Icônes

Pourquoi vénérer les images ?

par Frédéric Guillaud

vendredi 9 avril 2021

Icône byzantine du triomphe de l’orthodoxie sur l’iconoclasme sous l’impératrice Théodora, fin du XIVe.

De l’idolâtrie à la vénération des images, la dévotion envers les icônes a fait l’objet de graves querelles.

Que le christianisme soit l’accomplissement du judaïsme, c’est entendu. Nous le répétons assez souvent dans cette chronique. Mais alors, direz-vous, comment se fait-il que sur une question aussi simple que l’interdiction des images, le christianisme ait pris le contrepied absolu de la religion de l’Ancien Israël ? Car enfin, le livre de l’Exode était formel : «  Tu ne te feras point d’image taillée, ni de représentation quelconque des choses qui sont en haut dans les cieux  » (Ex 20, 4).

Cette proscription était si solennelle qu’elle revint spontanément à l’esprit des empereurs byzantins au tournant du VIIIe siècle quand, confrontés à de lourdes défaites militaires et à la menace musulmane, ils cherchèrent à en interpréter la cause : ils se dirent que l’Empire chrétien, nouvel Israël, était puni par Dieu de son idolâtrie, tout comme l’Ancien Israël l’avait été plusieurs fois dans son histoire. Ils se rappelèrent le châtiment du roi Salomon et la division de son royaume.

Interdiction des images

L’empereur Léon III tira les conséquences de son raisonnement : il fallait mettre un terme à la dévotion des fidèles envers les icônes. Car, en Orient, on ne se bornait pas à représenter le Christ et les saints ; on se prosternait devant leurs images, front contre terre, en un geste très impressionnant, directement issu de la prosternation devant les empereurs romains divinisés (la «  proskynèse  », en grec).

Retrouvez l’intégralité de l’article dans le magazine.

Messages

  • Intéressant et instructif, cet article apporte un éclairage soutenu indispensable pour comprendre l’existence des icônes longtemps ignorées ou méconnues dans le monde occidental. Ces lignes ont largement leur place et sont fort bienvenues dans ce magazine et on ne peut que s’en réjouir.

    On comprendra aisément qu’il n’y a pas lieu et surtout qu’il serait inutile de comparer une icône byzantine ou russe avec, par exemple, une peinture de Philippe de Champaigne, bien qu’elles ont toutes deux vocation à être un reflet du sacré, mais dans un style très différent : le beau visage d’une Madone de L. de Vinci se trouve esthétiquement à l’opposé d’une icône orthodoxe de la Vierge avec des yeux ouverts frisant la démesure et un regard parfois terrifiant. Il y a quelques décennies il était enseigné que les icônes étaient le plus souvent et à la limite repoussantes pour empêcher les fidèles de leur vouer une adoration due au Seul Dieu. Raccourci facile et nullement convaincant maintenant que lumière est faite et diffusée sur la réalité du message de ces représentations de la culture orientale qui part de symboles à tous les niveaux : couleurs, dimension, posture des personnages, environnement du sujet, paysages, etc...

    Mais il n’appartient, bien sûr, qu’aux experts en la matière d’aborder, sans se tromper, un sujet aussi riche ; toutefois, à travers cet article l’opportunité est offerte d’aller plus avant dans la compréhension de ce sujet complexe que sont les icônes.

    Ne serait-ce que pour éviter les confusions inopportunes depuis que la toile s’est emparée, n’est-ce pas, du terme "icône" alors que "image" (ou à la limite "avatar") auraient été suffisants...

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