Noël : la différence chrétienne

par Gérard Leclerc

jeudi 26 décembre 2013

Il n’est peut-être pas inutile, le jour même de Noël, de revenir sur un des aspects essentiels de ce qu’on pourrait appeler « la différence chrétienne ». En effet, on rappelle à juste titre que la fête chrétienne a été, en quelque sorte, greffée sur les fêtes païennes qui accompagnaient la célébration du solstice d’hiver. Et il est vrai que certains aspects du décorum de Noël associent des motifs païens aux symboles chrétiens. Dès lors que Noël aurait été complètement sécularisé et même débaptisé, songe-t-on à la perte de sens qui en résulterait ? Cette perte, on peut la concevoir selon le point de vue de la kénose. Ce mot qui vient du grec (kenos) renvoie à une thématique théologique très importante. Le Christ, en s’incarnant dans la nature humaine, mieux encore en devenant chair (pour reprendre l’expression de saint Jean), a accepté de se dépouiller de sa condition divine aux yeux du monde. Certes, il est le Dieu fait homme, mais il s’agit là d’un concept presque scandaleux, un paradoxe inouï dans lequel tout le message du christianisme est affirmé.

Bien sûr, le suprême acte kénotique c’est la Croix, mais le dépouillement commence avec l’acceptation de la fragilité de la chair, de la pauvreté, bientôt de la mise en danger de l’enfant menacé par Hérode. Lorsque le symbolisme chrétien disparaît, c’est cela qui disparaît : la venue au monde d’un Dieu fragile, qui se livre entièrement à ses frères pour leur apporter le Salut décisif, sans lequel il n’y a ni réconciliation, ni paix, ni bonheur, ni tendresse. On peut donc souffrir de la sécularisation qui efface le message, voire même s’en indigner. Certes, il y a mieux à faire qu’à brûler l’effigie du Père Noël comme cela s’est produit à Dijon en 1950. On risque de paraître violent alors que le message est à l’inverse. Il s’agit donc d’illustrer, de toutes les façons possibles, en quoi consiste la Nativité, afin que brille aux yeux de nos contemporains la mission de celui qui, dès l’origine, est venu attester que « seul l’amour est digne de foi ».

Chronique lue sur radio Notre-Dame le 25 décembre 2013.

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