Les 850 ans de Notre-Dame à toute volée

par Jean Étèvenaux

lundi 25 février 2013

Il est des lieux emblématiques à plus d’un titre. Ainsi Notre-Dame de Paris, à la fois lieu de culte, témoin de l’histoire de la capitale et premier monument visité — une vingtaine de millions de personnes sur le parvis, une quinzaine à l’intérieur. La récente exhibition seins nus des « Femen », ce groupe hystérique dont les membres récitent la leçon apprise de ceux qui les manipulent et les financent, n’a rien apporté à la notoriété du site ; en revanche, elles ont commis de véritables dégradations sur au moins une des nouvelles cloches exposées dans la nef jusqu’au 25 février.

La disproportion entre la provocation de ces extrémistes, qui prétendent avoir voulu « fêter le départ du pape », et l’attention portée par les visiteurs qui, pendant des semaines, ont connu une longue queue sur le parvis réaménagé n’en est que plus évidente. Cela dit, se pose le problème du remboursement des dommages auxquels elles se sont livrées durant cette profanation — sans oublier les coups portés aux surveillants. On peut également s’interroger sur le traitement politique et médiatique réservé à l’événement : s’il s’était agi d’une autre religion, on aurait sans doute entendu… d’autres sons de cloches !

Mais l’essentiel reste la mise en place de ces 8 nouvelles cloches ainsi que du bourdon Marie, qui vient s’ajouter au vieil Emmanuel rescapé de la Révolution. Ainsi, Gabriel, Anne-Geneviève, Denis, Marcel, Étienne, Benoît-Joseph — dont le parrain est évidemment Benoît XVI —, Maurice — en souvenir de l’évêque Maurice de Sully qui posa la première pierre de la cathédrale en 1163 — et Jean-Marie — en hommage au défunt cardinal Lustiger — remplacent les 4 anciennes installées en 1856, lors de la restauration générale provoquée entre autres par le baptême du Prince impérial, fils de Napoléon III : mal accordées et pas de très bonne qualité, elles avaient pourtant eu le mérite de remettre en valeur un bâtiment qui avait beaucoup souffert sous la Révolution. Sait-on, par exemple, que, lors du sacre de Napoléon Ier le 2 décembre 1804, il avait fallu installer des décors afin de cacher les nombreuses destructions des années précédentes ? Pour ne parler que des cloches, les 20 de l’époque furent détruites — en France, 100 000 disparurent alors dans la tourmente…

Notre-Dame de Paris représente l’un des joyaux de l’art médiéval en Occident, depuis le gothique primitif jusqu’au rayonnant. Elle a connu aussi des périodes de réfection et d’embellissement — ce qui montre qu’il s’agit d’une œuvre d’art vivante — tels les ajouts de chimères par Viollet-le-Duc au milieu du XIXe siècle et qui ne sont contestés que par les puristes qui voudraient figer à jamais les réalisations humaines.

On ne peut enfin oublier que, à côté des visites papales comme celles de Pie VII en 1804, de Jean-Paul II en 1980 et 1997 ou de Benoît XVI en 2008, la cathédrale a été liée à une multitude de grands événements de l’histoire de France, ne serait-ce que la libération de Paris en 1944. Et il faudrait aussi parler du roman de Victor Hugo.

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