ENTRETIEN AVEC FRÈRE DOMINIQUE JOSEPH

Saint Joseph, notre éducateur

propos recueillis par Joseph Vallançon

mardi 19 mars 2019

Frère Dominique-Joseph est moine de la Famille de Saint-Joseph depuis 25 ans. Cette communauté, fondée en 1990 par le père Joseph-Marie Verlinde administre le sanctuaire Saint-Joseph de Mont-Luzin à Chasselay (Rhône)et s’est fait connaître par une campagne particulièrement réussie pour la construction d’un monastère à Puimisson (Hérault), lieu de pèlerinage à saint Joseph depuis plus d’un demi-siècle. Bibliste, enseignant à l’Université catholique de Toulouse, ce religieux est aussi coordinateur du réseau saint-Joseph International. Il a fait récemment paraître des Pensées spirituelles sur saint Joseph (Artège) qui constituent un enseignement adapté en ce mois de mars, traditionnellement dit «  le mois de saint Joseph  ».

Au début de votre livre, vous terminez une méditation en vous adressant ainsi à saint Joseph : «  Il vous fallait enseigner la Sagesse incréée, faire travailler [dans votre établi] l’artisan du monde.  » C’est ahurissant, cette tâche confiée à un simple homme, non ? C’est même redoutable !

Frère Dominique-Joseph : En toute rigueur, la Sagesse incréée, le Verbe éternel, n’est instruit par aucun homme. Cependant, il est bouleversant de constater que, dans son humanité, le Verbe incarné a voulu recevoir l’amour et l’instruction de ses parents. Les théologiens parlent de l’«  union hypostatique  » pour désigner le mystère de la double nature divine et humaine de Jésus-Christ. Dans son humanité, Jésus a eu besoin d’apprendre à lire et à écrire, d’apprendre un métier aussi. Telle est l’humilité de Dieu, telle est aussi la grandeur de notre vie quotidienne. En tant que parents et éducateurs, Marie et Joseph illustrent combien le Bon Dieu prend au sérieux l’éducation des enfants.

Vous dites encore : «  Dans l’atelier de saint Joseph, tout homme redécouvre combien le travail est fait pour l’homme.  » En quoi le travail est-il fait pour l’homme et non l’homme pour le travail ?

Cette pensée est construite sur deux versets du psalmiste : d’abord l’observation que «  l’homme sort pour son ouvrage, pour son travail jusqu’au soir  » (Ps 103,23), puis la louange de Dieu pour l’«  ouvrage de ses doigts  » (Ps 8,4). J’ai ainsi tenté de mettre en lumière l’émerveillement réciproque de l’homme et de Dieu pour le travail de chacun. Dieu se révèle comme un artisan dont nous pouvons admirer les œuvres («  l’ouvrage de ses doigts  »). Joseph lui-même est un ouvrier. À l’école de l’artisan de Nazareth, l’homme manifeste ainsi qu’il est à l’image de Dieu. Voilà pourquoi je termine cette pensée en écrivant que «  dans l’atelier de saint Joseph, tout homme redécouvre comment le travail fait ressembler au Père céleste, combien le travail est fait pour l’homme  ».

Retrouver l’intégralité de l’entretien dans notre magazine.

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Photo : Frère Dominique Joseph © Frédéric Ayroulet

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