Un Quiz sacerdotal en trois questions

jeudi 1er octobre 2009

Merci aux « Béatitudes »

Quelle ville de France a vu depuis le 27 septembre plus que doubler le nombre de ses habitants ?

Si vous savez répondre à cette question, c’est que vous suivez l’actualité d’un événement qui ne fait pas de bruit mais qui risque de changer la face de bien des choses.


Autre question : Comment transformer une église souterraine en chambre haute ?

Ou bien : Quelle église de France accueille aujourd’hui ensemble les reliques d’un grand saint et d’un docteur de l’Eglise ?


Les deux saints et les prêtres

Oui, vous avez gagné ! Nous sommes à Ars, en ce jeudi 1er octobre, pour la retraite sacerdotale internationale organisée pour quelque 1200 prêtres, évêques et cardinaux, de plus de 70 nations, dans le cadre de l’Année sacerdotale donnée à l’Eglise par Benoît XVI.

Les laudes de matin ont commencée par une procession conduite, en cette église souterraine Notre Dame de la Miséricorde, par Mgr Thomas, des Etat-Unis. Revêtu d’une chape d’or et de rouge, et entouré de deux diacres aux dalmatiques des mêmes feux, l’évêque suivait l’urne des reliques de sainte Thérèse, portée par quatre prêtres. Elle a été déposée à la droite, au pied de l’autel, à côté du reliquaire du cœur du saint curé d’Ars, et sur un tapis de pétales de roses.

Grace aux liturges de la Communauté des Béatitudes, on entre dans la joie d’une liturgie très soignée jusque dans les détails, sans être jamais guindée, comme l’aimait le curé d’Ars qui voulait le plus beau pour le Bon Dieu.

Quelle merveille que cette présence de Thérèse au milieu des prêtres de Chine et de Birmanie, du Vietnam, des Iles Samoa, du Brésil et du Cameroun, de Côte d’Ivoire, du Mexique et de Pologne, de toute l’Europe, de France, de Belley Ars.

Pendant la messe, chaque matin, l’église souterraine est transformée en chambre haute, en immense Cénacle. Mais spécialement aujourd’hui, ce jeudi, qui sera marqué par un lavement de pieds, et le renouvellement des promesses sacerdotales pendant la messe présidée par le cardinal Christoph Schönborn, archevêque de Vienne et prédicateur de cette retraite inouïe.

Que dire ? Cette retraite, du 27 septembre au 3 octobre, s’est ouverte par le message vidéo de Benoît XVI apporté par le cardinal préfet de la congrégation romaine pour le Clergé, le Brésilien Claudio Hummes.

Je voudrais m’arrêter à un détail, puisque le petit bout de la lorgnette est ma spécialité.

Les applaudissements des foules
Un jour, à Rome, un ami m’a suggéré d’observer, Place Saint-Pierre, les réactions de la foule, et spécialement les moments où le bon Peuple de Dieu, habité par sn Esprit Saint, interrompait Jean-Paul II par des applaudissements, pour les noter précieusement : les foules des baptisés sont intelligentes. Les écouter est instructif.

A Ars, la foule des retraitants – revêtus de l’onction indélébile de leur ordination - a déjà applaudi a plusieurs reprises.

Nous avons applaudi Cathy Brenti et toute son équipe de la Communauté des Béatitudes : une expérience humaine et spirituelle longue, profonde, rodée, qui leur permettent ce tour de force, paisiblement, avec ce tact affiné dont parle saint Paul.

Nous avons applaudi le cardinal Schönborn, souvent, mais spécialement lorsqu’il a voulu, selon son expression « plaider pour la vocation des jeunes », car « c’est beau de donner sa vie à Jésus dès 18 ans, 19 ans : ne décourageons pas les jeunes si Jésus les appelle ! »

Ila fait observer que « cheminer avec Jésus la meilleure école de vie » et en revanche si l’on dit au jeune « va d’abord dans le monde », te faire une expérience, on risque de voir « des vocations qui s’effritent, se cassent, parce qu’on a pas eu le courage de les appeler ».

Une autre confidence du cardinal Schönborn a suscité des applaudissements spontanés : le cardinal Stanislas Dziwizsh, archevêque de Cracovie, espère la béatification de Jean-Paul II.

Le programme

Lundi, la journée était consacrée au ministère et à la vie sacerdotale. Les habitants d’Ars ont offert une représentation exceptionnelle sur la vie du curé d’Ars, son exemple et son enseignement.

Mardi, la journée invitait à aller « aux sources de la miséricorde », avec le curé d’Ars, avec sainte Faustine Kowalska, avec Thérèse de Lisieux. La messe a été présidée par le cardinal Vingt-Trois, archevêque de Paris, président de la conférence des évêques de France. L’évêque de Belley-Ars, Mgr Guy Bagnard a évoqué le curé d’Ars, témoin de la miséricorde.

Mercredi, le cardinal Schönborn a évoqué le combat spirituel et spécialement le combat pour la prière qui constitue « un bonheur », et pourtant le grand combat de la vie du prêtre – et du baptisé : il a invité les prêtres à revenir à la prière dans la « confiance » et en prenant garde aux pièges de la solitude et des moyens de communications mangeurs de temps.

Deux mères de famille, Emir Nogeira, de la communauté Shalom, au Brésil et Patti Mansfield, des Etats-Unis, ont évoqué les points concrets du combat spirituel du prêtre et ses blessures. Beaux exemples de maternité spirituelle ! Patti Mansfield a demandé pardon aux prêtres pour toutes les fois où ils ont été blessés par une femme qui a oublié d’être Marie pour eux.

Aujourd’hui, c’est comme un Jeudi Saint à Ars. Le cardinal Schönborn parle de l’Eucharistie – qui donne tout son sens au sacerdoce -. Son entretien sera suivi de l’adoration et d’une prière pour le renouvellement de l’effusion de l’Esprit sur l’assemblée.

Jean Vanier - que le cardinal salue dans son entretien et que la foule applaudit ! - introduira au lavement des pieds mutuels.

L’après-midi sera marquée par la procession du Saint-Sacrement dans les rues d’Ars.

La journée de vendredi sera consacrée à la prédication et à la mission, et samedi, la dernière matinée sera vécue « avec Marie, au cœur de l’Eglise ».

Vous, laïcs, vous souhaiteriez être ici, à Ars – comme certains de nous, privilégiés par notre travail ? – vous le ouvrez, en France, en Europe, et en Afrique de l’Ouest, en direct sur une radio, une « présence catholique sur les ondes » (Radio Espérance permis à des personnes de suivre la retraite dans 17 pays par Internet, par exemple le Japon, l’Ile Maurice, le Gabon, le Rwanda, la Slovaquie, le Canada, le Texas, le Brésil).

Israël, nos racines

Et je finirai sur les applaudissements de ce matin. Le cardinal Schönborn a demandé instamment aux prêtres de rejeter la tentation qu’il a notée dans son diocèse soit d’omettre les lectures de l’Ancien Testament, soit de les remplacer par une autre lecture…

« Jamais nous ne nous passerons de nos racines juives, de l’Ancien Testament (…). Je vous supplie, ne tombez pas dans le piège de considérer d’autres écrits qui comme substituts de l’Ancien Testament. Nous n’avons qu’un Ancien Testament et l’histoire de Dieu avec son peuple est l’historie de la Révélation. Nous devons retourner vers nos racines, vers le mystère d’Israël, qui est la garantie que nous prenons au sérieux le chemin de l’Incarnation. Ce petit peuple a été choisi par Dieu pour que passe par lui la bénédiction de toutes les nations ».

Merci à la communauté des Béatitudes pour cette retraite, et pour ce témoignage de la permanence d’Israël au milieu de nous, cet olivier sur lequel nous avons été greffés : le cardinal Schönborn a cité les chapitres 9 à 11 de l’Epître de Paul aux Romains.

Le silence et el chemin du ciel

« Comment éviter, a aussi demandé le cardinal Schönborn, que nous-mêmes soyons pris par l’engrenage de la routine lorsque l’on doit parfois célébrer plusieurs fois dans la journée ? Comment garder la fraîcheur des célébrations ? Par de petits moments de concentration de prière, de recueillement, par exemple juste après avoir dit : prions ».

Pour le prêtre qui a du mal à se recueillir avant la messe : au moins au moment de revêtir les ornements liturgiques, amict, aube, étole, cordon, chasuble, silence de recueillement pour dire les prières faites pour ce moment-là. Et puis s’il n’est mangé par la paroisse et ne peut faire son action de grâce après la messe, il peut la faire après la communion : la chorale peut observer un silence à ce moment-là.

Enfin, la vie est brève, a rappelé le cardinal viennois. Une sociologue allemande a pu dire : « Les gens du moyen âge vivaient bien plus âgés que nous. Nous, on vit 90 ans et c’est fini, les gens mu moyen âge vivaient 30 ans plus l’éternité, ça change tout ».

Et de demander : « Est-ce que nous nous réjouissons réellement de la perspective d’aller au ciel ? Est-ce que nous le désirons, est-ce une réalité qui nous aide, est-ce que nous en parlons, est-ce que nous annonçons la vie éternelle, le bonheur du ciel ? »

« Tu m’as montré le chemin d’Ars, je te montrerai celui du ciel », a dit le Monsieur Vianney au petit berger qui lui indiquait la direction du village, dans la brume.

Natalia BOTTINEAU

Voir toutes les photos sur le site

www.anneedusacerdoce.org

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