Entretien avec Gérard Leclerc

Paul, apôtre du Christ

propos recueillis par Grégoire COUSTENOBLE

mercredi 2 mai 2018

Nous vivons une époque cinématographique bénie où les films traitant de questions spirituelles, et notamment en lien avec le christianisme, sont nombreux et souvent de grande qualité. Ainsi en est-il à nouveau avec le film d’Andrew Hyatt – Paul, apôtre du Christ – qui répond à tous les standards du grand cinéma américain et qui est sorti dans les salles françaises ce 2 mai. Gérard Leclerc a vu et apprécié ce film.

Qu’est-ce qui vous a le plus marqué dans ce film ?

Gérard Leclerc : Ce qui m’a retenu essentiellement c’est la tentative de reconstitution historique des derniers jours de saint Paul avec les grands moyens cinématographiques des Américains. Forcément un peu romancée, elle n’en est pas moins très proche du Nouveau Testament et de ce qu’on peut imaginer de la Rome de Néron. Contrairement à certaines tentatives analogues relativement récentes – je ne parle même pas des péplums –, il n’y a pas d’outrances dans les représentations, mais la volonté d’être au plus près de la personnalité de l’apôtre et de son entourage. La plupart des paroles mises dans la bouche de Paul et même celle de Luc correspondent à des citations des épîtres et des Actes des apôtres. Pour le réalisateur, il s’agissait d’abord de se concentrer sur la personnalité de celui qui s’était converti sur le chemin de Damas et qui ne cherchait qu’à prêcher Jésus, mort sur la croix et ressuscité.

De l’aveu même du producteur du film, Terence Berden, la vie de Paul est presque impossible à adapter tant elle est riche… Le parti pris est donc de partir des derniers jours de Paul à Rome avec quelques retours en arrière sur sa vie. Du coup, le film passe-t-il à côté de son sujet ?

Non car, encore une fois, il n’invente pas un roman, ne cherche pas à tromper le spectateur par des subterfuges scénaristiques. On a mis tous les moyens au service d’une représentation d’un personnage de l’histoire à propos de qui on ne veut pas gloser, mais que l’on veut faire apparaître dans sa plus authentique réalité et son rayonnement singulier. De ce point de vue, le film est très différent de celui que j’ai vu récemment sur Marie Madeleine (cf. France Catholique n°3580), aux qualités artistiques indéniables mais qui consistait trop à mon goût en une reconstruction assez arbitraire de sa biographie, en mettant dans sa bouche des propos qui se voulaient très spirituels mais avec quelque chose qui m’a semblé finalement très artificiel.
Ici, le parti pris de s’en tenir aux derniers jours de l’apôtre est parfaitement soutenable, car il permet un point de vue synthétique qui concentre l’essentiel du témoignage et du message de Paul. Si le cinéaste avait voulu raconter toute la vie de l’apôtre, avec toutes les étapes de son épopée missionnaire, il aurait fallu déployer d’autres moyens beaucoup plus considérables mais au risque de perdre l’attention du spectateur. En limitant son ambition, cette œuvre a réussi à donner un sentiment d’intériorité en donnant beaucoup à méditer plutôt que de chercher à éblouir à travers une reconstruction plus ambitieuse.

Rich Peluso, vice-président de AFFIRM, la filiale de Sony dédiée à des films qui parlent de foi, qui produit ce film, a déclaré qu’il voulait que le spectateur retienne trois choses du film. La première est le caractère «  fascinant  » de Paul…

Il me semble que ce caractère fascinant de Paul – je partage ce mot parfaitement adapté – apparaît assez fortement dans la résolution inflexible de ses derniers jours et dans la qualité des sentiments qu’il exprime. Pour être plus complet, il aurait certes fallu retracer tout un itinéraire spirituel et notamment le passage du disciple de Gamaliel au Christ. De toute façon, l’image ne saurait se substituer à la densité propre à l’écrit. Il était hors de question de donner en images une idée, même large, de la doctrine paulinienne, telle qu’elle est exposée dans ses épîtres…

La seconde chose qu’il souhaite, justement, est que le film procure l’envie de lire les Actes des apôtres…

Cette fidélité et cette modestie sont au principe même du film qui n’a voulu que rendre compte et non se lancer dans une reconstruction, ce qui est souvent le péché favori de nos amis américains. Tout ce qui est exprimé par l’apôtre, par Luc, par les membres de la petite communauté chrétienne autour de Paul, notamment par Priscille et Aquila, reflète bien l’esprit des béatitudes, et la persévérance de la foi dans la persécution… C’est tout bonnement admirable.

Enfin, il espère que le film permettra de se représenter clairement le monde antique et la vie des premiers chrétiens. L’action se situant après les Actes des apôtres, on évite le risque de l’écueil de déformer les Écritures. Cependant, l’action se déroule à un moment clé, au tout début de l’histoire de l’Église. Le film se concentre sur la communauté chrétienne de Rome sous Néron. Que penser de la présentation de cette jeune communauté ?

Le cinéaste a tenté d’interpréter au mieux les circonstances de la captivité et du martyre de Paul à Rome sous Néron. Les Actes des apôtres, de fait, ne racontent pas les ultimes moments de l’apôtre. Nous ne disposons là-dessus que de quelques données traditionnelles. Malheureusement ? L’interprétation qui nous est donnée dans le film n’en est pas moins fiable, en se rapportant à ce que l’on sait de l’accusation de l’incendie de la Ville éternelle reportée sur les chrétiens. Dans un moment tragique, il s’agissait d’imaginer l’attitude d’un groupe de croyants menacés de mort que ses responsables tentent de diriger au mieux. Est-il possible ou même nécessaire de demeurer sur place ou faut-il quitter la ville pour sauvegarder la communauté et préserver l’avenir ?

Paul est présent à cette communauté, en dépit de son isolement, et il continue de diriger et de conseiller, alors qu’il est lui-même dans un extrême dénuement.

Le film est sur saint Paul mais le personnage le plus présent est Luc, joué par l’acteur célèbre notamment pour son interprétation de Jésus dans La Passion du Christ de Mel Gibson, film qui a eu un impact considérable. Ce nouveau film vous paraît-il comparable ?

La comparaison avec le fameux film de Mel Gibson me paraît pertinente, car celui-ci a voulu également être au plus près de la réalité et du témoignage des Écritures. Incontestablement les deux films sont inspirés par un regard de foi et une volonté sans équivoque de rendre compte des événements centraux de la vie du Christ et de la première communauté chrétienne. Ils invitent les fidèles, et bien au-delà des fidèles tous nos contemporains, à méditer sur ces événements et à se reporter aux textes du Nouveau Testament. Dans le cas du film sur saint Paul, toute l’attention se porte sur les Actes des apôtres dont l’auteur n’est en effet autre que Luc, l’auteur de l’Évangile du même nom.
Pour revenir à Mel Gibson, j’espère qu’il réussira quelque chose de bien avec son nouveau film qui doit raconter la vie du Christ après sa résurrection. J’ai lu que c’est à nouveau, 14 ans plus tard, Jim Caviezel qui interprétera le Christ… C’est un peu une inquiétude pour moi parce que, dans le film sur Marie Madeleine, le choix d’un acteur, de l’avis général, trop vieux pour incarner le Christ, m’a quelque peu mis mal à l’aise. Mais il est vrai que le Christ ressuscité ne se laisse pas facilement identifier par ses traits mais plutôt par ses gestes et ses paroles… Je ne veux donc pas préjuger de ce défi qui est à la démesure de cette star hollywoodienne si contestée, mais aussi si évidemment géniale, qu’est Mel Gibson, un cinéaste dont je suis cependant très loin, vous vous en doutez, de connaître en détail toute la filmographie.


http://lesalonbeige.blogs.com/my_weblog/2018/05/paul-ap%C3%B4tre-du-christ-au-cin%C3%A9ma.html


Le Figaro

http://www.lefigaro.fr/cinema/2018/05/01/03002-20180501ARTFIG00108--paul-apotre-du-christ-tre-chretien-c-est-une-facon-de-vivre.php

À VOIR
● Paul, apôtre du Christ, film historique d’Andrew Hyatt, 1h48

Rome en 67, sous Néron. L’empereur persécute les chrétiens, accusés d’avoir allumé le grand incendie qui a dévasté la ville trois ans plus tôt. Tandis que Paul de Tarse, apôtre du Christ, attend son exécution dans un cachot, Luc arrive d’Éphèse pour le visiter. Il faut oublier la réalité historique pour entrer dans le postulat dramatique du réalisateur américain Andrew Hyatt. Il bouscule les époques, mélange les personnages réels et fictifs, pour inventer un temps de tourmente et de tourments presque emblématique. Le film est une sorte de péplum intimiste : une contradiction dans les termes, qui vaut la peine d’être écouté.

http://www.lefigaro.fr/cinema/2018/05/02/03002-20180502ARTFIG00115--paul-apotre-du-christ-senses-comme-des-rois-les-films-a-voir-ou-a-eviter-cette-semaine.php


https://www.famillechretienne.fr/politique-societe/societe/jim-caviezel-temoin-de-dieu-a-hollywood-235932?utm_content=buffer17447&utm_medium=social&utm_source=twitter.com&utm_campaign=buffer



Paul... de grâce !

https://regardsprotestants.com/culture/paul-de-grace/


https://www.rtl.be/info/monde/international/aux-etats-unis-les-films-sur-la-foi-chretienne-font-desormais-aussi-bien-au-box-office-que-n-importe-quel-autre-genre--1008612.aspx


Pèlerin :

http://www.pelerin.com/A-la-une/Saint-Paul-apotre-de-la-grace-au-cinema?mc_cid=d962bf44f3&mc_eid=85539c2feb

Messages

  • Le film d’Andrew Hyatt « Paul, Apôtre du Christ », arrivera en salle en France le 2 mai. Je ne comprends pas que ce film n’arrive pas en salle au Québec. Je suis certain que plusieurs curés de paroisse, encourageraient leurs paroissiens à aller voir ce film. Les propriétaires de salles de cinéma seraient peut-être les premiers surpris du « succès » que pourrait avoir un tel film à Montréal. J’ai écrit cet après-midi un mot au Cinéma Guzzo qui, je pense, appartient à un propriétaire qui partage la foi catholique. Voici ce mot :

    Bonjour à vous !
    Je suis curé de paroisse à Montréal. Je pense qu’il serait important de faire venir en salle le film "Paul Apôtre du Christ" qui sortira en France le 2 mai prochain. J’ai vu le film en anglais ici à Montréal et il est très beau. Je suis certain que plusieurs de mes paroissiens iraient voir ce film. Je suis un très bon vendeur quand il s’agit de conseiller un film. Je suis sûr que de nombreux catholiques de Montréal iraient voir ce film. Je ferais de la publicité sur mon blogue (blogue intitulé : Dieu ma joie), sur la page Facebook de notre paroisse et sur http://evangeliser.net. Merci de l’attention que vous porterez à ce message.

    Comme je viens de le dire dans le message ci-dessus, j’ai vu ce film en anglais ici à Montréal et je l’ai beaucoup aimé. J’ai été profondément touché par quelques scènes. J’ai écrit la recension suivante sur le site internet de cinemamontreal.com :

    Si j’avais fait un film sur saint Paul, je pense que j’aurais mis beaucoup plus de scènes d’action dans le film, puisque Paul était un très grand missionnaire et un apôtre. Mais l’intention d’Andrew Hyatt (le metteur en scène et l’auteur du scénario du film) est claire : c’est le message de Paul qui est important. C’est pour cette raison qu’il n’y a pas beaucoup d’action dans le film. Mais l’âme de Paul est très bien dépeinte et James Faulkner est excellent dans le rôle de Paul. Je comprends pourquoi cet acteur a dit ceci dans une interview : "Je n’ai pas joué Paul ; c’est le fait de l’interpréter pour le grand écran qui m’a joué " (sous-entendu : qui m’a joué un tour, c’est la personne de Paul qui s’est emparée de moi). Plusieurs des phrases les plus importantes et les plus touchantes de Paul, que nous retrouvons dans ses lettres, sont prononcées "verbatim" (mot pour mot) par James Faulkner. L’acteur a aussi dit : "Vous ne pouvez pas dire ces mots sans les croire. Vous ne pouvez pas dire ces mots sans que cela vous change." À la fin du film, des larmes coulaient sur mes joues.
    10
    guy@ reply
    5.4.2018 age : 50+ 7 reviews

    Si jamais vous avez quelque influence que ce soit sur un propriétaire de cinéma, essayez vous aussi de faire venir ce film à Montréal. Si ce désir se réalisait, ce serait un très beau cadeau à faire à nos frères et soeurs chrétiens de Montréal et d’ailleurs au Québec,. Le Temps pascal que nous vivons en ce moment est le meilleur temps pour voir un tel film. Depuis le lundi de Pâques, nous lisons à la messe les Actes des Apôtres écrits par saint Luc. Ce livre extraordinaire de la Bible nous parle de la vie des premiers chrétiens. Le film nous donne une idée de ce qu’ont vécu nos frères et soeurs chrétiens au début de la prédication apostolique. Cette production cinématographique est tout un encouragement à vivre notre foi et à témoigner de l’Évangile autour de nous.

    http://dieumajoie.blogspot.fr/2018/04/film-paul-apotre-du-chris-t-vf.html

    Paul, Apôtre Du Christ - Bande-annonce VF - YouTube
    Vidéos correspondant à « Youtube Paul Apôtre du Christ »▶ 2:17
    https://www.youtube.com/watch?v=ZltZlHRYYZk

    Rendez-vous au cinéma le 2 mai 2018. Un film écrit et réalisé par Andrew Hyatt avec Jim Caviezel, James Faulkner ...

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