Billet pour un avenir incertain – Samedi 18 et dimanche 19 mai 2013

Silence sur la mort du dernier Français libre de l’île de Sein

par Denis Lensel

vendredi 17 mai 2013

Le dernier survivant des marins-pêcheurs de l’île de Sein qui avaient tous rejoint les rangs des Français libres en Angleterre en 1940 pour répondre à l’appel du 18 juin est mort. 141 hommes fiers, dont 32 ne devaient jamais revoir leur île.

Samedi dernier, pour les obsèques de Clet Chevert, ce patriote adoubé Compagnon de la Libération, aucun représentant officiel de la République de François Hollande ne s’est déplacé. Ni aucun héritier d’un « mouvement gaulliste » trop souvent transformé en fonds de commerce électoral et rallié à des projets supranationaux au bord de la faillite morale et matérielle.

Quelques anciens combattants de l’île étaient présents et les femmes ont chanté des hymnes bretons. Les notables français du continent ont-ils peur d’avoir le mal de mer ? Ou bien la liberté de la patrie leur paraît-elle une « valeur » démonétisée ?

Messages

  • A la suite des réactions de plusieurs d’entre vous, je tiens à apporter une précision à mon billet de samedi et dimanche derniers 18 et 19 mai. C’est l’ensemble de la population de l’île de Sein qui a été inscrite dans l’Ordre des Compagnons de la Libération par le Général de Gaulle dans un décret du 1er janvier 1946 pour son attitude héroïque sous l’Occupation nazie pendant la Seconde guerre mondiale. De Gaulle a voulu honorer en particulier Dans ce contexte, il est exact qu’aucun des marins-pêcheurs partis se battre comme un seul homme dans les rangs de la France libre n’a été nommé à titre individuel Compagnon de la Libération. C’est donc la totalité de ces insulaires bretons indomptables qui a reçu cette distinction de la nation française. Et à l’heure de la mort du dernier marin volontaire pour défendre la France envahie en 1940, c’est peut-être cela qui rend d’autant plus regrettable l’absence totale de réaction des représentants actuels de l’Etat, comme des héritiers patentés ou auto-proclamés du dernier avatar dévoyé du « mouvement gaulliste » rebadigeonné sous le sigle UMP, les uns et les autres trop occupés à glaner des voix, dans des petites batailles électorales sans enjeu digne de ce nom, parasitées par des rivalités personnelles peu dignes.

    Aujourd’hui en France, la classe politique ne compte plus guère de volontaires : elle compte plutôt en général, soit des idéologues forcenés ou des traîtres qui compromettent l’avenir, soit des déserteurs qui ne pensent qu’à leur petite carrière personnelle, pouvoir et argent, soit des amnésiques incultes qui ignorent les exigences de l’histoire de leur pays. On comprend hélas pourquoi ce microcosme politico-médiatique a oublié le modèle exemplaire de l’île de Sein : des années-lumière les séparent.

    Mais la relève viendra, peut-être vient-elle déjà, en particulier chez ces jeunes « veilleurs » qui refusent qu’on leur dicte des lois absurdes et scélérates avec une arrogance sectaire et sinistre, et chez les rares parlementaires qui ont cherché jusqu’au bout à défendre la civilisation judéo-chrétienne à l’heure d’une nouvelle barbarie. Ceux-là savent encore entendre « les cris sourds du pays qu’on enchaîne », comme leurs prédécesseurs en 1940. Ils ont en main les clés de l’avenir.

    Denis Lensel

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