Julien Green

«  Mère Yvonne-Aimée est entrée dans ma vie  »

Propos recueillis par Sarah du Parc

vendredi 2 juillet 2021

En rédigeant sa thèse de doctorat sur la genèse de la spiritualité de Julien Green, Véronique Grollier a découvert le lien spirituel très fort qui unissait Mère Yvonne-Aimée et l’écrivain Julien Green, converti au catholicisme.

Comment Julien Green a-t-il découvert Mère Yvonne-Aimée ?

Véronique Grollier : Julien Green a toujours eu une immense soif d’absolu, notamment grâce à la forte éducation religieuse donnée par sa mère, protestante. Il a senti plusieurs fois la présence mystérieuse et aimante de Dieu près de lui. En 1916, il choisit le catholicisme. Son père converti en secret un an avant lui, le conduit au Père Crété – qui sera également le père spirituel d’Yvonne-Aimée –, pour le former à la foi catholique. Dans sa recherche, Green se pose la question de devenir moine bénédictin. Le Père Crété l’encourage beaucoup mais l’écrivain renonce. Le prêtre en est si affecté qu’il lui avoue «  douter de son salut  ». Green est plongé dans l’angoisse… Dans les années vingt, il découvre son homosexualité et s’éloigne de la foi. Il entre dans
une période de colère, écartelé entre cette vie de plaisirs et le désir profond de son âme de chercher Dieu et la vérité. C’est un combat très douloureux…

Que se passe-t-il en 1956 ?

Après un très long combat, il commence à revenir vers l’Église à partir des années trente : il comprend que c’est en elle qu’il trouve les moyens de combattre ses penchants : messe, confession… Mais la lutte violente entre son âme et son corps continue. En 1956, dans ce chemin chaotique, il sent, dit-il, une «  solennelle mise en demeure  » : «  changer de vie (…) maintenant ou jamais  »… Peu de temps après, il découvre Mère Yvonne-Aimée dans un article. À partir de ce moment, il choisit résolument de porter la croix de la chasteté à la suite du Christ. Il attribue à Yvonne-Aimée cette «  grâce d’un changement de vie total  ». Green le note dans son journal : «  Dieu a eu son mot à dire dans cette mainmise sur ma volonté. […] Un jour, Dieu me l’a prise parce que j’avais dit oui à sa voix. C’était en 1956, à la campagne, à la suite de la lecture d’un article sur Mère Yvonne-Aimée de Jésus.  »

Que s’est-il passé ensuite ?

Ce chemin de conversion sera un vrai combat, avec des rechutes. Yvonne-Aimée l’aide sur ce chemin. Il cite deux fois dans son journal une phrase qu’elle a reçue de Jésus et qui l’a bouleversé : «  Je ne fais pas de différence entre un cœur innocent et un cœur coupable : c’est celui qui m’aime le plus qui m’est le plus cher.  » Elle lui fait vraiment découvrir la miséricorde de Dieu, qu’il a tant cherchée et l’aide à creuser cette confiance, malgré les rechutes… Il écrira un jour au Père Labutte, au sujet de son livre Yvonne-Aimée, ma mère selon l’esprit : «  Depuis longtemps déjà, et grâce à vous, Mère Yvonne-Aimée est entrée dans ma vie.  »

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Prier 15 jours avec Julien Green, Véronique Grollier, Nouvelle Cité, 2016, 124 p., 12,90 €.

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