Série «  Les renouveaux au XIXe siècle  »

Théophane Vénard. La mission jusqu’au bout

par Guillaume Bonnet

mercredi 20 novembre 2019

Saint Théophane Vénard
© MEP

Enfant d’une terre ravagée par les colonnes révolutionnaires durant les guerres de Vendée, Théophane Vénard, des Missions étrangères, fut décapité au Tonkin à l’âge de 31 ans. à sa suite, la mission vers l’Orient continue de fasciner et de susciter des vocations.

Ce 2 février 1861, au petit matin, un convoi s’ébranle dans les rues de Hanoï, alors sous la férule de l’empereur Tu-Duc et de ses mandarins. Encadré par deux éléphants et deux cents soldats, un homme vêtu de coton blanc et de soie noire marche vers le lieu de son supplice, à l’extérieur de la ville.

Comme son confrère angevin Noël Pinot qui était monté à la guillotine en 1794 en récitant les prières au bas de l’autel («  Introibo ad altare Dei  »), Théophane Vénard entonne des chants en latin. Parvenu à destination, il est dénudé, entravé et attaché à un pieu.

Le bourreau, ivre, lui porte un premier coup de sabre qui ne tranche que la peau. Un second parvient à détacher presque complètement la tête. Mais trois autres sont encore nécessaires pour parvenir à la décollation complète. Il est 9 h du matin. La tête du missionnaire est brandie devant l’assistance. Elle sera ensuite exposée trois jours durant.

Ardeur missionnaire viscérale

Affirmer que le Père Théophane Vénard avait atteint le but qu’il s’était fixé lorsqu’il s’était engagé dans le sacerdoce a de quoi faire frémir les oreilles contemporaines. Il faut dire que ses propos, à l’approche de sa mise à mort, peuvent sembler scandaleux à une époque qui ne peut plus comprendre ce que l’ardeur missionnaire pouvait avoir de viscéral et d’impérieux il y a un siècle et demi. «  Un léger coup de sabre séparera ma tête, comme une fleur printanière que le maître du jardin cueille pour son plaisir  », écrivait-il à ses parents trois semaines avant son exécution. Et à son bourreau qui lui demandait combien il était prêt à lui verser pour abréger ses souffrances, il répondra : «  Plus ça durera, mieux ça vaudra.  »

Nulle disposition suicidaire ou masochiste dans ces mots, mais la conviction aiguë que la propagation de l’Évangile et du Salut des âmes ne peut s’obtenir sans sacrifice. Et lui, librement, avait choisi l’ultime.

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

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