Canonisation de Charles de Foucauld

« Sans l’abbé Huvelin, pas de Charles de Foucauld  »

propos recueillis par Émilie Pourbaix

mercredi 17 novembre 2021

Statue de Charles de Foucauld, sur le parvis de l’église Saint-Pierre-le-Jeune, Strasbourg.
© Fred de Noyelle / Godong

La date est désormais officielle : Charles de Foucauld sera canonisé le 15 mai prochain, à Rome, par le pape François. En amont, la paroisse Saint-Augustin à Paris organise le 27 novembre prochain un colloque sur la conversion du futur saint. Entretien avec le Père Xavier Lefebvre, curé de la paroisse.

La date de la canonisation de Charles de Foucauld a enfin été annoncée. Pourquoi était-elle tant attendue ?

Père Xavier Lefebvre : Il me semble que sa sainteté est attirante à bien des égards. Mais certainement, dans une société consumériste, où tout est à portée de main, et qui engendre finalement l’acédie et l’ennui, son message s’adresse à chacun de nous et rejoint ce désir que nous portons de nous dépasser dans l’ordre de la charité et de l’amour. «  Plus on aime Dieu, plus on aime les hommes  », disait-il du fond du Sahara. Tout est là ! Il y a dans la figure de Charles de Foucauld l’expression du don de soi, à Dieu et aux hommes, qui est le sens même de la vie humaine. Et cela peut se réaliser dans tous les états de vie !

Quel a été le rôle de l’abbé Huvelin dans la conversion de Charles de Foucauld ?

Charles de Foucauld entre dans l’église Saint-Augustin en septembre 1886. Il a 28 ans, l’abbé Huvelin en a 48. Contrairement à ce que l’on pense, la confession n’a pas été «  forcée  » – ce serait contraire au tempérament de l’abbé. Charles cherche des explications sur la foi catholique, qu’il ne connaît pas dit-il. Le prêtre lui demande alors : «  Vous êtes baptisé ? Vous devriez commencer par vous confesser.  » Sa voix est douce, mais ferme. Charles se rétracte : «  Je vous dis que je n’ai pas la foi... » Le prêtre a bien compris mais l’invite à nouveau : «  Agenouillez-vous, et confessez-vous.  » La grâce de la conversion est immédiate. Sitôt relevé, l’abbé Huvelin l’invite à assister à la messe. «  Ce fut ma seconde “première communion”  », dira Charles. À partir de là, un lien de filiation spirituelle s’établit. L’abbé Huvelin fréquentait la famille cousine de Charles de Foucauld. La relation se fait donc assez naturellement. Charles vient écouter les sermons et les enseignements de l’abbé, très écoutés à Paris à ce moment-là.

Quelle a été leur relation ?

L’abbé Huvelin a été son directeur spirituel pendant 20 ans, à partir de sa confession. S’il n’y avait pas eu l’abbé Huvelin, aurait-on eu Charles de Foucauld ? En tout cas, il y a eu Charles de Foucauld parce qu’il y a eu l’abbé Huvelin. Dans la vocation du Frère Charles de Jésus, on voit se déployer, dans son charisme propre, tout ce qu’il a reçu de l’enseignement et des conseils de l’abbé Huvelin. Cela nous donne une lumière sur l’importance et l’enjeu de la direction spirituelle et de l’accompagnement des âmes.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien dans le magazine.

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