Une Église d’attestation

par Gérard Leclerc

jeudi 21 mai 2020

Messe aux Invalides avec le pape Benoît XVI, 2008.
© Philippe Lissac / GODONG

La réouverture des églises paraît être maintenant un objectif prochain. La Pentecôte, sans doute, verra à nouveau la communauté des fidèles rassemblés, même si c’est dans des conditions particulières. Ce n’est pas encore le cas, hélas, aujourd’hui, pour cette belle fête de l’Ascension que nous célébrons. Mais l’heure est peut-être venue de changer quelque peu l’orientation de notre réflexion, en passant d’une attitude de juste revendication à une attitude de méditation et d’attestation. Les chrétiens ne forment pas une sorte de syndicat, ne défendant que le juste exercice du culte auprès des pouvoirs publics, ainsi que le remarquait justement Jean-Marie Guénois, chroniqueur religieux du Figaro. Ils ont à témoigner de ce dont ils vivent. Et pour reprendre l’expression de la première lettre de saint Pierre, ils doivent toujours être prêts à rendre compte de l’espérance qui est en eux, avec douceur et respect.

Voilà qui devrait être en dehors de toute controverse dans l’Église, bien au-delà des disputes auxquelles on a pu assister ces derniers temps. Et de ce point de vue, le cardinal Robert Sarah sera difficilement contré par ceux qui manifestent souvent de l’opposition à son égard. Sans doute n’abandonne-t-il rien de la radicalité de la foi, mais sans cette radicalité, on ne se raccroche qu’à un pâle humanisme. Évoquant la situation de désarroi d’une société affaiblie par l’épreuve de la mort, le cardinal plaide pour une parole claire de foi et d’espérance, sans laquelle « le monde peut sombrer dans une culpabilité morbide ou dans une rage impuissante face à l’absurdité de sa condition » (Le Figaro du 20 mai).

Le cardinal Sarah est encore incontestable lorsqu’il affirme : « Le coronavirus a frappé les sociétés occidentales au point le plus vulnérable. Celles-ci avaient été organisées pour nier la mort, la cacher, l’ignorer. Elle est rentrée par la grande porte. » Voilà qui implique pour l’Église un réexamen de sa pastorale et de sa prédication. Ce qui suppose un investissement théologique et spirituel, dans la grande tradition ecclésiale, sans cesse provoquée par de nouvelles interrogations comme l’a bien montré un historien comme Philippe Ariès et aujourd’hui, à sa suite, un Guillaume Cuchet.

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 21 mai 2020.

Messages

  • Comme chrétiens nous ne formons pas un syndicat, le reproche est infondée nous constatons , c’est tout et la mauvaise foi évidente des autorités pour ne pas dire hostile et l’absence de réactions à ce déni de justice. Où est le syndicat là dedans ? Où est l’avantage matériel ou autre que nous cherchons ?Nous constatons un point c’est tout. , maintenant, qui nous a abandonnés ? ( au plus haut niveau dans l’Église ? ) Maintenant nous n’idolâtrons pas la dimension sanitaire, cette idolâtrie fait mal aux chrétiens, privés des derniers sacrements, abandonnés à leur désespoir avec des messes télé un peu éthiques à mon goût, mais cette idolâtrie citoyenne elle fait aussi mal aux non chrétiens, qui ont aussi besoin de donner sens à leur vie et de voir plus loin que notre hélas trop célèbre ministre de la Santé. Là aussi l’église a un rôle social dynamique , ne pas tomber dans la névrose absurde des risques, qui tuent la vie.....

  • Un virus invisible a l’oeil nu aurait donc attaqué le monde à l’échelle planétaire prenant de surprise les autorités politiques, scientifiques, médicales et autres instances. En général, ce que les citoyens "savent" sur tel et tel et tel sujets arrive par la presse écrite, JT et débats télévisés, radio, internet et autres. Se sont multipliés sur les plateaux télé discours et débats d’experts et spécialistes prodiguant de précieux et très nombreux conseils pour se protéger de ce virus "mortel" qu’ils avouent, cependant, ne pas connaître... Et n’ont pas manqué, devant les téléspectateurs médusés, critiques acerbes, pugilats verbaux et même une attaque contre un Nobel de Médecine. Seule ambiance calme : tous les soirs vers 19h s’invitait l’"instant décompte" où étaient consciencieusement égrenés les nombres de contaminés, de malades en réa et enfin celui des décès. A ce sujet quelqu’un a même dit que si, par bonheur, on risquait d’échapper au méchant coronavirus, il y avait par contre de fortes chances de mourir de peur. Bref, durant tant d’heures passées au chevet des victimes, on ignorait tout ce qui se tramait d’autre dans le monde.

    Sur un autre plan, il existe des faits qui ont lieu mais qui restent ignorés du grand public : telle démarche auprès des autorités, telles entrevue et discussion entre politiques et religieux, tel "coup de poing sur la table". Enfin une bonne nouvelle : après avoir été privés de la Pâque en assemblée, demain dimanche 24 mai les catholiques se rendront à l’église pour participer à la messe. Alléluia !

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