Rencontre avec Paul-François schira

Politique de l’enracinement

propos recueillis par Marie-Amélie Bauchet et Ferréol Delmas

mardi 26 mars 2019

À 28 ans, énarque et enseignant à Normale sup’, Paul-François Schira est haut fonctionnaire. Il signe un premier essai sur la nécessité d’un ancrage culturel en politique.

Vous appelez de vos vœux une politique de l’enracinement. C’est-à-dire ?

L’enracinement est le préalable à toute politique. Si celle-ci consiste à façonner une demeure convenable à l’homme, pour reprendre le mot de Hans Jonas à Hannah Arendt, elle suppose l’existence préalable d’une « demeure ». Or, l’appartenance commune à l’humanité ne suffit pas à tisser entre les hommes le lien d’amitié qui permet de réfréner les appétits dominateurs – surtout lorsque la mondialisation se fait sous le signe de la compétition universelle. Il faut des médiations particulières entre les individus et l’humanité, des foyers qu’on leur a, comme le dit si joliment Simone Weil, « donné à aimer » et qui les dépasse. Faute de quoi on assiste à un ensauvagement généralisé des relations humaines que des instances anonymes et distantes ne feront que réguler, à l’égard desquelles nous nous comporterons en consommateurs, et qui seront impuissantes à ordonner la marche des choses (délocalisations, flux migratoires, déchirement social, désastre écologique…). D’autant que cette impuissance catalyse en Occident l’éclosion de mouvements démagogiques.

Retrouver l’intégralité de l’article dans notre magazine.

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