Une laïcité combative

par Gérard Leclerc

jeudi 22 octobre 2020

© Pascal Deloche / GODONG

Le président de la République veut «  plus d’actes et moins de paroles », à l’égard de l’islam radical. La pression de l’opinion publique y est pour quelque chose, l’assassinat de Samuel Paty ayant marqué une étape. On ne comprendrait pas que le pouvoir tergiverse, alors que la menace est patente et présente sur de larges portions du territoire. Qui aurait pu prévoir que la paisible commune de Conflans-Sainte-Honorine aurait été le lieu d’un drame aussi épouvantable ? Le pouvoir est contraint de revoir ses logiciels et notamment celui de la laïcité. C’est une thématique que j’ai souvent abordée ici-même, mais la perspective historique que je prenais s’est trouvée démentie par l’évolution d’une société qui n’est plus celle du début du XXe siècle.

Sans doute y avait-il alors une situation conflictuelle qu’une loi de combat aurait pu aggraver. Mais précisément, par la volonté de quelques uns, le législateur a préféré l’apaisement, en définissant les termes d’un compromis que l’Église catholique a fini par avaliser. Nous n’en sommes plus là, car non seulement la situation est redevenue conflictuelle, mais c’est plus que cela. On doit parler de situation de guerre liée à une conjoncture du choc des civilisations. Oui, cette expression si controversée de Samuel Huntington s’impose désormais, et il faut en tirer toutes les conclusions.

Il est donc question de congédier les dirigeants de l’Observatoire de la laïcité, cet organisme de conseil, qui sous la direction de Jean-Louis Bianco, avait établi une ligne de conduite plutôt libérale, soucieuse de faire participer les musulmans au consensus de conciliation de 1905. Mais ce n’est plus d’actualité, et il s’agit de réorienter désormais l’action publique contre cet islamisme dur, en fournissant en armes notamment l’institution scolaire aux prises avec une tâche impossible. Mais ainsi, c’est toute la société et tout un pays qui se trouvent sommés d’entrer dans la cuirasse de la combativité.

Chronique diffusée sur radio Notre-Dame le 22 octobre 2020.

Messages

  • Une laïcité combative ?
    Une laïcité éducative ?

    Le propos concerne l’enseignement de toute origine.

    - Il est aussi ô combien du destin de l’islam à proprement parler car l’enjeu premier de la communauté musulmane se joue dans cette compréhension en interne de leur avenir.

    Nous avons oublié le cours du XIX ème siècle passé pour l’Eglise catholique et ses rapports tendus avec le pouvoir public.
    - A propos des Statistiques des couvents et communautés féminines sur le sol national.

    Par trop nombreuses pour les uns, sans aucun statut juridique et exerçant dans les bienfaisances et les ouvroirs auprès des enfants de France ?

    - Les évaluations statistiques de ces sujets "d’une armée occulte" comme on disait alors dans les cercles du pouvoir donnaient du souci aux autorités.

    Fallait-il les réduire ?
    - Supprimer les couvents ? Le Concordat y était favorable.
    Sinon faire l’addition comptable de ces dizaines de milliers de religieuses mal connues, à risque demeurait pour certains, et suspectes de prosélytisme ?

    L’histoire ne se comprend que par comparaison.
    Le Présent avec le passé.
    - Les musulmans de la république connaitront de toute évidence les mêmes codes, les mêmes règlements, les mêmes contraintes que l’Eglise catholique il y a deux siècles.

    Il fallut s’y résoudre non sans résistance.
    - Les expulsions, les confiscations des couvents, les inventaires suivirent.
    Mais le retour se fit et l’on poursuivit le travail social, sanitaire, éducatif des enfants de la nation, sans fausse pudeur, sans fierté, sinon le vouloir partager du bien commun.

    - L’exercice du pouvoir a en la matière la main sur les décisions légitimes et utiles en ce présent pour le règlement des problèmes.

    Trop d’autorité tue l’autorité.
    Le diffus et l’approximatif renforcent les résistances.

    On pensait en avoir fini avec les religions comme des dépôts du passé de l’humanité.
    On découvre à nouveau leur survivance comme un facteur de vitalité possible pour le pays.
    Il faut pour ce faire renoncer aux a - priori néfastes et réducteurs.

    - Partager la confiance commune, la quête des dialogues et des concours mutuels des fidèles et "des sceptiques " pour avancer ensemble.
    Mais on revint de loin pour engager cette étape neuve de la vie sociétale en France.

    - Et pourtant aucune autre solution autoritaire ne permettra de résoudre les menaces d’intelligence partagée avec ces autres français qui vivent sur le sol national, avec leurs cultures, et leurs conceptions spirituelles de la citoyenneté.
    L’expérience passée de l’église catholique peut apprendre sur le temps à venir, sans volonté de moraliser la méthode, sinon expliquer et expliquer encore qu’il en vaudra de l’avenir, sans brutalité, sans violence inutile et dévastatrice de la nature proprement religieuse de toute vie apaisée et raisonnée en société.

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