Incendies en France : « Par la prière publique, la société entière se tourne vers Dieu » - France Catholique
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Incendies en France : « Par la prière publique, la société entière se tourne vers Dieu »

Alors que de graves incendies touchent le sol français, l'abbé Matthieu Bevillard, prêtre de la communauté des Missionnaires de la Miséricorde divine, revient sur l'importance des processions et des prières en communauté.
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© Sanctuaire de Paray-le-Monial.

Pourquoi organiser des processions et demandes d’intercessions ?

Abbé Matthieu Bévillard : Les processions ont plusieurs buts. D’abord, demander des grâces, comme la pluie en période de sécheresse, par les rogations, ou l’arrêt d’une maladie en période d’épidémie. Ainsi, au XVIIIe siècle, à Marseille, durant la peste, l’évêque, Mgr de Belsunce, avait organisé une procession, et la peste s’était arrêtée.

Il y a également une autre dimension, celle de la réparation et du pardon. Il n’y a pas un lien immédiat entre les événements malheureux, comme les catastrophes naturelles, et les péchés des hommes. Mais le pape François, dans Laudato si, disait que les grands maux de notre monde trouvent bien racine dans notre péché. Notre société française très déchristianisée et en perte de repères humains se dérègle elle-même par les différentes lois mauvaises qu’elle adopte. Le mal se diffuse de plus en plus. C’est pourquoi on peut légitimement demander pardon à travers ces prières et des processions.

Les prières publiques serait-elles donc plus efficaces ?

Les grandes grâces peuvent aussi arriver grâce à l’intercession de personnes seules ou alitées, qui ne peuvent pas faire de processions publiques. Cela se joue grâce à la communion des saints, dans le secret du cœur de Dieu. Malgré tout, la prière publique est une manifestation de l’ensemble de la société, un culte rendu à Dieu de manière visible. Elle témoigne de la vertu de religion, qui consiste à rendre à Dieu ce qui lui est dû, soit le culte public. Comme nous sommes touchés par les maux de manière publique, toute la société peut manifester cette demande d’intercession à travers des processions. Ce n’est peut-être pas plus efficace, mais il y a une plus grande convenance à ce que la société tout entière se tourne vers le Seigneur. Cela s’est vu dans l’histoire. Des peuples entiers se sont parfois retournés. Dans la Bible, lorsque Jonas vient prêcher la destruction de Ninive et la nécessaire conversion, le roi demande à tout son peuple de faire pénitence publique. Le peuple jeûne, s’habille de sacs, se recouvre de cendres, non seulement le peuple mais aussi les animaux.

Quel est le rôle de l’Église dans de telles situations de crise ?

L’Église est présente aux peines et aux joies des hommes de ce temps. Elle n’est pas en dehors de toute réalité humaine, au contraire. L’incarnation du Christ nous montre bien que Dieu se préoccupe de notre quotidien. Nous le voyons lors des noces de Cana, par exemple, ou lorsqu’il guérit et ressuscite. Il s’occupe des manques et des épreuves de notre vie, se rend présent pour les réalités matérielles. L’Eglise a aussi cette mission. Son premier rôle est évidemment de prier, d’intercéder, mais également d’agir auprès des personnes compétentes, de les soutenir, par la prière et aussi s’il le faut par l’aumône, la générosité, le don, le temps passé auprès de ces personnes dans la consolation, l’accompagnement matériel.

Et celui des évêques en particulier ?

Les évêques ont bien un rôle de premier de cordée, et sont bien évidemment concernés au plus haut point par ces questions, et réagissent aussi en fonction des conditions. Les processions ne doivent pas seulement avoir lieu au moment des crises. Il ne s’agit pas de demander l’aide de Dieu seulement quand cela ne va pas. Ainsi, dans le diocèse de Fréjus-Toulon, avec Mgr Dominique Rey, le prédécesseur de Mgr François Touvet, nous avons relancé les rogations il y a quelques années, qui continuent toujours.