SAINT JOSEPH, PATRON DES TRAVAILLEURS

« Participer à la Création »

propos recueillis par Constantin de Vergennes

vendredi 29 janvier 2021

Joseph Thouvenel sur le plateau de l’émission En Quête d’Esprit (tous les dimanches à 13 h et 21 h).

Alors que la crise sanitaire bouleverse le monde professionnel, l’exemple de saint Joseph et l’enseignement de l’Église permettent-ils de repenser notre rapport au travail ? Rencontre avec le syndicaliste Joseph Thouvenel, de la CFTC.

Qu’a révélé la crise du Covid quant à notre rapport au travail ?

Cette crise est révélatrice de l’ignorance d’une partie de nos élites sur ce qu’est véritablement le travail. Leur vision du travail pourrait se résumer à cette définition : l’apport d’une force physique, intellectuelle – ou les deux – et, en contrepartie, la perception d’une rémunération. Ainsi, les gens pourraient ne plus travailler du moment que l’État se débrouille pour assurer une forme de revenu. C’est une erreur fondamentale !

Il s’agit de l’erreur du matérialisme, qui ne considère le travail que comme une contrepartie économique, alors que le travail possède une valeur bien supérieure à sa contrepartie. Dans le même temps, cette crise révèle l’ignorance par rapport à bien des travaux effectués par ce qu’on va appeler les «  petites mains  », c’est-à-dire les travailleurs qu’on ignorait. On se rend compte tout à coup qu’ils sont indispensables à la bonne marche de la société. Il y a évidemment ceux qui travaillent dans le médical et qu’on met à l’honneur, mais il y a aussi ceux qui livrent de la nourriture, qui font le nettoyage, qui vident les poubelles…

En quoi la vision chrétienne du travail s’oppose-t-elle à ce matérialisme ?

Travailler, c’est participer à l’œuvre commune : je ne travaille jamais seul, mais avec et pour les autres. Le travail est également un lien social. Il permet d’être autonome, ainsi que de réaliser des projets : fonder une famille, l’élever… Tout cela dépasse la simple logique de la contrepartie financière !

À tel point que l’Église dit que lorsque nous travaillons, nous sommes co-créateurs : c’est-à-dire que nous participons à la Création mise en place par Dieu, quasiment à sa hauteur ! Si mon travail est bien la participation à une œuvre, je m’élève. Et certains voudraient donc empêcher aux gens d’être co-créateurs !

Le modèle des travailleurs, c’est saint Joseph… ?

Saint Joseph était un charpentier, ce qui veut donc dire qu’il travaillait manuellement et intellectuellement. Quand on bâtit une charpente, il faut la réfléchir. En tant que charpentier, saint Joseph touchait du doigt une réalité du monde du travail : il savait très bien qu’il n’était pas maître de tout. Ainsi, pour avoir du bois, il faut des arbres. Saint Joseph est un maillon de la Création : il prend la matière brute et il en fait quelque chose. Cette co-création est concrète !

N’oublions pas qu’il est aussi un père : il a protégé sa famille ! Quand l’ange lui dit : «  Lève-toi, prends ta famille et pars en Égypte car on en veut à l’Enfant  », il ne se dit pas que l’Égypte est loin, que le trajet sera dangereux… Il prend ses responsabilités et il y va. Il a sauvé sa famille et, par la suite, éduqué son fils.

Retrouvez l’intégralité de l’entretien et de notre Grand Angle consacré à Saint Joseph patron des travailleurs dans le magazine.

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