Fête de la Croix glorieuse

«  Toute souffrance est habitée par le Christ »

propos recueillis par Joseph Vallançon

vendredi 11 septembre 2020

La Croix glorieuse en ivoire sculpté, IXe siècle. Trésor de la cathédrale Saint-Just-et-Saint-Pasteur de Narbonne.
© Didier Descouens / CC BY-SA 4.0

La Croix est un mystère difficile à appréhender. Auteur du Combat spirituel (Artège), le Père Joël Guibert, prêtre du diocèse de Nantes, auteur de nombreux ouvrages de spiritualité et prédicateur, donne des clefs.

La croix est effrayante, comment l’appréhender ?

Père Joël Guibert : La croix est effrayante en elle-même. Et ce qui en ajoute à son caractère insupportable, c’est qu’elle apparaît totalement dépourvue de sens : «  Je ne me plains pas de souffrir mais de souffrir pour rien  », disait le physiologiste Claude Bernard.

Si nous acceptons de nous laisser rejoindre et toucher par le Christ, nos croix, nos souffrances cessent d’être insupportables, indéchiffrables. En effet, le Fils de Dieu est venu dans le monde pour transfigurer de l’intérieur ce qui accablait les hommes : la mort, la souffrance comme conséquences du péché.

Depuis la mort-résurrection du Christ, il n’y a donc plus aucune souffrance humaine qui ne soit pas habitée par Jésus, le Victorieux de la souffrance. Depuis ce big-bang réalisé par le Christ, d’une certaine manière, personne ne peut plus dire : «  Je suis tout seul à porter ma croix !  » ou «  Je suis pris dans les tenailles d’un destin aveugle !  » Claudel a magnifiquement remis les choses en perspective par ces paroles bien connues : «  Le Christ n’est pas venu expliquer la souffrance mais l’habiter de sa présence.  »

La croix se prend-elle ou se reçoit-elle ?

Plus j’avance dans ma relation à Dieu et dans l’écoute des âmes douloureuses au cours des retraites prêchées, plus je suis convaincu de cette vérité : la croix est autant à recevoir qu’à porter, très exactement on ne la porte bien qu’en la recevant de Dieu. Je m’explique.

D’une part Jésus enseigne clairement : «  Si quelqu’un veut venir à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il se charge de sa croix et qu’il me suive  » (Mt 16, 24). Mais dans un autre passage de ce même Évangile, Jésus indique la manière précise de porter sa croix : «  Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous soulagerai  » (Mt 11, 28). Autrement dit, le Seigneur demande à tout disciple de porter sa croix, mais pas avec ses seules forces – ce serait du pélagianisme, travers souvent dénoncé par le pape François – pas non plus avec sa seule volonté – ce serait du volontarisme qui conduit au dessèchement de l’âme.

Jésus nous invite à porter notre croix, mais pas à simple hauteur d’homme, plutôt en «  venant à Lui  », en s’abandonnant entre ses mains, afin qu’il puisse porter en nous et avec nous cette croix souvent trop lourde pour nos frêles épaules. En 1933, Jésus dit à Marthe Robin lorsqu’il la convie à enfanter les Foyers de Charité par la croix offerte : «  Ne tremble pas. C’est Moi qui ferai tout.  »

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

— 

Joël Guibert, Le combat spirituel, clé de la paix intérieure, éd. Artège, 288 p., 18 €.

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