Témoignage

Possession et délivrance

par Guillaume Bonnet

mercredi 8 janvier 2020

Mosaïque de la basilique de Fourvière (Lyon).
© Pascal Deloche / Godong

Loin des récits sensationnels qui inspirent films et romans, les attaques du démon ciblent souvent des profils ordinaires.

Michel Chiron est aujourd’hui un retraité heureux. Dans le Cher où il habite, son tempérament paisible frappe ceux qui le côtoient dans les groupes de prière ou de catéchèse dans lesquels il est très investi. Difficile d’imaginer que cet homme a été l’objet d’une possession démoniaque durant plusieurs mois. Ce n’était pas le diable en personne qui s’était emparé de lui, rappelle-t-il dans son témoignage, mais de redoutables démons qui avait pris le contrôle de sa volonté. Bien sûr, il convient de considérer avec prudence des témoignages de ce type tant sont fréquents les cas de possession qui ne sont en fait que des pathologies psychiatriques. Rien de tel chez Michel Chiron dont le récit est parfaitement charpenté et documenté, et dont l’honnêteté a été établie par ceux qui l’ont suivi dans son itinéraire, à commencer par le prêtre exorciste à qui il doit sa délivrance. La principale force de J’étais possédé réside sans doute dans l’étonnante banalité du parcours de l’auteur : une vie qui manque de sens, un couple qui bat de l’aile, et puis un jour, des pratiques occultes et divinatoires – communication avec les morts – pour trouver des réponses à des questions existentielles. On comprend bien pourquoi l’Église met en garde contre ces pratiques : il ne s’agit pas de conserver le monopole du surnaturel, mais de garder barricadées ces portes par lesquelles les démons s’engouffrent. Et il a en effet suffi que Michel Chiron les entrouvre pour qu’ils s’y ruent. Mais – et c’est toute l’espérance que porte ce témoignage – là où le péché abonde, la grâce surabonde. L’athée qu’il était s’est tourné vers Dieu. Rassemblant ses souvenirs d’enfance, il a commencé à réciter un Notre Père et un Je vous salue Marie, qui «  coulaient comme de l’eau vive  ». Sa prière ne s’est plus jamais arrêtée depuis, associée à la messe quotidienne. «  Le bonheur s’est installé en moi  », confie-t-il désormais.

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Michel Chiron (avec Thomas Oswald), J’étais possédé, Artège, 2019, 14,90 €.

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