnant dans lequel l’apparition de génies isolés accroît la complexité de l’époque.

Le premier de ces génies est, à coup sûr, Napoléon Bonaparte ! Né en 1769, il est encore un personnage de l’Ancien Régime et son origine insulaire l’a mis en partie à l’écart des grandes convulsions de la Révolution, dont cependant il profitera. Ayant mis d’abord son talent au service du général Paoli, libérateur et constructeur de la Corse nouvelle, il est écarté par celui-ci qui le considère comme un rival. Déçu par Louis XVI après les journées de juin 1792 [le peuple envahit les Tuileries et coiffe le roi du bonnet phrygien, NDLR], il est ensuite écœuré par Robespierre et se met finalement au service de lui-même. Porté par le Directoire qui le voit comme l’instrument pouvant mettre fin à la Terreur, sans pour autant revenir à l’Ancien Régime, il se révèle alors, en sa qualité de Premier consul, comme le dictateur dont devait accoucher la Révolution.

Marqué par l’exemple de César

Imprégné des idées de cette Révolution, le réalisme politique et militaire lui fait cependant rétablir ce que l’Ancien Régime portait de permanences. Il achève ainsi l’œuvre législative préparée sous Louis XV et Louis XVI, en y mêlant des conceptions provenant des « idées nouvelles ». Il rétablit une noblesse fondée sur les états de service militaire, des distinctions ressemblant aux ordres de chevalerie – la Légion d’honneur – et fonde de grandes écoles qui devaient fournir l’élite des serviteurs de l’État.

Ayant compris que l’équilibre européen devait se fonder sur l’union de la France et de l’Autriche, il voulut réaliser ce qui avait été manqué avec le mariage de Louis XVI et de Marie-Antoinette, en épousant Marie-Louise d’Autriche. Très marqué par l’exemple de César dont il avait commenté la Guerre des Gaules, il tenta de recomposer un empire d’Occident tel que l’avait rêvé Dante dans son De monarchia. Fidèle à son origine florentine de Buonaparte, il voulut s’inscrire dans cette brillante histoire sans s’apercevoir que ce rêve était caduc et que jamais l’Angleterre ne pourrait l’admettre. Il échoua et il reste de son passage, bref mais impressionnant, une immense ruine d’où émergent cependant des pierres d’attente pour un ordre possible. On lui prête ce mot sur la tombe de Jean-Jacques Rousseau : « Peut-être eût-il mieux valu pour l’humanité que ni lui ni moi, nous n’eussions existé. » Dans le même esprit, dans sa biographie, Jacques Bainville dit que « peut-être, sauf pour l’art et pour la gloire, il eût mieux valu qu’il n’existât point ». Mais l’art et la gloire ne sont pas inutiles, et le souvenir napoléonien demeure comme un témoignage de ce que la France était encore capable de faire d’épique.

Un Concordat pour une renaissance catholique

La geste napoléonienne a d’ailleurs quelque chose d’homérique et elle trouvera dans les poètes du temps des chantres qui la magnifieront et lui donneront de dominer le sentiment national. Ce ne fut pas toujours une référence salutaire mais elle reste un élément globalement positif d’unité nationale.

Il faut enfin compter au crédit de son œuvre le rétablissement des relations, parfois mouvementées, avec la papauté dans un Concordat qui ne fut pas inutile à la renaissance catholique au XIXe siècle. Napoléon disait que le plus beau jour de sa vie avait été le jour de sa première communion. L’on peut penser que ce souvenir est resté bien vivant dans les traverses d’une vie pleine de contrastes !