« Soigner, pas supprimer ! » Ce dimanche, enfants, parents, grands-parents, prêtres, religieuses, et même une famille musulmane se sont réunis place Vauban, à Paris, sous un beau soleil pour la 51e édition de la Marche pour la Vie. Un joyeux mélange encadré par quelques centaines de bénévoles derrière les stands, à la sécurité, sur les chars. Avec, cette année, la dénonciation spécifique de la loi sur « l’aide à mourir ».
Manifester pour témoigner
C’est une des forces de la Marche pour la Vie : chaque année, descendre dans les rues, chanter, témoigner de la beauté de la vie. Comme toujours, la moyenne d’âge est très basse : une vingtaine d’années. Les étudiants ont laissé leurs révisions, les enfants leurs jeux, certaines familles sont venues de loin, grâce aux cars mis à disposition par l’organisation. Cette fougueuse jeunesse ne part pas défaitiste. Certes, les députés font la sourde oreille, l’avortement a été constitutionnalisé en mars 2024, la loi sur la fin de vie est ballotée au gré des gouvernements. Mais les petits ruisseaux font les grandes rivières, et « qui ne dit mot consent », scandent les animateurs sur les chars, qui ne veulent pas consentir. « Je vis chez ma grand-mère depuis six ans, et je la vois diminuer d’année en année. Mais je ne la laisserai pas mourir ! Toute la beauté de notre relation repose sur le fait que je l’accompagne au quotidien, et qu’elle m’enrichit de sa belle expérience », témoigne Agathe, 24 ans. S’opposer publiquement à cette loi est un devoir moral. « La loi sur la fin de vie concerne tous les âges, assure Marie-Lys Pellissier, 24 ans, porte-parole du mouvement. Elle va façonner la société future : et nous ne voulons pas d’une société qui trie la vie. »
Maxence Clicquot de Mentque, 21 ans, est atteint de la myopathie de Duchenne, une maladie neurodégénérative. C’est dans son fauteuil roulant qu’il est intervenu, sur le podium, adressant à la jeunesse un message d’espérance. « Je sais que je pourrai être éligible à ce dispositif dans 10 ou 15 ans, confie-t-il à France Catholique. Je préfère anticiper. La défense de la vie est mon combat. »
Prier pour la vie
« Une société n’est saine et avancée que lorsqu’elle protège le caractère sacré de la vie humaine et s’efforce activement de la promouvoir », avait déclaré le Pape devant le corps diplomatique du Saint-Siège, le 9 janvier. Or cette loi mortifère, qui impliquerait l’idée que les patients sont un fardeau pour leurs proches, ébranlerait aussi le principe de l’objection de conscience, pourtant réaffirmé par Léon XIV comme « un acte de fidélité à soi-même ».
Mais « l’action sans la prière n’est qu’un bruit qui passe », disait Charlie Kirk, à qui un vibrant hommage a été rendu sur le podium. En queue de cortège résonnent d’autres chants et d’autres mots : ce sont les « priants », qui égrènent leur chapelet et entonnent des cantiques. « La manifestation n’est pas la seule manière de combattre, rappelle Guillaume de Thieulloy, président de la Marche pour la Vie. La partie priante est vraiment fondamentale, tout comme la veillée pour la vie qui a lieu la veille, à l’église Saint-Roch (Paris Ier). La culture de mort est un déchaînement de l’action du démon, qui lutte sauvagement contre l’humanité ».
Geneviève, 22 ans, fait partie de ces priants. « Le combat pour la vie nous dépasse largement. La prière est le moyen sûr de mettre Dieu au centre. Le fait d’observer la vie de son commencement à sa fin nous oblige à nous tourner vers Lui, sa cause première. » Tout comme la prière se place derrière chaque action humaine, comme une arme essentielle, les priants ferment la marche. « La prière est un acte d’amour, explique Geneviève. Nous aussi portons le souci de la vie. Nous prions pour les patients, et aussi pour les médecins. Le Christ n’est pas étranger à ce combat : il a vécu notre fragilité, par sa naissance dans la pauvreté, et par sa mort dans des souffrances indicibles, alors qu’il était innocent. »
Ce socle spirituel de la Marche pour la Vie est aussi ce qui constitue sa force. Mgr Luc Crepy, évêque de Versailles, lui a apporté son soutien. Et les évêques de France ont publié, le 15 janvier, un communiqué appelant à ne pas rester « silencieux » face à ce texte de loi « permissif ». Comme l’a confié Mgr Dominique Rey, seul évêque présent, « le respect de la vie, aujourd’hui, est un appel du Ciel. Il est au cœur de la mission de l’Église ».