Élections municipales

Sauvegarder le territoire

mercredi 11 mars 2020

© Yves Bernardi / Pixabay

Les élections municipales, qui se déroulent dimanche, pâtissent du climat très particulier provoqué par l’épidémie que l’on sait. L’abstention sera-t-elle aussi massive que certains le craignent ? Ce serait un mauvais signal pour l’esprit civique. L’échelon communale est celui qui devrait concentrer le maximum d’attention, en raison de la proximité des intérêts en cause. C’est d’ailleurs le cas, car il semble que, parmi les politiques, ce sont les maires qui disposent du meilleur degré d’estime de la part de la population. J’ignore s’il s’agit d’une tendance générale, mais dans ma commune de banlieue parisienne, c’est la première fois qu’aucune des listes en compétition ne se réclame d’un parti politique précis. Ce pourrait être l’effet de la crise des grandes formations, La République en marche subissant elle-même les conséquences des épreuves que le pouvoir a traversées ces derniers mois.

On voudrait être sûr que la campagne des municipales, même en pareilles circonstances, soit l’occasion de mettre en valeur les véritables problèmes du territoire national. Alors que, par ailleurs, il n’est question que du défi écologique, on peine à saisir combien celui-ci se traduit dans les programmes. Parallèlement, nous assistons au retour du localisme mis à mal par les processus de mondialisation. Ce devrait susciter des initiatives sur le terrain pour la réanimation de la vie économique de la France périphérique. Une réanimation qui devrait être conçue à l’encontre de certaines tendances lourdes, celles que dénonce l’historien Pierre Vermeren. Même les petites villes sont victimes de la brutalisation du paysage, avec des zones industrielles et commerciales avides d’espace et de béton.

Notre belle France s’est considérablement enlaidie ces dernières années, ce en quoi elle se retrouve malheureusement solidaire de la souffrance de la planète. On objectera peut-être que l’esthétique ne marche pas forcément en accord avec l’économique. Je n’en suis pas persuadé. En tout cas, la beauté n’est pas étrangère à l’écologie. C’est ce que montre mon ami Jean-Claude Guillebaud dans un superbe livre intitulé Sauver la beauté du monde (L’iconoclaste), et qui trouve, en particulier, son inspiration dans l’amour de sa région charentaise. Puisse le civisme communal se ressourcer dans la même inspiration !

Chronique diffusée sur Radio Notre-Dame le 11 mars 2020.

Messages

  • Dans les 36 000 communes de France, la plupart rurales et peuplées de peu de résidents, le sujet est brûlant entre les ruraux et les néo ruraux, appelés ainsi car travaillant en ville, vivant à la campagne, ou choisissant de disposer d’une seconde résidence au vert.

    Les débats en interne sont fréquents.

    Aux uns la protection des terres cultivables et aux autres la disponibilité du cadre de vie aménagé pour le bien être et le confort personnel.

    S’ajoute dans le débat agricole les choix d’une agriculture conventionnelle et les dispositions d’une production bio nouvelle qui change les donnes et demande des conformités réglementaires nouvelles.

    La demande des néo ruraux portera sur des espaces ludiques, de loisir et de plaisir qui ne trouvent pas toujours le répondant auprès de populations laborieuses soucieuses de leur commerce et de la distribution de leurs produits cultivés.

    Aménager l’espace commun est un défi pour le maire et les édiles de chaque commune, à qui est demandé de plus en plus la protection des sites protégés, l’amélioration des terres en friche, et l’attente nouvelle des arrivants pour lesquels les priorités sont ailleurs.

    Le dépeuplement des villages, le maintien d’une école et des services publics de proximité demeure de plus en plus un souci quotidien.

    La préservation du patrimoine naturel et patrimonial a un coût élevé, les aides publiques manquent et les administrés demandent davantage pour assurer une protection vitale de ces richesses immatérielles en danger, en de nombreux endroits.

    Les églises et les maison de maîtres du passé sont mis à la vente, le décor de cartes postales idylliques de jadis souffre d’un manque d’entretien généralisé et préoccupant.

    Vouloir opposer les ruraux aux néo ruraux n’est jamais sain ni heureux qui distinguent chacune de ces populations, et dans les faits les confrontations existent, chacun campant sur ses avantages ou ses projets qui ne sont pas toujours en concordance avec le standing des communes les plus faibles.

    Aux journées du patrimoine, on ajoute celles des églises, des arbres et des foires agricoles qui font partie du décor mais par nature, restent confidentielles pour la plupart des habitants plus soucieux de leur bien être personnel avant quelque autre considération de bien commun et partagé.

    Ainsi va la vie dans ce mimétisme ville et campagne ajouté ou séparé, selon les bénéfices qu’offrent ces espaces de vie et de partage, quand les distances géographiques augmentent et les infrastructures basiques d’une autonomie administrative font défaut.

    L’enjeu de l’environnement futur des campagnes est un sujet sérieux.

    Entretenir ces espaces, assurer la production agricole avec des nouveaux venus formés au travail de la terre se fera-t-il avec des migrants ou des étrangers recrutés pour ce travail ?

    Transmettre l’outil de travail du terrien demande une solide formation et des apprentissages tissés au fil du temps.

    Le premier écologue de la campagne est le paysan, car il connait le climat, le débit des eaux pluviales,, des cours d’eau et les potentialités des cultures du sol.

    Les agronomes rompus à ces métiers le savent d’expérience, on n’improvise jamais dans ce travail de patience, du suivi des cultures et des soins apportés à la terre le long de l’année ;
    Les changements climatiques de ces dernières années imposent des conduites et des choix douloureux à ces acteurs de terrain qui mesurent les aléas du temps sur leur travail.

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