Traduit par Pierre

Mahomet, faire un film ? Oh ! Non !

par Howard Kainz

samedi 29 septembre 2012

Après le cauchemar du 11 septembre, quand l’émotion due à un concentré de mal intégral se fut un peu atténuée, certains d’entre nous peu informés sur l’islam commencèrent à fouiller la question. Une religion ? Qui se complaît dans le massacre de milliers d’humains ? Qui danse de joie dans les rues à l’annonce d’horreurs inimaginables ? Mais qu’est-ce que c’est que ça ?
Bien sûr, la chrétienté a commis des massacres et des pogroms — bien qu’il n’y ait dans le Nouveau Testament pas un seul mot approuvant de tels actes. En certaines circonstances, des chrétiens se sont simplement arrogé de tels droits sans la moindre autorité issue de la religion.

Alors on a pu penser qu’il en était de même dans l’islam — des musulmans s’emparant d’une religion initialement orientée vers la paix et l’amitié entre les hommes.

J’ai été personnellement incité à beaucoup lire sur l’islam, à consulter des biographies de Mahomet, par des auteurs croyants et incroyants. Et je n’étais sans doute pas le seul. Les ouvrages sur l’islam et sur Mahomet ont proliféré, et des échanges sans fin ont couru sur internet.

Avant les émeutes suivant la publication de caricatures de Mahomet au Danemark, j’ai naïvement imaginé : pourquoi pas un film ? Un film — La saga de Mahomet — ferait un tabac.

À la façon de Hollywood on peut montrer de grandes figures historiques "de face, sans boutons sur le nez" — le film "Luther", plutôt hagiographique, omet judicieusement les efforts à la Diète d’Augsburg pour trouver un compromis en réponse aux demandes de réformes de Luther, et ne montre nullement les effets de sa réthorique révolutionnaire aboutissant à la Guerre des Paysans (1524 - 1526), qui a fait cent mille morts.

Et le film "Gandhi", mettant en lumière la grandeur et l’importance du guide spirituel Indien n’a pas eu besoin de montrer certains aspects "hors sujet" tels que la décision de Gandhi d’éprouver son célibat en dormant avec des mignonnes toutes nues.

Et si les studios "DreamWorks" et "Warner Bros" mettent en œuvre l’intention récemment annoncée de réaliser un film (le titre n’est pas encore arrété) sur Martin Luther King Jr., on peut s’attendre à un silence total sur les aventures extra-conjugales décrites par Ralph Abernathy et autres auteurs.

Des idées viennent à l’esprit. Voici quelques suggestions pour un film intéressant, suscitant éventuellement la réflexion :

Acte I : La jeunesse de Mahomet, ouvrier journalier ; il tombe amoureux de la femme d’affaires Kahdija ; il rentre un jour à la maison après ses méditations dans une grotte, et raconte que l’Ange Gabriel lui est apparu pour le nommer prophète ; Kahdija le soutient ; il annonce alors la bonne nouvelle à leurs cousins et prépare la promulgation d’un nouveau monothéisme dans la famille et parmi leurs amis adorateurs des 360 dieux païens de La Mecque.

Acte II : se heurtant à l’incompréhension et à un parrainage cynique, Mahomet finit par fuir à Médine, où il s’installe comme un seigneur de guerre-prophète, rassemble un harem de femmes dévouées, et commence à recruter une impressionnante armée pour la conquête des ennemis de sa religion.

Actes III, IV, V, etc... : on pourrait se pencher sur quelques intrigues plus intéressantes dans le harem ; la réussite ou l’échec dans sa tentative de persuader ses voisins juifs sur son don de prophétie ; des expéditions contre les ennemis ; et, scène finale, sur son lit de mort, discutant avec sa femme Aisha de sa vocation à étendre l’islam au monde entier.

En d’autres termes, avec une touche artistique, le film pourrait mettre en valeur un personnage comparable, avec un peu de chance, à Lawrence d’Arabie. Et plaire à beaucoup. Les producteurs et réalisateurs pourraient mettre de côté les scènes de décapitation, la violente animosité envers les Juifs qui lui résistaient, et contre les chefs de tribus qui répandaient des idées hostiles aux Musulmans, etc...

Toutes choses égales par ailleurs, le film pourrait faire un tabac.
Mais... les émeutes suite à la publication au Danemark en 2005 des caricatures de Mahomet ont montré clairement que "les choses n’étaient pas exactement égales". Et en prime, le récent scandale causé par un film d’amateur anti-islamique.

Pour les Occidentaux, chrétiens ou non, un côté extrêmement étrange de ce phénomène est que les Musulmans n’éprouvent aucune objection particulière envers des portraits irrévérencieux d’Allah. Le Coran parle même d’Allah comme d’un grand menteur, le plus grand de tous. Un caricaturiste Danois pourrait bien publier une page pire qu’irrespectueuse sur Allah sans déclencher de réaction. Mais la publication, même sans hostilité, d’un portrait du Prophète pourrait entraîner une réaction brutale dans le monde entier.

Pourquoi donc l’islam est-il si hostile à l’idée de connaître Mahomet et la religion qu’il a créée ? L’ex-Musulman Nonie Darwish répond dans The Devil We Don’t Know (le Démon que nous ne connaissons pas) :
« De quoi l’Islam a-t-il peur ? De son histoire particulièrement sanglante ? De la grande honte pour les massacres d’Arabes et de Juifs commis par le Prophète ? Des massacres qui se sont perpétués jusqu’à nos jours ? Ou des mensonges pour les camoufler ? Là est la réponse, et plus probablement aussi des scandales encore cachés qui un jour atteindront l’Islam en son cœur et en son âme. »

Dans son livre Did Muhammad Exist ? (Mahomet a-t-il existé ? ) Robert Spencer remarque qu’alors que la chrétienté et le judaïsme ont survécu à la vague de critique historique débutant au dix-neuvième siècle, l’Islam ne pourrait jamais y survivre, ce qui explique les interdits et sanctions contre de telles tentatives.

Une version de première classe, pasteurisée, du film pourrait au moins dissiper l’ignorance de la religion islamique, y-compris chez les Musulmans (qui sont peut-être moins fidèles lecteurs de leurs écritures que le sont les Chrétiens des leurs). Des conversions pourraient se produire à la suite d’une présentation sympathique du mouvement menant du polythéisme au monothéisme au cœur de l’Islam.

Et comprendre que l’idéal d’une religion unique pour le monde telle que promulguée par Mahomet pourrait faire croire aux naïfs que "toutes les religions se valent" mais qu’avec l’Islam on trouve une conception bien différente de la religion.

Malheureusement, un tel film ne sera jamais produit. Par définition, l’islam ne peut être soumis à un examen impartial, ni même favorable. Mahomet, homme idéalement parfait à imiter par tous les musulmans, doit demeurer dans l’ombre, dans le voile de brume des mythes et des légendes.

Les canons sacro-saints de la liberté de parole dans le monde occidental protègeront les néo-nazis, la pornographie, les répugnantes attaques contre le Christ et la Bienheureuse Vierge Marie. Mais il semble que les défenseurs patentés de la liberté d’expression dans le monde soient paralysés par un tabou islamique ancien d’origine mystérieuse.

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Howard Kainz, professeur émérite de philosophie à l’Université Marquette (Milwaukee, Wisconsin).


Affiche d’un film sur l’Islam en 1976. Mahomet n’y apparaît pas.

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Source : http://www.thecatholicthing.org/columns/2012/muhammad-the-movie-not.html

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