Édith Royer

Une âme choisie par le Sacré-Cœur

par Marie-Gabrielle Leblanc

mercredi 16 octobre 2019

Mosaïque de Luc-Olivier Merson, achevée en 1923, avec la collaboration d’Henri-Marcel Magne.
CC by-sa : Didier B

Restée dans l’ombre, Édith Royer est l’une des trois personnes à l’origine de la construction de la basilique. Par la prière et la pénitence.

Elle n’est pas représentée sur la mosaïque du chœur de la basilique, à droite avec les initiateurs du Vœu national. Et elle est bien moins célèbre que sainte Marguerite-Marie. Cette épouse et mère de quatre filles, bénéficiaire d’expériences mystiques et d’apparitions du Christ, est pourtant l’une des trois personnes dont l’impulsion, parallèlement à l’action de Legentil et son beau-frère Rohault de Fleury, a permis l’érection de la basilique du Sacré-Cœur. Édith Royer (1841-1924), plus connue sous le nom de Madame Royer, appartenait à la haute bourgeoisie bourguignonne avec son mari Charles, avocat à Dijon. Jeune, elle était fort jolie avec ses cheveux bruns coiffés en bandeaux lisses selon la mode du Second Empire. Elle concilia une vie d’épouse heureuse et de mère, malgré une faible santé, avec les phénomènes mystiques qui furent reconnus par son évêque dès 1879.

Le Christ en tant que Sacré-Cœur lui apparut dès l’âge de 6 ans, mais surtout à partir de 1870, et lui annonça les malheurs de la France. Il lui demanda de diffuser Son image avec les vêtements d’un blanc éblouissant et les bras étendus, telle qu’elle est représentée à Montmartre, «  pour nous montrer son ardent désir de nous réunir dans son Cœur  », image différente de celle de Paray-le Monial où Il montre son Cœur. Sainte Marguerite-Marie lui apparut pour lui confirmer cette demande du Christ, et apaiser ses hésitations sur l’orthodoxie de cette nouvelle iconographie.

Jésus lui avait demandé le silence sur sa propre personne, qui ne sortit de l’ombre qu’à son décès à 82 ans, en 1924, la basilique étant alors achevée et consacrée. C’est en 1928 que la revue Montmartre révéla son rôle et ces apparitions. Elle avait le don de prophétie et annonça le désastre de 1870, les persécutions religieuses de 1905, la guerre de 14-18 et celle de 39-45, y compris l’occupation allemande.

Elle fonda en 1872, à la demande du Christ, la confrérie «  Prière et pénitence  » – qui existe toujours – pour permettre aux personnes dans l’impossibilité d’aller adorer à la basilique du Sacré-Cœur, soit par la distance géographique, soit par la maladie, de prier en union avec Montmartre et d’offrir leurs souffrances pour la conversion du monde. Cette association, approuvée par Léon XIII, s’est répandue jusqu’aux États Unis et au Canada.

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