30 ans après la chute du mur

Y a-t-il un réveil spirituel à l’Est ?

par Guillaume Bonnet

mercredi 6 novembre 2019

NOUVEAU PRINTEMPS. Messe du 15 août en plein air, au monastère orthodoxe de Moisei dans le Maramures (Carpates) en Roumanie.
© John Pole

Trente ans après la chute du mur de Berlin, en 1989, l’ex-bloc soviétique est le théâtre d’un spectaculaire réveil chrétien. Mais les statistiques doivent être considérées avec prudence. Entre élan spirituel et recherche d’identité, la réalité est aussi complexe que nuancée.

Neuf mille lieux de culte chrétiens reconstruits en Russie au cours des dix dernières années. Des statues géantes de Jean-Paul II ou du Christ-Roi récemment érigées en Pologne, à Czestochowa et à Świebodzin. En Hongrie, un boom des écoles chrétiennes qui représentent désormais 23,4 % des établissements scolaires. Une nouvelle cathédrale dédiée à Mère Teresa consacrée à Pristina, capitale du Kosovo musulman. Et demain, peut-être, le retour d’une statue séculaire de la Vierge Marie, place de la Vieille Ville, au cœur de Prague, en République tchèque. Les symboles semblent innombrables du retour du christianisme dans l’ancien bloc de l’Est, qu’il soit de tradition orthodoxe ou catholique.

Le déclin n’est pas forcément inexorable

Le phénomène a de quoi donner de l’espoir aux chrétiens occidentaux, affligés par la vacuité de leurs églises et de leurs séminaires. Et si le déclin du christianisme au cœur de la vieille Europe n’était pas inexorable ? De passage à Strasbourg en mai dernier pour y consacrer une église, le patriarche orthodoxe de Moscou Cyrille a ainsi redit avec force la dimension spirituelle de ce réveil. «  Nous construisons en moyenne trois églises par jour. Non pas parce que nous avons beaucoup d’argent et que nous ne savons pas quoi en faire. Mais parce que notre peuple comprend que rien n’est possible sans Dieu.  »

Fer de lance du combat contre le matérialisme athée et collectiviste sous l’ère communiste, la foi chrétienne dans ces contrées se vit désormais comme un rempart contre un nouveau matérialisme, individualiste ou consumériste. Le pape François l’a dit avec beaucoup de clarté lors de sa rencontre avec le synode permanent de l’église orthodoxe roumaine à Bucarest, le 31 mai dernier. Dénonçant «  une globalisation uniformisante (qui) a contribué à déraciner les valeurs des peuples  », le Souverain pontife a appelé les chrétiens à s’unir «  pour ne pas céder aux séductions (…) d’une culture individualiste qui peut-être n’est plus idéologique comme aux temps de la persécution athée, mais qui est toutefois plus persuasive et tout aussi matérialiste  ».

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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