Notre-Dame : Premières polémiques

mardi 16 avril 2019

TÉMOIGNAGE. Alors que le ministre de la Culture Franck Riester affirmait ce matin que la structure de la cathédrale Notre-Dame de Paris était "sauvée", "rien n’est fini", selon l’ancien architecte en chef des Monuments historiques Benjamin Mouton, en charge de l’édifice religieux jusqu’en 2013.

"En 40 ans d’expérience, je n’ai jamais connu un incendie de la sorte", affirme celui qui estime que la protection incendie mise en place dans la cathédrale était à son plus haut niveau.

"Lorsque je me suis occupé de la détection incendie, qui a été un dispositif très onéreux, il fallait très peu de minutes pour qu’un agent aille faire la levée de doute, nous avons fait remplacer de nombreuses portes en bois par des portes coupe-feu, nous avons limité tous les appareils électriques, qui étaient interdits dans les combles", affirme-t-il auprès de Batiactu.

Le mystère sur les causes de l’incendie reste donc entier. Un expert du secteur de la construction, confie également son incompréhension auprès de Batiactu : "L’incendie n’a pas pu partir d’un court circuit, d’un simple incident ponctuel. Il faut une vraie charge calorifique au départ pour lancer un tel sinistre. Le chêne est un bois particulièrement résistant."

https://www.batiactu.com/edito/notre-dame-apres-incendie-rien-n-est-fini-selon-ex-56147.php

https://www.batiactu.com/edito/monde-construction-veut-aider-a-rebatir-notre-dame-56150.php

Messages

  • M. Benjamin Mouton, s’exprimant sur une chaine TV, s’est montré inquiet sur la suite de l’incendie de Notre Dame et dubitatif sur les faits tels que décrits. En effet, des explications sur la voûte de la cathédrale appelée "la forêt" parce que constituée de X chênes plusieurs fois séculaires, affirmaient que ce vieux bois était donc très sec et avait "flambé comme des allumettes" ; M. Mouton, de son côté, décrit les chênes de la voûte de Notre Dame comme étant un "bois extrêmement résistant".

    Face à ces deux affirmations contradictoires les citoyens restent désemparés, certains d’entre eux enclins à croire plutôt le professionnel. Une chose est certaine : dans ce genre de drames il arrive souvent que des années passent sans que soit jamais connue toute la vérité. Au début du XXe siècle, le "Titanic" aurait heurté un iceberg et, comble de l’ironie, c’est sur ce bâtiment qu’avait été installé pour la 1ère fois le lanceur de SOS. Ce fut en même temps l’inauguration et le dernier voyage de ce titan des mers. Sans que soit connue, à ce jour, la vérité sur cette tragédie. Quand des enjeux uniquement humains... Mais passons...

    Sur l’incendie du 15 avril au soir, la seule vérité est que Notre Dame aura réuni les enfants de France dans un mouvement de vraie fraternité quelles que soient les sensibilités.

  • Suite à l’incendie qui a gravement atteint Notre Dame, une deuxième polémique n’a pas tardé à se pointer. Il est du droit sinon du devoir de tout citoyen qui le souhaite de partager son opinion à la seule condition de respecter autrui. Bref rappel de la situation :
    - Notre Dame de Paris est propriété de l’Etat depuis la Révolution ; Notre Dame est une cathédrale où se déroulent des événements relevant du spirituel et du culturel et, sans être un musée, elle est aussi source d’appréciables revenus par le tourisme et plate-forme d’activités par nombre boutiques de luxe, vitrines, brasseries, restaurants, etc. qui l’entourent.

    - Le 15 avril au soir, un incendie a gravement endommagé cet édifice, mémoire de l’Histoire et patrimoine commun du peuple de France, sinon de l’Europe et du monde ;

    - A l’annonce du drame, des familles françaises du monde des affaires ont annoncé leur participation financière aux travaux de réparation de Notre Dame.

    Tout cela se produit sur fond d’une sérieuse crise sociale assortie de revendications bien souvent justifiées.

    A peine divulguées les sommes promises à la réfection de Notre Dame que s’élèvent des voix pour, dit-on, crier colère, indignation et indécence, et la télévision de transmettre des propos tels que : "inertie des grands groupes face à la misère sociale", "en une seule nuit réunion d’un pognon dingue pour Notre Dame" alors que certains n’arrivent pas à joindre les deux bouts et, termes que de fois ressassés, ni "remplir le réservoir de leur voiture" et encore moins "leur frigo". Dans un climat de crise, on ne peut que comprendre le désarroi de concitoyens au chômage ou sans ressources suffisantes pour affronter le quotidien. Et l’exprimer.

    Mais on permettra également la demande, elle aussi justifiée, de tempérer des déroulements de grains de chapelet d’un misérabilisme outrancier. Il est préférable de s’arrêter à ces mots d’un membre des "gilets jaunes" lui aussi vu et entendu sur des chaines TV qui affirmait qu’ il n’était pas question de demander l’aumône mais de bénéficier d’une justice sociale pour vivre dignement et participer au bien commun en offrant son écot. La dignité, ça existe et se trouve aussi, preuve en est, chez des laissés pour compte.

    Dénigrer le fait que des riches participent au sauvetage du patrimoine commun relèverait d’une inconscience de la situation ; et le faire avec un vocabulaire à odeur de naphtaline est à mettre au compte d’une entreprise surannée donc inopérante. Le lutte des classes, pour ne pas la nommer, a vécu remplacée dès lors par une légitime exigence des droits formulée avec détermination, dans la compréhension des contextes et, au moins, dans le respect dû aux personnes et aux biens.

    En telle situation, il ne s’agit nullement de défendre les nantis face aux miséreux, comme rien n’autorise quiconque à décider du "pognon" du voisin. Frapper à la bonne porte est plus adéquat et, comme qui dirait, légitimement correct.

    A chacun ses responsabilités.

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