Quelle feuille de route vous le Saint-Père a-t-il donnée ?
Mgr Marc Aillet : Il nous a tout de suite placés sous la protection de la Vierge Marie, évoquant la France comme le royaume de Marie, la fille aînée de l’Église, qui va à Jésus par Marie. Il nous a rappelé que nous devions porter notre parole avec l’autorité prophétique, pour la faire entendre dans le monde car, même si elle n’est pas toujours entendue, elle est nécessairement attendue. Cela rejoint ce qu’il disait à la Concorde : tout homme a soif de Dieu et Dieu seul peut combler son désir.
Qu’a-t-il dit sur l’école ?
L’école catholique doit honorer son caractère propre et ne pas oublier sa dimension missionnaire, pour que le Christ soit annoncé à tous, en particulier aux non-chrétiens qui fréquentent nos établissements.
Et sur l’Église ?
Il nous a dit que l’Église qui est en France est précieuse aux yeux du Pape. Il nous a aussi confié son admiration pour l’enthousiasme de notre jeunesse, qui l’a agréablement surpris et ému lors de leur rencontre. La phrase clé de son voyage est, pour moi, ce qu’il a dit aux jeunes : « Vous êtes les saints de France ! » Il a également été impressionné par le nombre de nouveaux baptisés, insistant sur la formation qu’il faut leur donner, évoquant aussi les racines chrétiennes de la France, à travers les saints d’hier et d’aujourd’hui, qui font l’histoire. Par ailleurs, il a beaucoup insisté sur l’unité, nous demandant de rassembler les différentes sensibilités authentiquement catholiques, dans un même élan missionnaire.
Qu’est-ce qui vous a marqué dans l’ensemble ?
D’une part, le sentiment qu’une nouvelle « génération Léon XIV » se lève, comme on l’a vu au Stade de France, très diverse, très fervente et qui a le souci des racines chrétiennes et de la vocation à la sainteté de notre nation. J’ai également été marqué par le style de Léon XIV : il ne se met pas en scène, il est sans artifice, avec une certaine réserve, tout en étant très à l’aise. Il émane de lui une force tranquille : c’est l’homme de la paix. Lui qui insiste beaucoup sur l’importance de la vie intérieure, l’orientation vers le Ciel et l’intimité avec le Christ, il rayonne d’une paix qui vient de l’intérieur. Il ne parle pas le langage du monde ni le langage ecclésiastique convenu mais le langage de l’Évangile, de la Tradition de l’Église ininterrompue depuis 2000 ans. Il a une audace prophétique. J’ai aussi été frappé par sa fermeté contre la loi sur l’euthanasie : il a une parole d’autorité, sans doute surnaturelle, posée, toujours sereine, jamais en surplomb. Cela lui donne beaucoup de force pour rassembler.
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