Un Polonais canonisé le 17 octobre 2010 ! Ou l’héritage de Jean-Paul II

par Natalia Bottineau

samedi 20 février 2010

La rumeur ne s’était pas complètement trompée : un Polonais sera canonisé le 17 octobre 2010 à Rome : le bienheureux Stanislas Sołtys (Kazimierczyk), qui a été chanoine régulier du Latran (1433-1489). C’est Jean-Paul II qui l’avait béatifié en 1993. Mais Jean-Paul II lui-même ne sera donc pas béatifié, ce 17 octobre 2010 ? !

La rumeur avait pensé que la célébration pourrait marquer l’anniversaire 2010 du départ de Jean-Paul II, mais c’est en carême. Autre hypothèse : le dimanche de la miséricorde 2010, mais c’est trop court, pour un événement mondial ! Et le présumé «  miracle  » est encore soumis à l’examen des commissions ad hoc.

La rumeur avait donc évoqué l’anniversaire de l’élection au siège de Pierre – le 16 octobre 1979 – , et suggéré le dimanche 17 octobre 2010. Les plus prudents avaient même réservé un train ou un logement.
Mais ce vendredi 19 février, Benoît XVI a présidé un consistoire ordinaire pour six causes de canonisation : il a fixé la célébration de ces canonisations au 17 octobre 2010. On attendait un bienheureux, le Saint-Père donne à l’Église six nouveaux saints pour éclairer son chemin vers la sainteté.

Ce sont un prêtre, un religieux et quatre religieuses. Cinq d’entre eux ont été béatifiés par Jean-Paul II, quatre ont servi l’Église et le monde au XIXe siècle au Canada, en Australie, en Espagne et en Italie, deux au XVe siècle, en Pologne et en Italie : la prière des saints continue d’obtenir des miracles des siècles après leur «  naissance au ciel  » ! Le pape avait reconnu ces miracles en approuvant les décrets de la congrégation pour les Causes des saints, les derniers en décembre 2009.

Cela nous donne une indication : neuf mois entre la reconnaissance d’un miracle et la célébration de canonisation… Et pour Jean-Paul II, le miracle n’a pas encore été reconnu.

Mais qu’est-ce qu’un consistoire ordinaire ? C’est une célébration liturgique de la Parole, autrement dit, l’annonce des nouveaux saints a lieu au cœur de la prière de l’Église. Ce consistoire a eu ceci de particulier qu’il était retransmis par la télévision catholique canadienne «  Sel & Lumière  ». En effet, l’un des plus connus de ces nouveaux saints est le bienheureux canadien fr André Bessette (1845-1937), religieux de la Sainte-Croix apôtre de saint Joseph et capable d’obtenir par sa prière plus de 400 miracles en un an ! Montréal doit à «  frère André  » sa basilique en l’honneur de St Joseph ; Jean-Paul II l’avait béatifié en 1982. C’est un saint patron idéal au moment où le cardinal Franc Rodé vient d’annoncer un document de la congrégation romaine pour la vie consacrée pour remettre en valeur la beauté de la vocation de «  frère laïc  » !

L’Australie aussi jubile, avec la prochaine canonisation de la première sainte du continent, Marie de la Croix MacKillop (1842-1909), fondatrice des Sœurs de Saint-Joseph du Sacré Cœur. Jean-Paul II l’avait béatifiée à Sydney en 1995 : la JMJ de Sydney, en 2008, l’avait choisie pour sainte patronne !

Leurs compagnons de canonisation sont : une Basque espagnole, Mère Candide Marie de Jésus Cipitria y Barriola (1845-1912) , fondatrice des Filles de Jésus, béatifiée par Jean-Paul II en 1996, et deux Italiennes, Mère Julie Salzano (1846-1929), fondatrice des Sœurs catéchistes du Sacré Cœur de Jésus, béatifiée par Jean-Paul II en 2003, et une clarisse, Mère Baptiste de Varano (1458-1524), fondatrice du monastère Sainte-Claire de Camerino.

Autrement dit, le suspense reste entier quant à la béatification de Jean-Paul II (et les hypothèses nouvelles sont relancées : le 1er mai 2011, pour le dimanche de la miséricorde ? Pas mal pour le pape des Travailleurs ! -, mais son héritage, qui met en lumière la sainteté dans l’Église continue d’éclairer nos pas, éclaboussés par des scandales qui obscurcissent parfois la réalité de cette marche de la sainteté.

Et si le livre «  Pourquoi il est saint  » publié en italien par le postulateur de sa cause a plus intrigué les médias du fait des mortifications que le pape s’imposait, que par la mise en œuvre de son héritage – la miséricorde –, les lecteurs, qui sont intelligents, ne se sont pas trompés : dès la première semaine l’édition a été épuisée.

N.B.

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