La scène se passe pendant la Semaine sainte, en 1851. Le mercredi, Léon Papin-Dupont a reçu du carmel de Tours une reproduction de la Sainte Face, qu’il a aussitôt installée dans son salon, 8, rue Bernard-Palissy à Tours. Tout près, il a placé une lampe où se consomme de l’huile, en signe de vénération. Trois jours plus tard, le Samedi saint, une jeune femme venue prier devant la Sainte Face est guérie après l’application de cette huile sur son corps malade. D’autres miracles suivent. Très vite, le domicile de Léon Papin-Dupont devient un centre de pèlerinage où se répandent les grâces, et des flacons d’huile sont envoyés dans le monde entier. De nos jours, la maison est devenue un oratoire, confié au couvent dominicain de Tours, où l’on prie toujours en réparation des « blasphèmes, imprécations et profanations des dimanches ».
Un rôle providentiel
Le rôle de Léon Papin-Dupont dans la diffusion de la dévotion au visage du Christ crucifié semble providentiel car il est l’un des rares à l’époque à prendre au sérieux les messages d’une contemporaine carmélite à Tours : Sœur Marie de Saint-Pierre, Perrine Éluère pour l’état civil, née à Rennes en 1816. L’humble religieuse reçoit des messages du Ciel où le Christ lui explique qu’il est blessé par les sacrilèges et l’abandon du repos dominical. Les messages entrent en résonance avec ceux professés lors des apparitions mariales de la rue du Bac en 1830 et de La Salette en 1846. En 1847, Sœur Marie de Saint-Pierre parvient à faire reconnaître par Rome une archiconfrérie de la Sainte-Face mais elle meurt un an plus tard, à 32 ans, et l’archevêque de Tours fait la sourde oreille à la diffusion de son message. C’est alors que Léon Papin-Dupont reprend le flambeau pour poursuivre avec succès l’œuvre de la carmélite défunte, sans pour autant recevoir l’onction de l’archevêque qui le considère comme un exalté dans une époque où les initiatives de laïcs ne sont guère encouragées.
Engagé corps et âme
Le saint homme a compris que Dieu cherche des âmes pour contrebalancer les effets du péché. Il s’engage corps et âme pour faire connaître et aimer Jésus à travers son doux visage outragé : « Il est si bon et si consolant de s’entretenir cœur à cœur avec Jésus qui souffre si étrangement du silence gardé pour lui » écrit-il à un ami prêtre. Son désir de réparation est porté par un esprit de pénitence et de discrètes mortifications. En juillet 1847, il se met en route pour La Salette et profite de son long voyage en diligence pour s’arrêter à Paray-le-Monial et à Ars afin de saluer le saint curé Jean-Marie Vianney. Quand ce dernier aperçoit le pèlerin de Tours qu’il ne connaît pas, il va droit vers lui, s’arrête et le contemple avec un regard profond et doux avant de s’exclamer : « Ô mon cher ami, qu’il sera bon un jour de nous retrouver dans le ciel et de chanter les louanges de notre Dieu ! » C’est le 18 mars 1876 que Léon Papin-Dupont retrouvera son Seigneur, non plus pour consoler sa Sainte Face mais pour éternellement le louer.
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