Vers un statut du beau-parent ?

dimanche 22 février 2009

Comment, dans le cadre d’une famille « recomposée », sau­­vegarder le res­pect des droits du père biologique (plus rarement de la mère) tout en facilitant, pour les actes de la vie quotidienne, la responsabilité assumée par le beau-père (plus rarement la belle-mère) ? On estime qu’en France plus de 1,6 million d’enfants sont élevés dans une telle structure familiale.

Le président de la Répu­blique, dans son discours du 13 fé­vrier, a souligné que s’établissent indéniablement « des liens affectifs » entre enfants et beaux-parents. Ces derniers redoutent toutefois d’entendre la phrase imparable : « Tu n’es pas mon père (ou ma mère) » ? Dur à avaler quand on a lavé le linge sale d’une famille reconstituée, fait les courses pour tous, surveillé les devoirs, tout en étant privé de la gratification de l’amour filial.

Tant bien que mal, les beaux-parents s’en sortent même s’ils marchent parfois sur des œufs. Au point de faire « profil bas ». Ce n’est pas le cas de certaines associations comme le « Club des ma­râtres » de Marie-Luce Iovane-Ches­neau. Cette dernière va jusqu’à envisager la signature d’un contrat de « beau-parentalité » à la mairie. Les associations de pères divorcés s’étranglent, à l’image de SOS papa. Son président, Alain Caze­nave, dénonce régulièrement les brimades dont les pères s’estiment victimes : les décisions judiciaires confient à 90% les enfants à la mère ; trois pères sur dix n’auraient plus aucun contact avec leurs enfants quelques années après le divorce… Et voilà qu’on ajouterait de nouveaux droits à celui qu’ils peuvent voir comme un concurrent !

Mais comment transformer en autorité légalement établie une relation nécessitant beaucoup de délicatesse ? Selon les opposants au statut, quelques situations mises en exergue (autorisation de sortie du ter­­ri­toire, gestion d’un passage éclair à l’hôpital, signature du bulletin de note…) peuvent être réglées sans officialiser une autorité de beau-parent. La sociologue Sylvie Cadolle estime qu’un statut induirait « des effets secondaires et des risques à tous les étages » notamment la confusion des repères dont souffrent déjà nombre d’enfants.

Des groupes de « parents homosexuels » sont au cœur du débat. Ils revendiquent 300 000 enfants « élevés par deux hommes ou deux femmes », alors que l’Ined (Institut national d’études démographiques) les estime à 30 000. Si certains espèrent « ouvrir » une notion de famille dont ils contestent « l’hétérocentrisme », d’autres affichent l’intention de « déconstruire la famille traditionnelle » en « inventant une parentalité » affranchie du biologique voire du couple. C’est contre cette perspective que 60 associations ont déjà rejoint le Collectif pour l’enfant animé par Béatrice Bourges.
En poussant la revendication jusqu’à l’absurde, on peut être saisi de vertige : combien de temps de vie commune entre deux adultes serait nécessaire pour donner au compagnon ou à la compagne un droit sur les enfants biologiques de « l’autre » ? Dans quelle mesure devrait-on rechercher le consentement des mi­neurs concernés par ce type de montage juridique ? Sous quelle forme reconnaître la rupture ou la pérennité du lien établi ? Comment arbitrer un conflit d’autorité entre parent biologique et beau-parent ? Au fil de l’existence, des enfants devraient-ils accumuler les beaux-parents sans limite ?

La presse évoque beaucoup le cas personnel du président de la République pour expliquer son intérêt pour ce sujet. On avance qu’il souffrirait de la rupture des liens avec les filles de sa seconde femme depuis leur divorce… Mais un autre homme partage l’essentiel de la vie de leur jeune fils. Le président de la République ne peut donc ignorer que l’enjeu est à double face.

Derrière le « statut du tiers », étrangement repris à son compte par Dominique Versini, défenseur des enfants, se profile une remise en cause assez radicale de la notion de parent, au profit d’une « parentalité » qu’on voudrait adaptée à toutes sortes de configuration de vie. Comme si c’était à l’enfant de toujours s’ajuster, comme s’il n’était pas temps de reconnaître en lui une victime des errances adultes. En réaction au discours présidentiel, Christine Boutin a mis en garde : « L’éclatement des familles et celui des repères pour les enfants ne doivent pas être accentués ».

Messages

  • Comment ne pas "avoir le vertige" en effet, ou pire, s’angoisser au spectacle d’une société qui semble ne plus vouloir ni même pouvoir se penser comme héritière de valeurs judéochrétiennes sur lesquelles s’est fondée notre civilisation ? Tout, il faut à présent le voir et le considérer bien en face, est, ou va être remis en question. Tout ! La famille la première.
    Il y a une sorte de marée, provoquée par la séduction démoniaque du relativisme, qui a emporté le bon sens et noyé la sagesse naturelle. A des esprits dont la conscience est si atrophiée, comment faire apparaître le danger de mort (désespérance, souffrances morales et violence contagieuses), malheureusement sous-estimé par un catholicisme optimiste, comment dénoncer "cet amour du néant et cette course au mensonge" ? (ps. 4) effrénés qui, pour mieux abuser les âmes, se parent des ornements des droits, de la liberté, du progrès et de l’humanisme ? Nous n’avons pas d’autre choix, en priant instamment, que d’entrer en résistance, coûteuse, et de s’opposer à cette culture de mort qui se propage pour tenter de détruire toute forme de vie et de respect de la vie inspirés par la Parole de Dieu. Merci à T.D. et F.C.

  • Jean-Frédéric POISSON, Député (UMP-FRS) des Yvelines et porte-parole du Forum des Républicains Sociaux réagit aux propos de Madame Nadine MORANO, Secrétaire d’Etat à la famille.

    "Je démens de manière catégorique les propos que me prête Madame Morano au sujet du projet de loi relatif aux droits des tiers.

    Je partage la volonté du Gouvernement de faciliter la vie quotidienne des familles. Pour autant, je ne serai jamais favorable à des dispositions pouvant instaurer de quelque manière que ce soit une reconnaissance juridique de l’homoparentalité.

    Ce propos cavalier de Madame Morano est une fort mauvaise manière, et cache mal la faiblesse du projet de loi sur ce point".

  • par Christian VANNESTE, député du Nord

    On sait bien que depuis fort longtemps maintenant, Nicolas Sarkozy emploie une tactique qui lui a été souvent heureuse, celle de la cible mobile : être là où on ne l’attend pas, ne plus être là quand l’opposition veut l’ajuster. Cette tactique a des limites. Lorsqu’il s’agissait de passer d’un feu de paille à un feu de joie pour faire avancer les idées de réformes nécessaires au pays, j’ai été le premier à m’en féliciter, y compris, par exemple, sur l’abolition de la double peine, idée bien perçue à gauche et qui avait le mérite de mettre fin à une situation incohérente sur le plan juridique et irréaliste dans les faits. En revanche, il ne faudrait pas que les feux de détresse qui s’allument depuis quelque temps à l’occasion des réformes manquées, bloquées en raison de leurs maladresses ou de la gravité du contexte, conduisent à des incendies mal maîtrisés, et d’autant plus mal qu’ils seraient exposés à un inopportun vent de gauche.

    Intervenant ce midi dans l’émission des Grandes gueules sur RMC, j’ai une fois de plus dû combattre avec fermeté une proposition d’autant plus mal-venue qu’elle combine le souci de complaire au très médiatique lobbie de “la cause homosexuelle” avec une remise en cause d’une institution essentielle à notre société, dont la solidité est gravement compromise, et dont la pérennité pour la solidarité sociale entre les personnes et entre les générations, notamment en période de crise, est plus que jamais nécessaire : la Famille fondée sur le mariage d’un homme et d’une femme, unis pour assurer l’éducation et le bonheur de leur(s) enfant(s), avec le souhait que ce modèle, dans son équilibre, suscite également chez eux le souhait de prolonger la vie et l’amour entre les personnes qui lui donne tout son prix.

    Curieusement, le lobbie a renoncé à son extravagante évaluation de naguère : il n’y a plus 350 000 enfants pour justifier une évolution législative. Il admet les chiffres de l’Ined que j’ai rappelés constamment : 30 000. Il s’agit d’une évaluation extrapolée de la situation d’un pays comme la Hollande, et il faudrait bien sûr obtempérer, il faudrait changer la loi, il faudrait casser le rapport entre la famille et la filiation, il faudrait introduire toute sorte de complications et de variations dans le temps dans la définition de l’autorité parentale, au risque de plonger les enfants dans le néant d’une vie dénuée de repères, de constance, soumise au pouvoir fugace des sentiments. L’argument est toujours le même : les faits existent, la loi doit s’y soumettre ! On pourrait aussi estimer qu’un certain nombre de familles polygames vivent sur notre sol et que la loi doit donc l’admettre… C’est une conception erronée, trop souvent énoncée par des juristes aux petits pieds comme une évidence. Lorsque l’évolution des mœurs va à l’encontre de l’Intérêt de la société, il est évidemment nécessaire d’y remédier par la loi. Dans les années 70, une grande tendance à la liberté sexuelle avait même conduit certains à considérer la pédophilie comme normale. On est heureusement revenu sur cette évolution : la loi condamne aujourd’hui plus sévèrement qu’hier la pédophilie.

    Il faut le rappeler : la famille est destinée aux enfants et à travers eux à la continuité de notre société. Elle n’a pas pour but de légitimer les sentiments, ni de satisfaire le narcissisme ou le besoin passager des individus.

    J’ai redit combien la loi sur le Pacs obtenue par une minorité d’une minorité avait nui à l’immense majorité et à la société elle-même en conduisant à un effondrement du mariage et en établissant des liens de plus en plus précaires dont les enfants sont les premières victimes, à la merci de la répudiation par lettre recommandée. Une loi est une règle générale et ne doit en aucun cas être fondée sur les intérêts ou les envies d’une minorité, si puissante soit-elle auprès des médias. La loi de mars 2002 laisse suffisamment de place au traitement équitable des cas particuliers. Il faut en rester là au nom du Bien commun et de l’avenir de notre société.

    Voir en ligne : http://www.christianvanneste.fr/?p=...

  • PARIS (AFP) — Un avant-projet de loi sur les droits des beaux-parents reconnaît pour la première fois la famille homoparentale, et suscite une vive polémique au sein de la majorité, Christine Boutin s’élevant contre "une façon détournée" de reconnaître l’homoparentalité.

    Le texte relatif à "l’autorité parentale et aux droits des tiers", actuellement soumis au Conseil d’Etat, répond à un engagement de campagne de Nicolas Sarkozy, qui souhaitait "un statut du beau-parent, valable pour les familles recomposées et homoparentales".

    Voir en ligne : http://www.lepoint.fr/actualites-so...

  • Non à une loi qui donne des droits aux « faux-parents » sur les enfants des autres ! Michel Joblot – 04/03/09

    Nul doute que le lobby des « homo, lesbiennes et bi... » est mobilisé pour répandre sa propagande sur la toile.

    Les "témoignages édifiants" sans aucun contrôle possible sur leur véracité "ne mange pas de pain" et servent si bien la cause !

    Les militants savent très bien argumenter en jouant sur l’émotionnel, sur l’amour !

    Mais l’amour n’a pas besoin de loi pour se prouver, et la société n’a pas a se mêler de nos histoires d’amour, ni a juger de leur nature ou de leur qualité ; que ce soit dans le cas d’un beau-parent et de l’enfant de son conjoint ou entre deux hommes ou deux femmes.

    Le sujet n’est pas l’amour, mais l’effacement, l’occultation, l’expulsion d’une partie de la filiation d’un enfant.

    Il n’est pas uniquement question d’amour, mais d’origine et de lien.

    Personne ne dit que tous les parents aiment leurs enfants, mais simplement qu’ils en sont la source, et qu’à ce titre la société n’a pas le droit (sauf pour des raisons déjà prévues dans la loi, pour le protéger) de lui en substituer un autre.

    On ne choisit pas ses parents, et c’est tant mieux.

    On ne devrait pas choisir ses enfants (car ce ne sont pas des objets ou des animaux de compagnie), certains voudraient qu’il n’y ait aucun frein à leur désir : on sait que c’est une folie !

    Mais les enfants « gâtés » (à tous les sens du terme) de 68 en sont toujours au slogan funeste : "il est interdit d’interdire !".

    Pour que leurs désirs, de pseudopaternité ou pseudomaternité, deviennent des droits, ils militent, avec beaucoup de moyens et de relais médiatiques, pour que la loi impose des « parents » aux enfants, en substituant une « parentalité » (mot inventé à dessein pour servir « la cause ») à la vraie parenté.

    Non à la loi qui satisfait les désirs des « faux » au détriment des « vrais ». Non à la loi qui délie, efface et exclut les pères et les mères. Non à la loi qui impose des conjoints comme parents (beaux ou pas beaux), aux enfants, au seul prétexte que ceux-ci s’accouplent avec leur père ou leur mère.

    Les enfants n’ont pas choisi leurs parents, pas plus leurs beaux-parents.

    La loi n’a pas à imposer le faux comme si il s’agissait du vrai.

    La loi n’a pas à se mêler des histoires d’amour. Surtout quand elles sont multiples !

    Il est compréhensible que Monsieur Sarkozy veuille imposer une loi, instituant des droits pour les amants sur les enfants des autres.

    Il n’a pas attendu la loi (c’est vrai qu’il a l’habitude d’anticiper), pour s’approprier, au bout de quelques mois (jours ?), l’enfant du père de sa compagne !

    Ce qui a donné cette photo terrible, à Petra, de l’enfant de Raphaël Enthoven, sur les épaules de l’amant de sa mère, qui se cachait les yeux !

    Vous imaginez les sentiments de son père devant ce spectacle affligeant et scandaleux ? Vous imaginez les sentiments de l’enfant ?

    Oui, Monsieur SARKOZY est "moderne", quand il fait en sorte de transformer ses désirs en droits ! mais où mène cette "modernité" ?

    Père ayant eu plusieurs femmes dans sa vie, il veut se faire voter des lois "à usage personnel" et Nadine Morano, en bon petit soldat, est chargée de l’habillage !

    J’espère que nous serons nombreux à nous mobiliser contre ce projet scandaleux !

  • Diane David, Responsable des Jeunes Populaires des Yvelines

    Et l’ensemble de l’équipe de l’UMP

    Vous convient à un débat sur le thème

    « L’avenir de la famille : la question de l’homoparentalité »

    Avec
    Béatrice Bourges
    Membre du Comité départemental
    Conseiller National de l’UMP
    Auteur de :
    L’homoparentalité en question Et l’enfant dans tout ça
    Editions du Rocher – Mai 2008

    et

    Stéphane Dassé
    Ancien président de GayLib
    Porte parole de GayLib
    Conseiller exécutif de l’UMP

    Le vendredi 13mars 2009 dès 20H00
    MAIRIE du Vésinet
    (56, Boulevard Carnot, 78110 Vésinet)
    Accès transport : RER A

    Réponse souhaitée par mail à : dianehermes@hotmail.com

  • A l’occasion du débat autour du projet de loi sur l’autorité parentale qui évoque pour la première fois un statut du beau-parent pour les couples du même sexe – statut impliquant de nouveaux droits sur l’enfant (scolarité, santé, religion, etc.) -, l’Ifop rappelle la position des Français sur le sujet mesurée dans une enquête réalisée en juillet dernier pour LeJDD.fr.

    1. Le droit d’adopter pour les couples homosexuels est défendu par une majorité des Français (51%) pour la première fois depuis que l’Ifop les interroge sur ce thème. La percée de cette question depuis juin 1996 (37% de Français favorables cette année là, puis en juin 2003 et 49% en mai 2004) se confirme et atteste d’une évolution qui se renforce avec le temps. Les jeunes adultes comptent parmi les principaux soutiens à cette mesure (61% des 25-34 ans notamment) alors que chez les plus âgés, les jugements s’avèrent plus contrastés voire défavorables : seulement 42% des plus de 65 ans adhèrent à ce nouveau droit. Sur cette question on observe également un clivage politique entre les personnes ayant voté pour Ségolène Royal (favorables à 62%) et François Bayrou (51%) d’une part et ceux ayant voté pour Nicolas Sarkozy (38%).

    2. Neuf ans après l’adoption de la loi sur le PACS, les Français se montrent très majoritairement favorables au mariage homosexuel (62%). A cet égard, ils n’étaient que 48% a y être favorables en juin 1996. Si ce soutien majoritaire au mariage homosexuel se vérifie sein de la plupart des catégories de population interrogées, deux clivages persistent sur le sujet : Un clivage générationnel : 70% des personnes âgées de 35 à 49 ans se déclarent favorables au mariage entre personnes du même sexe contre 45% des 50-64 ans. Ce sont les jeunes adultes (25-34 ans) qui se montrent le plus ouverts sur ce sujet (à 77%) ; Un clivage politique. Les électeurs de Ségolène Royal au premier tour de l’élection présidentielle de 2007 défendent ce droit à hauteur de 80%. Plus en retrait mais néanmoins favorables à ce type d’union (à 63%), les personnes ayant soutenu François Bayrou se démarquent par un score proche de la moyenne nationale. Enfin, les électeurs de Nicolas Sarkozy apparaissent particulièrement divisés : 49% soutiennent le mariage homosexuel, 51% y sont opposés.

  • L’édito politique - Claude ASKOLOVITCH

    Europe 1 - jeudi 5 mars 2009 - 7h44-7h48

    […]

    Marc-Olivier Fogiel : Nicolas Sarkozy s’est fâché hier en conseil des ministres contre Christine Boutin. Sa ministre du Logement était partie en guerre contre un projet de loi qui reconnait donc les couples homosexuels, Claude.

    Et le président de la République a peut-être porté un coup décisif à l’homophobie en politique, un coup décisif à la détestation des homosexuels dans ce pays.

    De quoi s’agit-il ? Dans un projet de loi qui veut donner des droits aux beaux-parents, c’est-à-dire aux adultes qui élèvent des enfants qui ne sont pas les leurs, Nadine Morano, secrétaire d’Etat à la famille, mentionne de manière explicite et délibérée les couples composés d’adultes de même sexe.

    Christine Boutin se bat depuis toujours contre le couple homosexuel et elle avait parfaitement raison de protester, de son point de vue. Mais voilà, le projet de Nadine Morano, c’est celui de tout le gouvernement et c’est un engagement de la campagne présidentielle de Nicolas Sarkozy. Si Christine Boutin ou qui que ce soit avait oublié que ce président de droite est aussi un réformateur moderne, on s’en souvient aujourd’hui.

    Et son engagement est décisif, vous diriez ?

    Oui, parce qu’il faut regarder d’où l’on vient.

    Il y a juste 10 ans, la haine des homosexuels s’était exprimée lors du débat sur le Pacs. On avait entendu le député UMP Jacques Myard, qui est toujours élu, comparer les homosexuels aux zoophiles. Un sénateur avait rebaptisé le Pacs : « Pacte de contamination sidaïque ».

    En 2006, il y 3 ans, il y avait encore plus de 200 parlementaires UMP pour signer une pétition contre l’homoparentalité et, parmi eux, on trouvait l’actuel ministre du Budget, Eric Woerth ou, évidemment, Madame Boutin.

    Nicolas Sarkozy bouscule une très vieille culture et que son soldat s’appelle Nadine Morano, ça montre le chemin parcouru.

    Morano, c’est l’antithèse des politiques de salon, c’est l’incarnation d’une droite populaire, de province sans complexe. Elle revendique sa foi catholique. Les lectures de la Bible de Madame Boutin ne l’impressionnent absolument pas.

    Mais Nadine Morano n’est pas dans l’idéologie : il y aurait 30 000 enfants qui grandissent aujourd’hui en France dans des familles homosexuelles [au minimum, ouais] et ces enfants ont les mêmes droits que les autres et, donc, les adultes qui les élèvent ont les mêmes droits que les autres. Le bon sens, parfois, c’est révolutionnaire.

    Et l’intervention du président va suffire à clore le débat, Claude ?

    C’est toute la question de l’autorité du chef de l’Etat sur une droite plus conservatrice.

    Christine Boutin a une vision sacrificielle de son rôle. Elle est montée au créneau, elle s’est faite recadrer mais elle a donné le signal à ses amis au parlement. On a déjà entendu hier le député de Saône-et-Loire, Jean-Marc Nesme, accuser Nadine Morano d’avoir cédé au lobby homosexuel.

    Il va y avoir de l’agitation dans les rangs des députés de droite et une mobilisation contre ce texte au nom des valeurs traditionnelles avec l’espoir, chez les anti-homosexuels, de faire reculer le pouvoir, comme dans le débat sur le travail du dimanche et hier, c’était intéressant, le chef des députés UMP, Jean-François Coppé, a soigneusement évité de se prononcer.

    Le texte n’est pas encore au stade du débat parlementaire mais, s’ils le veulent vraiment, Sarkozy et Morano pourront faire passer leur projet en s’appuyant sur toute la gauche et sur une partie de la droite.

    On a déjà vu ce type d’alliance sur l’avortement en 1975 mais, à l’époque, une certaine droite n’avait jamais pardonné son courage à Valéry Giscard d’Estaing.

    Voir en ligne : http://www.europe1.fr/popup/reecout...

  • Protégeons l’enfant des bricolages procréatifs

    Le débat qui vient de s’ouvrir à propos du statut du beau-parent révèle un enjeu majeur de la prochaine révision des lois bioéthiques.

    Pour l’Alliance pour les Droits de la Vie la question de société posée est cruciale : c’est celle du choix entre le droit à l’enfant et le droit de l’enfant. Nous assistons déjà au contournement des lois bioéthiques par des « bricolages » procréatifs. Sommes-nous conscients que les maternités françaises sont conduites à prendre en charge des naissances de nouveau-nés qui ont été délibérément conçus sans père (par insémination à l’étranger) ou dans la perspective d’être partagés entre, d’un coté deux hommes et de l’autre, deux femmes qui se sont « arrangés » ? Ces enfants subissent pour certains, dès leur tout jeune âge, la « garde alternée » qu’ont programmée ceux qui les ont conçus. Certains groupes ne cachent plus leur intention de profiter d’un statut du tiers pour officialiser ce type de construction, sans reconnaître que l’enfant nait d’un père et d’une mère, et non pas de deux mères ou de trois voire quatre « référents parentaux ». Les mêmes organisations militent pour que les personnes seules ou vivant avec une personne du même sexe aient un droit à l’assistance médicale à la procréation (AMP), détournant les techniques jusqu’ici réservées aux personnes infertiles vers une l’AMP « de convenance », sans prise en compte de l’intérêt de l’enfant.

    Il serait d’abord sage de mesurer les perturbations subies par les enfants, telles que psychiatres et psychologues les constatent, par des études fiables indépendantes des groupes de pression.

    C’est au nom des droits de l’enfant et du principe de précaution que l’Alliance pour les Droits de la Vie met solennellement en garde contre toute tentative de cautionner ces dérives bioéthiques par une loi accordant un statut à des tiers injustement investis d’une autorité parentale.

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